14 juin 2026
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APRÈS BURKINA INFOS, A QUI LE TOUR?

On parle souvent de l’audience des médias, de leurs contenus, mais rarement de la réalité de leur modèle économique.
Pour y avoir consacré plus de 15 ans de ma vie professionnelle, je peux vous dire une chose : la situation est devenue, pour ne pas dire plus, catastrophique.

Le problème est systémique, presque un cercle vicieux.
La publicité est un mirage surtout quand on fragmente le budget publicitaire des entreprises par la quantité pléthorique de médias présents sur le marché, ce qui reste pour chaque structure est dérisoire, souvent insignifiant pour assurer une réelle pérennité.

Le recouvrement est un calvaire
Entre l’émission du bon de commande et le paiement effectif par l’annonceur, c’est un marathon administratif épuisant.
Les médias deviennent, malgré eux, des banquiers pour leurs clients.

Et au bout de cette chaîne, qui trinque ?
Les hommes et les femmes de terrain.
Le résultat de cette équation financière catastrophique, ce sont les impayés de salaires chroniques.

Comment exiger l’excellence, la déontologie et l’engagement de journalistes et de techniciens dont le loyer et le quotidien sont suspendus à l’incertitude d’un recouvrement qui ne vient jamais ?
Les promoteurs aussi de ces médias sont face aux réalités du terrain, taxes, déclarations, difficile d’honorer leurs engagements, conséquences : démissions en cascades.

C’est une forme de précarité inacceptable qui fragilise toute la chaîne.
Quand le modèle économique repose sur la survie et l’attente, il n’y a plus de place pour l’innovation, ni pour la dignité des travailleurs.

Après deux décennies passées au cœur de ce système, je reste convaincu qu’une refonte totale est vitale.
On ne peut pas bâtir une information libre et forte sur les cendres de la précarité des siens.
Aucun investisseur n’acceptera investir dans un business qui n’est pas rentable.

Si rien n’est fait, ils seront nombreux à fermer leurs portes, aussi ils seront nombreux ces professionnels au chômage par faute de médias capables d’assurer des salaires régulièrement.
Il faut que nos entreprises se réinventent, trouvent des modèles économiques performants pour maintenir la pérennité de leurs programmes.

Par Roland Batoua

Reveil-info

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