16 mars 2026
Home » EDUCATION : Quand élèves et étudiants n’ont pas le goût de la lecture

 La baisse du niveau des élèves et étudiants est devenu un thème récurrent. Les adeptes de l’école traditionnelle n’en reviennent pas. Ce qui les étonne plus, ce n’est pas l’oral des étudiants et élèves, c’est leur aptitude et leur capacité d’écrire, de coucher sur une feuille blanche, une phrase normale sans altérer l’orthographe. Le « sujet, verbe, complément » est devenu autre chose. Ce manque de l’écriture, d’une belle construction de phrase, se fait sentir dès l’école primaire. Réussir en dictée est déjà une chose laborieuse pour nos jeunes élèves. Monter sa copie avec zéro  en dictée semble normal pour nos élèves et ceux-ci ne  se cachent pas et ne comprennent pas l’indignation de leurs parents. Avoir zéro en dictée semble une chose normale et le petit élève de répliquer à son père et à sa mère que d’ailleurs toute la classe a eu zéro. Que peut-on faire quand nous même nous disons que la langue de Molière n’est pas notre langue ? Cela est bien vrai mais pour le moment, c’est le français qui est la langue de travail et la langue officielle dans nos pays francophones. Et on ne peut s’empêcher de se convaincre toujours que savoir lire et écrire est un Cardenas qui ouvre l’œil ou l’oreille pour voir et entendre les échos d’autres horizons. Comme dirait l’autre, lorsqu’on ouvre un livre, on voyage ! C’est dire que cette langue qui nous a été imposée à travers les soubresauts de l’histoire est devenue la langue de croisement entre toutes les ethnies dans nos pays et dans l’espace sous régional francophone. Ce n’est pas le lieu de faire l’apologie de la langue des gaulois mais à l’instant (t), on ne peut compter qu’avec cela.

Certes de plus en plus, nos pays ont tendance à faire l’effort pour une alphabétisation de nos langues nationales, cela est encouragé mais le niveau en français doit être maintenu vers la perfection car l’un n’exclut pas l’autre. Apprendre à bien écrire et à bien parler français, ne doit pas être un alibi pour abandonner sa langue maternelle car c’est elle seule qui peut maintenir l’enracinement à la culture, à la tradition, à notre passé au cours duquel l’oralité primait sur l’écrit.

Dans tous les cas, la lecture comme l’écriture doivent demeurer des disciplines qui permettent d’évaluer l’habilité, l’attention qu’un élève doit faire en tout acte qu’il pose. Au-delà de savoir lire et écrire, ce qui reste à déplorer, c’est la perte du goût de la lecture pour nos élèves et étudiants. Pourtant, la culture générale, et d’autres connaissances spécifiques ne peuvent s’acquérir qu’à travers la lecture, l’amour du livre et le plaisir du support papier.

On peut ne pas en tenir rigueur pour cette jeune génération accrochée à l’écran et au numérique. C’est un ressort aussi d’acquérir une culture générale avec célérité mais ce qui est commun à la lecture du support papier et celle de l’écran, c’est la volonté de la recherche de la culture générale.

Par le passé, les établissements scolaires et universitaires ont été dotés de bibliothèques et de salles d’archives. Ces lieux existent mais nos élèves  ont pratiquement déserté les salles de bibliothèques. La manipulation du livre, d’une revue spécifique d’un journal papier semble devenir un traumatisme.  Il faut qu’on se demande quels sont les motifs de ce désintéressement pour la  lecture par les jeunes mais aussi pour l’ensemble des lettrés. L’un des motifs de ce manque pour la lecture est l’inadéquation des programmes scolaires et la diversification des moyens de divertissement. Lire un livre ou aller au cinéma est devenu une distraction obsolète. Les jeunes préfèrent s’accrocher aux écrans de téléphones tout en sachant que ces supports de lecture ne sont pas souvent instructifs plutôt qu’à lire un livre instructif et inspirant. Certes on peut y faire des  recherches  mais ils peuvent aussi être source de dérives dans les comportements des jeunes. Les autorités sont donc interpellées à promouvoir la lecture à travers des activités comme le Festival international du livre de Ouagadougou (FILO) et bien d’autres évènements. Les structures scolaires et universitaires doivent également travailler à rendre accessible les livres aux apprenants. Des associations culturelles peuvent en outre venir en complément aux actions de l’Etat par la création de bibliothèques dans les grandes villes comme dans les zones les plus reculées. Il peut y avoir des initiatives allant dans le sens de bibliothèques  ambulantes ; mais toutes ces actions doivent être soutenues par une politique affichée de la promotion de la lecture. Cela constitue une passerelle certaine pour l’élévation de la culture générale et il faut le faire le plus vite possible car plus tard serait trop tard.

 Raguilwendé Kefas

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