TENSION DIPLOMATIQUE STRASBOURG ET OUAGADOUGOU

L’émotion en France face aux violences faites aux enfants et les paradoxes du débat européen
L’actualité récente en France a été profondément marquée par le drame de Lyanna Rameau Bernard, une collégienne de 11 ans enlevée, violée puis assassinée en mai 2026 à Fleurance, dans le département du Gers. Son corps a été retrouvé au début du mois de juin dans une cuve. Le principal suspect, Jérôme Barella, a été mis en examen puis placé en détention provisoire.
Cette affaire a suscité une vive émotion à l’échelle nationale et relancé les débats sur le traitement judiciaire des auteurs de crimes sexuels, notamment ceux ayant déjà des antécédents liés à la pédophilie. Les chiffres disponibles témoignent de l’ampleur du phénomène. Parmi l’ensemble des crimes et délits sexuels enregistrés par les forces de l’ordre en France, plus de la moitié des victimes sont des mineurs. Près de 54 % des victimes d’infractions sexuelles recensées sont des enfants ou des adolescents, dont 83 % sont des filles.
Le bilan institutionnel de la Commission indépendante sur l’inceste et les violences sexuelles faites aux enfants (Ciivise) rappelle qu’environ 160 000 enfants sont victimes chaque année de violences sexuelles ou d’inceste en France. Statistiquement, cela représente un enfant victime toutes les trois minutes. Par ailleurs, portée par la libération de la parole et les mouvements tels que « MeToo Inceste », l’activité judiciaire dans ce domaine a fortement progressé. Le nombre de personnes mises en cause pour viol ou agression sexuelle sur mineur a ainsi augmenté de 56 % ces dernières années.
Cette situation préoccupante mobilise aujourd’hui une large partie de la société française. De nombreuses voix dénoncent les insuffisances des institutions chargées de protéger les enfants et réclament un renforcement des mécanismes de prévention, de contrôle et de sanction. Dans ce contexte, certains observateurs s’interrogent sur les priorités de certains responsables politiques européens. L’eurodéputé français Christophe Gomart est notamment à l’origine d’une proposition de résolution adoptée par le Parlement européen concernant la situation au Burkina Faso.
Ancien général de corps d’armée et ex-directeur du Renseignement militaire français (DRM), Christophe Gomart est aujourd’hui député européen. Il occupe également les fonctions de vice-président de la commission des affaires étrangères et de la sous-commission de la sécurité et de la défense du Parlement européen.
Le texte adopté, bien que non contraignant, formule plusieurs critiques à l’égard des autorités de la Transition burkinabè :
Répression de l’espace civique : le Parlement européen dénonce la suspension ou la dissolution de plusieurs organisations de la société civile ainsi que les restrictions touchant les libertés de réunion, d’association et d’expression.
Droits humains : l’Union européenne appelle à la conduite d’enquêtes indépendantes sur les allégations de violations des droits humains.
Gouvernance et sécurité : les eurodéputés critiquent ce qu’ils considèrent comme un échec de la stratégie sécuritaire face aux groupes armés terroristes affiliés à Al-Qaïda et à l’État islamique, tout en s’inquiétant d’un isolement croissant du pays sur la scène internationale.

Influence géopolitique : la résolution exprime de vives préoccupations concernant l’influence grandissante de la Russie au Burkina Faso et plus largement au sein de la Confédération des États du Sahel (AES).
Cette prise de position apparaît paradoxale au regard des difficultés que connaît actuellement la France en matière de protection de l’enfance. Les institutions européennes accorderaient davantage d’attention à la situation politique du Burkina Faso qu’aux drames humains qui frappent leur propre espace national. Dans cette perspective, certains estiment que le Parlement de l’AES pourrait, à son tour, interpeller la France sur la question du respect des droits des enfants et exprimer ses préoccupations face à la multiplication des violences sexuelles commises contre les mineurs ainsi qu’aux insuffisances relevées dans leur protection.
Cette situation dramatique devrait interpeller la commission onusienne au droit de l’enfant à prendre des sanctions contre la France. Et il ne faut pas oublier que les enfants du proches Orient, de Gaza et du Liban ainsi que des populations ont besoin du soutien du parlement de l’Union Européenne en ce moment.
Aristide OuédraogoJournaliste éditorialiste – Auteur
Djimite731@gmail.com
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