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L’HOMME QUI A ARRÊTÉ LE TEMPS : La folle ascension de Kim Il-sung, le fondateur de la Corée du Nord

Il est le seul homme au monde à gouverner un pays… tout en étant mort depuis plus de trente ans. Portant le titre éternel de « Président éternel de la République », Kim Il-sung a façonné l’un des régimes les plus hermétiques, militarisés et mystérieux de la planète.
Mais avant d’être le dieu vivant d’une nation, qui était réellement cet homme et comment a-t-il bâti sa légende à partir de rien ? Plongez dans les secrets d’un destin hors du commun.

De la résistance anti-japonaise à l’exil en Union soviétique
Né en 1912 sous le nom de Kim Song-ju, le jeune homme grandit dans une Corée occupée et opprimée par l’Empire du Japon. Refusant la soumission, il s’engage très jeune dans la guérilla communiste. Traqué par les forces japonaises, il s’enfuit en Union soviétique au début des années 1940.
C’est là que son destin bascule : il intègre l’Armée rouge soviétique, reçoit une formation militaire rigoureuse et adopte le nom de Kim Il-sung (en hommage d’un célèbre héros de la résistance coréenne). Lorsque la Seconde Guerre mondiale prend fin en 1945 et que la péninsule coréenne est coupée en deux, Joseph Staline cherche un homme de confiance pour diriger la zone Nord sous occupation soviétique. Le choix se porte sur ce jeune officier ambitieux de trente-trois ans.

1950 – 1953 : La guerre de Corée et le grand face-à-face mondial
Désireux d’unifier la péninsule sous la bannière communiste, Kim Il-sung lance ses troupes à l’assaut du Sud le 25 juin 1950. C’est le début de la terrible guerre de Corée. L’offensive éclair du Nord bouscule les forces du Sud, provoquant l’intervention immédiate des États-Unis et des forces de l’Organisation des Nations unies.
Alors que son régime est à deux doigts de s’effondrer sous les bombardements américains, Kim Il-sung obtient le soutien massif de la Chine de Mao Zedong, qui envoie des centaines de milliers de « volontaires » au front. Après trois ans d’un conflit destructeur, un armistice est signé en juillet 1953. La frontière se fige autour du 38e parallèle, là où elle avait commencé. Le pays est en ruine, mais Kim Il-sung a survécu à la plus grande superpuissance mondiale.

La création du « Juche » : S’isoler pour mieux régner
Au lendemain de la guerre, Kim Il-sung élimine méthodiquement tous ses rivaux politiques et développe une doctrine idéologique unique au monde : le Juche (qui signifie « autosuffisance » ou « compter sur ses propres forces »).
Cette philosophie repose sur trois piliers stricts :
L’indépendance politique : Ne dépendre ni de Moscou, ni de Pékin.
L’autonomie économique : Produire tout ce dont le pays a besoin sur place.
L’autodéfense militaire : Militariser l’ensemble de la société pour parer à toute invasion.
Le Tchad a eu sa culture guerrière et sa stratégie des pick-ups légers, la Corée du Nord, elle, se transforme sous Kim Il-sung en un « État-caserne » géant, où chaque citoyen fait partie de la machine militaire.

La naissance d’une dynastie unique dans l’histoire communiste
Contrairement aux autres régimes communistes mondiaux (comme l’Union soviétique ou la Chine) où le pouvoir change de famille à chaque dirigeant, Kim Il-sung réussit un tour de force inédit : transformer une république socialiste en une véritable monarchie absolue héréditaire.
Il organise méticuleusement sa propre succession en plaçant son fils, Kim Jong-il, aux postes clés de l’État dès les années 1970. À sa mort en juillet 1994, le pays pleure son fondateur dans des scènes d’hystérie collective, et la transition se fait sans vagues. Aujourd’hui, c’est son petit-fils, Kim Jong-un, qui perpétue cet héritage politico-militaire basé sur la dissuasion nucléaire.

Ce qu’il faut retenir de cette trajectoire :
Kim Il-sung a compris avant tout le monde que pour maintenir un pouvoir absolu dans un monde dominé par les superpuissances, il fallait verrouiller l’information, militariser le peuple à outrance et ériger le chef de l’État au rang de divinité infaillible. Un modèle d’isolationnisme qui défie la mondialisation depuis près d’un siècle.

Source : histoire des présidents et rois d’Afrique

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