L’Iran réfléchit à un nouveau moyen de pression contre les États-Unis: imposer des taxes sur les câbles Internet passant sous le détroit d’Ormuz. La semaine dernière, le porte-parole de l’armée iranienne, Ebrahim Zolfaghari, a brandi pour la première fois une nouvelle menace envers Washington. “Nous allons instaurer des taxes sur les câbles Internet”, a-t-il assuré sur X. Depuis, selon des sources proches des Gardiens de la révolution, les législateurs iraniens auraient discuté d’un plan concret en ce sens.
Ce projet forcerait de grandes entreprises technologiques telles que Google, Microsoft, Meta et Amazon à payer pour l’utilisation des câbles sous-marins passant sous le détroit d’Ormuz, qui relient les pays arabes à l’Europe et à l’Asie.
“Les médias d’État iraniens ont fait état de la menace de perturbations du trafic Internet mondial si ces entreprises ne paient pas”, rapporte CNN. La chaîne d’information américaine souligne que ces câbles sous-marins constituent “l’épine dorsale” du réseau numérique mondial. Ils acheminent la grande majorité du trafic Internet et sont d’une importance cruciale pour les systèmes bancaires, les communications militaires et d’autres services en ligne.
Une panne pourrait en outre ralentir considérablement les échanges commerciaux et les transactions financières entre l’Europe et l’Asie.
On ne sait pas exactement comment Téhéran compte contraindre ces géants technologiques américains à payer l’addition. En raison des sanctions américaines contre l’Iran, ces entreprises n’ont déjà pas le droit d’effectuer des paiements vers ce pays. Quoi qu’il en soit, ces menaces montrent que l’Iran compte utiliser sa situation géographique comme moyen de pression contre les États-Unis.
“Catastrophe numérique”
En raison de l’instabilité régionale, la plupart des navires évitent les eaux iraniennes, et la majorité des câbles Internet sont concentrés dans une étroite bande située du côté omanais du détroit. Deux câbles importants, FALCON et Gulf Bridge International (GBI), traversent toutefois les eaux territoriales iraniennes.
Même si l’Iran ne menace pas explicitement de saboter les câbles, les Gardiens de la révolution, dotés de plongeurs de combat, de sous-marins et de drones sous-marins, représentent, selon les experts consultés par les médias américains, un risque majeur de déstabilisation. “Tout cela pourrait déboucher sur une catastrophe numérique qui s’étendrait sur plusieurs continents”, estiment-ils.

