3 juillet 2026
Home » Libre opinion- Combat politique ou combat religieux: devrons- nous ouvrir tous les fronts?
Combat politique ou combat religieux: devrons- nous ouvrir tous les fronts?
Jeune, j’ai vu un homme qui ne s’entendait pas avec ses frères parce que ceux-ci n’étaient pas de la même religion que lui. Ils ne fréquentaient pas l’église. Et s’il aidait d’autres personnes qui fréquentaient la même église que lui, il avait du mal à aider ses frères qui venaient souvent lui rendre visite.
A Bobo Dioulasso, j’ai vu un jeune homme qui a quitté la cour de son père pour aller vivre ailleurs avec son épouse parce que ses frères qui étaient dans la même cour que lui ne partaient pas à la mosquée. Aujourd’hui, se développe un autre phénomène. Chaque jour, je vois des hommes qui sont prêts à broyer le musulman ou le chrétien. Les injures, les dénigrements, le mépris et la haine fusent de tous les côtés contre le musulman et le chrétien. Dans une guerre, nous avons décidé de faire d’autres guerres. Où allons-nous? C’est la question que je me pose. Le phénomène devient de plus en plus inquiétant quand on entend souvent que le panafricaniste, le vrai, c’est celui qui combat les religions importées. On va jusqu’à dire qu’on ne peut pas mener le combat pour la souveraineté en étant musulman ou chrétien. Nous sommes en train de glisser dans un gouffre qui pourrait nous engloutir tous. Nous entamons une confusion qui pourrait être la cause de véritables divisions. Il y a lieu de faire la part des choses et d’éviter les confusions en ce qui concerne les idéologies. Le panafricanisme est un courant politique. Il n’est pas un courant religieux. Les premiers adeptes du panafricanisme ne l’ont jamais confondu avec une religion. La lutte pour la souveraineté est plus un combat politique qu’un combat religieux. Avoir à manger, avoir de l’électricité, des routes, des centres de santé, des écoles, des infrastructures routières, ça, c’est le développement qui relève plus d’un modèle de gouvernance politique que de la foi aux ancêtres, en Jésus ou en Mohamed. Je pense sincèrement que nous allons vers la déchirure de la Confédération si nous nous laissons embarquer dans cette voie confuse sans issue. La politique, ce n’est pas de la religion. La religion, ce n’est pas de la politique. Les idéologies politiques ne devraient pas être systématiquement confondues aux idéologies religieuses. Vouloir aider un pays comme le Mali ou le Niger tout en combattant l’islam, c’est faire fausse route. Ça sera difficile de les aider. Exiger la fin des religions importées pour que le combat politique soit vrai, c’est encore une autre fausse route, car c’est le mauvais moment.. Il nous faut de la hauteur..Il nous faut de la lucidité en cette période difficile. Nos ennemis mènent un combat politique contre nous. Ils ne veulent pas de notre souveraineté, ils ne veulent pas de notre développement. Si nous, nous allons nous combattre entre traditionalistes et musulmans, entre musulmans et traditionalistes, entre chrétiens et traditionalistes avant de faire le combat politique, nous serions en retard. Et ce sont nos ennemis qui prendraient le dessus. La grosse erreur aussi que pourraient faire les dirigeants serait de glisser dans une prise de parti au lieu de se contenter d’une législation juste et impartiale. Je ne juge pas la valeur d’un combat..Je ne dis pas qu’un combat religieux est inutile. Je parle de l’opportunité d’un combat. Nous sommes dans un combat fondamentalement politique..Devons-nous ajouter un combat religieux? Voilà ma préoccupation. On me dira que c’est la même chose. Mais, je dis NON! Le sacré et le profane ne sont pas la même chose. Tout ce qui touche au sens de la foi se classe dans le sacré. C’est complexe, c’est assez complexe. La politique, la lutte contre l’impérialisme et le néocolonialisme relèvent de la politique. Peut-être qu’il y a aussi de l’impérialisme religieux, mais l’impérialisme religieux n’empêche pas de travailler, il ne décide pas de la voie politique. L’impérialisme religieux n’impose pas la démocratie électoraliste. Il ne gouverne pas la Nation.. Pour moi, le combat de notre génération devrait être un combat politique car qui trop embrasse, mal étreint. La situation est loin d’être stable pour que nous soyons sur tous les fronts.. C’est mon avis.
Adama Amadé SIGUIRE Écrivain Professionnel
Consultant/ Expert en diplomatie, médiation et gouvernance éthique
Enseignant de philosophie

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

error: Content is protected !!