30 mai 2026
Home » Retour sur le passé : il était considéré comme l’ange gardien de Thomas Sankara

Vincent Askia Sigué, itinéraire d’un homme de l’ombre »


«Vincent Sigué, un métis franco-burkinabè, est recherché pour meurtre par Interpol, lorsqu’il arrive en Haute-Volta en 1982. Ami de Sankara, il se rend en juin 1983 à Pô où il présente ses services à Blaise Compaoré ; ce dernier croit un instant avoir à faire à un mercenaire envoyé pour le flinguer. Après le 4 août 83, Sigué devient le responsable du service de sécurité de Sankara.

À Ouagadougou on affirme qu’il a personnellement participé à la torture de dizaines de « suspects », tant militaires que « anarcho-syndicalistes ». Le bruit circule que Sigué a tué un jour un citoyen belge dont le cadavre a été déposé près du palais présidentiel pour suggérer une « attaque » par un mercenaire… Plusieurs responsables militaires nous ont confirmé cette version. Sennen Andriamirado cite ces propos de Vincent Sigué: « Si Thomas me commande de tuer un million de Burkinabè, je le ferai, parce que je sais qu’il sait toujours ce qu’il fait ». Après que Sigué a passé un stage de deux mois à Cuba, des responsables cubains auraient dit: « Cet homme est dangereux! Il est politiquement nul, mais militairement il est exceptionnel »¹⁰³.

Nommé lieutenant par Sankara, en janvier 1987, Sigué commence immédiatement l’entraînement de quelques dizaines d’hommes pour son unité spéciale, la FIMATS. Cette troupe d’élite ne ressortait pas de l’autorité militaire, mais dépend directement du ministre chargé de la sécurité. Sigué va, entre autre, à l’école de la police, pour y recruter les meilleurs élèves. En mai 1987, une centaine d’éléments suivent l’entraînement assuré par Sigué luimême. Au conseil des ministres du 14 octobre, Sankara avait fait acter l’existence légale de la Force d’Intervention du Ministère de l’Administration Territoriale et de la Sécurité. Selon l’article 37 de ses statuts, la FIMATS deviendra une police politique aux pouvoirs fort étendus. Sa tâche est « de veiller à la préservation des acquis de la révolution, notamment en assurant le maintien et le rétablissement de l’ordre révolutionnaire, la sécurité des dirigeants, la protection des points sensibles, la prévention et le combat actif contre les ingérences ».»

Reveil-info

Extrait de : SANKARA, COMPAORÉ et la révolution Burkina de Ludo MARTENS.

Source Image 1 : Archives Burkina

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