Il faut sauver le soldat Ousmane SONKO… contre lui-même
“Que Dieu nous préserve d’un président frileux. C’est une catastrophe. C’est quelqu’un qui se laisse manipuler facilement.” Voilà les mots prononcés par Ousmane Sonko à Touba, lors de l’inauguration du siège de son parti Pastef, en parlant de Bassirou Diomaye Faye, président de la République de son pays.
Qu’un responsable politique puisse exprimer son désaccord avec un chef de l’État, cela est tout à fait normal. Comme il est aussi normal de le combattre politiquement, le critiquer sur son bilan, contester ses choix. Mais traiter publiquement un président de la République de “catastrophe” manipulable par des “hommes politiques de dernière zone”, c’est franchir une ligne dangereuse. Quand c’est le deuxième personnage de l’État qui le fait, ce n’est plus de la critique : c’est une déstabilisation institutionnelle à ciel ouvert.
Et il y a plus grave encore. Sonko ajoute que l’opposition manipulerait le président “en lui faisant croire qu’il détient les forces de défense et de sécurité”. Faisant croire ? La Constitution sénégalaise est pourtant très claire : le président de la République est le chef suprême des armées. Ce n’est pas une croyance, c’est un fait constitutionnel.
Insinuer publiquement que le chef de l’État ne détiendrait pas réellement le contrôle des forces de défense et de sécurité, c’est semer le doute sur la chaîne de commandement elle-même. Dans une sous-région minée par les coups d’État, ces mots-là ne sont pas anodins : ils sont extrêmement dangereux. Qui détiendrait donc ces forces, si ce n’est le président ? Sonko mesure-t-il la portée de ce qu’il laisse entendre ?
Et il devrait méditer ceci : à force de multiplier les saillies et les sorties tous azimuts, contre le président, contre la presse, contre la justice, contre tout ce qui ne s’aligne pas, il risque de se créer des problèmes tout seul avant la présidentielle de 2029.
Mon sentiment est que personne ne lui barrera la route pour 2029. Il le fera lui-même, pierre après pierre, déclaration après déclaration.
Alors même qu’il n’a déjà pas totalement fini de solder ses précédents démêlés judiciaires.
Sauver le soldat Sonko, aujourd’hui, ce n’est pas le protéger de ses adversaires. C’est le protéger de lui-même. Encore faut-il qu’il accepte d’être sauvé
Sangoura
Reveil-info
