12 mois de prison pour avoir escroqué un étudiant à hauteur de 600 000 F CFA
Le jeudi 28 mai 2026, Saïba (nom d’emprunt) a comparu devant la chambre correctionnelle du Tribunal de grande instance Ouaga I pour répondre des faits de complicité d’escroquerie portant sur la somme de 600 000 FCFA au préjudice de Sylvain (nom d’emprunt).
Selon les faits exposés à l’audience, Sylvain, étudiant, a été contacté au cours de l’année 2026 par Saïba qui lui a proposé une prétendue formation dans un centre de transit appartenant à son oncle. Le coût de la formation était fixé à 600 000 FCFA. En contrepartie, il lui était promis un emploi rémunéré à hauteur de 200 000 FCFA par mois à l’issue de la formation.
Séduit par l’offre, l’étudiant s’engage. Son père l’aide à réunir la somme demandée. Mais quelques semaines plus tard, des doutes commencent à l’envahir. Après quelques recherches, il découvre qu’il n’existe aucun centre de transit correspondant à celui qui lui avait été présenté. Il décide alors de porter plainte.
Interpellé puis placé à la Maison d’arrêt et de correction de Ouagadougou (MACO), Saïba est appelé à s’expliquer devant le tribunal.
Devant le tribunal
À la barre, le prévenu tente de minimiser son rôle.
« En réalité, il y avait Ardjouma (nom d’emprunt), le patron. Moi, je ne suis qu’un intermédiaire. C’est ce qu’il m’a dit que j’ai répété à la victime. J’ai dit Sylvain que mon oncle possédait un centre de transit qui formait des personnes et qu’à la fin elles pouvaient obtenir un emploi avec un salaire de 200 000 FCFA », déclare-t-il.
Le tribunal cherche à comprendre son niveau d’implication.
« Quel est votre niveau d’études ? »
« J’ai le niveau de la classe de 6e. Je m’exprime en mooré. Je faisais ce qu’on me demandait avec mes contacts », répond-il.
« Pourquoi n’avez-vous pas dit qu’il s’agissait de QNET au lieu de parler d’un centre de transit ? »
« Les patrons nous avaient dit de ne pas citer le nom de QNET », reconnaît le prévenu.
« Qu’avez-vous gagné dans cette affaire ? »
« Rien du tout, sauf des problèmes. Moi-même, j’ai été victime. Les patrons nous demandaient d’inscrire deux personnes. Ils nous obligeaient à prendre nos téléphones pour appeler nos contacts », soutient-il.
La victime est ensuite appelée à la barre.
« Que faites-vous dans la vie ? », lui demande le tribunal.
« Je suis étudiant en SVT. »
« Vous vouliez devenir transitaire ? Et vous avez cru à cette histoire ? »
« Au départ, oui. Mais après, j’ai effectué des recherches et j’ai constaté qu’il n’existait aucun centre de transit », répond Tiendrébéogo.
« Pourquoi n’avez-vous pas fait ces recherches avant de vous engager ? »
L’étudiant garde le silence.
Poursuivant son interrogatoire, le tribunal lui demande s’il connaissait le prévenu avant les faits.
« Non. Il a obtenu mon numéro dans un groupe WhatsApp et m’a appelé. Nous ne nous connaissions pas », répond-il.
Au titre de ses réclamations, Sylvain demande le remboursement des 600 000 FCFA versés.
Réquisitions
Dans ses réquisitions, le ministère public estime que cette affaire présente toutes les caractéristiques du mode opératoire de QNET.
« Encore une affaire de QNET. Il faut faire attention aux offres d’emploi. Sylvain a été approché par Saïba avant de se rendre compte qu’il avait été trompé. Au cours de l’enquête, le prévenu a reconnu avoir été lui-même recruté par ce système. Cependant, il a utilisé des manœuvres frauduleuses en parlant d’un emploi rémunéré, d’un centre de transit fictif et d’un prétendu oncle. C’est lui qui a appelé la victime. Il ne s’agit donc pas de complicité mais bien d’escroquerie », soutient le procureur.
Le parquet demande alors au tribunal de requalifier les faits de complicité d’escroquerie en escroquerie et de condamner le prévenu à 12 mois de prison avec sursis ainsi qu’à une amende ferme de 500 000 FCFA.
Suivant cette analyse, le Tribunal de grande instance Ouaga I a requalifié les faits de complicité d’escroquerie en escroquerie. Il a déclaré Saïba coupable et l’a condamné à 12 mois d’emprisonnement et à une amende de 500 000 FCFA, le tout assorti du sursis.
Sur l’action civile, le tribunal a déclaré recevable la constitution de partie civile de la victime et a condamné Saïba à lui verser la somme de 600 000 FCFA à titre de réparation, sous peine d’une contrainte judiciaire de trois mois.
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