Franck Zoro Bi ballo : » Pourquoi les syndicats de transporteurs et les Dozo font des morts et ne sont jamais dissous comme la Fesci dont des membres accusés de meurtres, a été dissoute dans la foulée ?
Quelle immunité les syndicats communément appelés « Gnambro » semblent-ils bénéficier pour continuer à exercer malgré les violences, les troubles à l’ordre public et les accusations graves d’homicides sur des forces de l’ordre et la population ?
La FESCI (y compris plusieurs syndicats estudiantins) a été dissoute par les autorités après avoir été accusée d’être impliquée dans des violences, notamment dans la mort de l’un des leurs. Cette décision se comprend au regard de la gravité des faits reprochés… alors pourquoi la même exigence de fermeté ne semble-t-elle pas s’appliquer aux syndicats de transporteurs et aux Dozo, dont certains membres sont régulièrement accusés de violences graves, parfois mortelles ?
Ces dernières années, plusieurs incidents impliquant des transporteurs ou des groupes communément appelés « Gnambro » ont été rapportés. À Yopougon-Sable, un élément des forces de l’ordre a trouvé la mort dans des circonstances impliquant des membres des syndicats. Et pourtant, aucune mesure de dissolution générale ne semble avoir été prise. Plus récemment, depuis le 4 août, un douanier aurait été tué à Yakro dans une affaire impliquant des transporteurs. Si une vidéo de l’incident n’avait pas circulé plusieurs jours plus tard, le grand public aurait-il seulement eu connaissance de cette affaire ? Et surtout, pourquoi, malgré la gravité des faits rapportés, ne voit-on pas la même pression exercée sur ces organisations pour mettre définitivement fin à leurs activités lorsqu’elles sont impliquées dans de tels actes ?
Des passagers les accusent régulièrement d’être victimes de leurs violences. Des groupes de transporteurs imposent leur diktat dans certains carrefours, certaines gares et sur des voies publiques. Des affrontements éclatent pour le contrôle d’espaces ou d’activités dans des lieux publics avec toute la violence qui va avec et sont armés comme des soldats. Ils vont jusqu’à faire front contre les forces de l’ordre. Pourtant, malgré la répétition de ces faits, ces organisations continuent à exercer leurs activités. Comment peut-on accepter, dans un État de droit, qu’une organisation ou un réseau dont certains membres sont accusés de violences graves, y compris contre des agents de l’État, puisse continuer à fonctionner comme si de rien n’était ? On en vient forcément à s’interroger: qui protège ces syndicats de transporteurs ? Pourquoi semblent-ils bénéficier d’une tolérance ? La question se pose également pour les Dozos.
Eux aussi sont régulièrement cités dans des affrontements et des conflits communautaires parfois meurtriers. Pourtant, là encore, la question de leur dissolution ou de la responsabilité des structures concernées semble rarement être posée avec la même vigueur. C’est précisément pour cette raison qu’une question fondamentale doit être posée aux autorités ivoiriennes : pourquoi la fermeté qui a conduit à la dissolution de la FESCI ne semble-t-elle pas être appliquée avec la même rigueur lorsque des organisations de transporteurs et de Dozo sont accusés, à répétition, de violences graves et de troubles à l’ordre public ? Si des structures servent de couverture à des actes criminels, à des violences organisées ou à l’occupation illégale de l’espace public, l’État doit agir pour protéger ses agents et sa population dont il a la protection. La même exigence de justice, de responsabilité et de fermeté doit s’appliquer à tous… désolé si je parle des problèmes cruciaux du pays plutôt que de danser sur les réseaux sociaux, de passer mes journées à vous faire des posts dithyrambiques. Que les syndicats de transporteurs et la confrérie des Dozo soient dissous parce qu’ils ont fait trop de morts et de dégâts. Merci
Qu’Allah Subḥānahu wa ta’āla nous donne la bonne compréhension. »
Zoro Bi Ballo

