Des béninois inquiétants
Généraliser ne serait ni juste ni honnête. Car le pays a produit des gens estimables et respectables comme Jean Pliya, Paulin Hountondji, Stanislas Adotevi ou Mgr Isidore de Souza qui dirigea brillamment la première conférence nationale en Afrique noire.
Il ne s’agit donc pas de mettre tous les fils du Bénin dans le même sac mais le comportement de deux journalistes béninois commence à m’inquiéter. Le premier est Serge Daniel Gbogbohoundada. Peu de gens savent qu’il est celui qui a écrit le livre « Pourquoi je suis devenu un rebelle » publié en 2005 par Hachette, une maison d’édition française. Guillaume Kigbafori Soro n’a fait que répondre à ses questions. Soro faisant partie d’une génération qui a fait des études médiocres à l’université d’Abidjan, je n’ai jamais cru qu’il était capable d’écrire un livre. Je suis de ceux qui pensent qu’il est nécessaire d’avoir terminé ses études, d’avoir travaillé pour son pays avant de prétendre le diriger.
Longtemps, Gbogbohoundada a été le correspondant de RFI et de l’AFP à Bamako où il serait arrivé en 1995. Quand on l’écoute, on a l’impression que tout va mal dans les 3 pays du Sahel qui ont pris la courageuse décision de chasser les soldats et médias français, que les terroristes vont bientôt s’emparer d’installations clés au Mali, au Burkina et au Niger. Bref, Gbogbohoundada semble mettre ses talents au service d’une France arrogante, prédatrice et néocolonialiste. Cet homme n’est pas du tout gêné d’appeler juntes les dirigeants maliens, burkinabè et nigériens. Or le terme « junte » a une connotation péjorative.
Et Francis Kpatinde, un autre journaliste béninois, devrait le savoir puisque c’est un homme cultivé qui a écrit des choses intéressantes quand il « bossait » à « Jeune Afrique ». Non seulement il a osé utiliser le terme à propos des autorités maliennes mais il a parlé du professionnalisme des groupes terroristes ayant attaqué 5 villes du Mali le 25 avril. Qu’est-ce qui lui arrive ? Pour vivre en France, est-il obligé de s’exprimer de la sorte ? Croit-il que, sans la France, on n’est rien ?
Un Africain qui reprend la terminologie des néocolonialistes n’a rien compris à ce qui se joue dans l’AES depuis 2022. Il se met de facto du mauvais côté de l’Histoire car rien ne permet de penser que, sur le long terme, les Européens réussiront à recoloniser l’Afrique. Avec le lâche assassinat du général Sadio Camara, le Mali a certes perdu une bataille mais pas la guerre.
Il est honteux et scandaleux que, pour des miettes, certains Africains aident un Occident brutal et barbare à vilipender et à tuer d’autres Africains qui se battent pour une Afrique libre et souveraine.
Que faire de ces indignes Africains qui en permanence jouent contre l’Afrique ? Les dénoncer ne me semble pas suffisant. Nous devons leur mener la vie dure. Tout simplement.
Par Jean-Claude Djéréké
Reveil-info

