Récit d’ un procès : Un activiste condamné à 12 mois de prison avec sursis pour avoir diffamé un cadre de la SOSUCO
Quand le responsable qualité devient une source de dysfonctionnement : un cas qui interpelle », c’est sous ce titre que T I, ce premier décembre 2025, écrivait sur sa page Facebook, s’insurgeant contre une pratique supposée qui serait de mise à la SOSUCO. Reçu à la barre du tribunal de grande instance de Banfora ce 26 mai 2026, le prévenu T I reconnais les faits qui lui sont reprochés.
A la barre, T I a reconnu être l’auteur de la publication mais affirme qu’en posant cet acte il ne visait ni un individu ni T A, le plaignant, un cadre de la SOSUCO, responsable de la qualité au sein de l’entreprise. Selon sa narration des faits, tout serait parti d’une publication faite sur le réseau social Facebook qui tenait à vilipender et a jeté le discrédit sur le premier responsable de la SOSUCO qui était attaqué de partout. « J’ai estimé qu’il avait besoin du soutien des fils et filles de la région afin que la SOSUCO renaisse de ces cendres » s’est-il justifié après avoir reconnu les faits. C’est dans ce sens, a-t-il poursuivi que l’idée de la publication lui est venue « mais j’ai mené quelques enquêtes de mon côté », a souligné T I.
Aussi, TI a affirmé ne pas savoir que T A était le responsable qualité de la société sinon il n’allait pas faire cette publication car ils se connaissent très bien avec TA. Toutefois, sa publication, a-t-il souligné, ne visait pas un individu en particulier.
Dans ladite publication, T I a également parlé d’actes de sabotages au sein de la société. Le tribunal n’a pas manqué de chercher à savoir quels étaient ces actes et est-ce que T I avait la preuve de ce qu’il a affirmé. Au prévenu de répondre par la négative et a laissé entendre qu’il s’était basé sur la publication des détracteurs du DG de la SOSUCO. Car eux aussi ont fait cas de cela. « Je n’avais pas des éléments de preuves » a-t-il ensuite reconnu.
Le procureur n’a pas hésité à rappeler donc que dans un espace public tel que les réseaux sociaux la parole engage. Chose que T I étais sensé savoir vu que lui-même est un professionnel de média. Aussi, poursuivant, il a fait savoir qu’on ne doit pas ternir la réputation d’une personne pour en défendre une autre.
T I a affirmé avoir essayé de rentrer en contact avec les responsables de l’entreprise pour de plus amples informations sans gain de cause. « Je reconnais ma faute » a laissé entendre le prévenu.
Pour le conseil de la victime, son client a été surpris de voir qu’il a été cité par TI comme étant responsable des dysfonctionnements qu’il y aurait eu à la SOSUCO. Du haut de ses 26 ans de service, il a été présenté comme source de dysfonctionnement de ladite entreprise. Par ailleurs il a affirmé que l’honneur et la réputation de son client a été terni à Banfora, au Burkina et même au-delà du Burkina à travers le réseau social Facebook. Et cela sans preuve concrète l’incriminant. C’est pourquoi dans sa plaidoirie, il a plaidé que le prévenu soit maintenu dans les liens de la prévention, que la publication soit retirée sans délai et la publication de l’extrait de la décision soit faite par le même canal. Enfin, qu’il soit condamné à payer la somme de 5 millions F CFA à titre de dommages et intérêts et à payer la somme de 1million F CFA pour les frais exposés.
Le procureur dans ses réquisitions a conclu que les faits de diffamation à l’encontre de TI sont bien fondés. Et il a requis qu’il soit maintenu dans les liens de la prévention, l’en déclarer coupable et qu’il soit condamné à une peine d’emprisonnement de 2 ans dont 1an ferme et une amende de 1 million FCFA, le tout ferme.
Prenant la parole le prévenu a reconnu qu’il a fauté et il va assumer la faute commise. Il a demandé au tribunal d’être plus clément envers lui et d’alléger la peine. Il ne sera pas suivi par le président du tribunal qui a condamné T I à un an et un million d’amende avec sursis. Pour la partie civile, T I a été condamné à payer la somme d’un million de F CFA pour dommages et intérêts et la somme de 300 000 F CFA pour les frais occasionnés fixant la contrainte judiciaire à 12 mois. Approché T I qui a comparu sans conseil entend faire appel du verdict. C’est dire que l’épisode est loin de se terminer donc.
Reveil-info
Source : Wangola Médias

