9 mars 2026
Home » Joseph Ki-Zerbo: pionnier de l’histoire africaine

Joseph Ki-Zerbo, pionnier de l’histoire africaine

Joseph Ki-Zerbo est l’auteur de plusieurs ouvrages de renom sur l’Histoire de l’Afrique. Son regard décomplexé sur l’histoire du continent, sa volonté de « maintenir la sympathie africaine et la rigueur scientifique » , ont constitué, dans l’esprit du chercheur, un préalable indispensable à l’action politique en Afrique.

Intellectuel engagé pour l’indépendance et le développement de l’Afrique, Joseph Ki-Zerbo a révolutionné l’écriture de l’histoire en intégrant les sources archéologiques et la tradition orale. Il est une source intarissable d’œuvres remarquables par leur qualité comme par leur diversité ; un monstre de curiosité et d’invention ; un spécialiste du passé et, en même temps, un visionnaire passionné, lucide et convaincant ; un militant aux engagements attestés pendant plus d’un demi-siècle pour le panafricanisme, la démocratie et la justice sociale : on n’en finirait pas de circonscrire la personnalité, le profil et l’apport de Joseph Ki-Zerbo.

Ki-Zerbo qui signifie « l’éclaireur » en sa langue maternelle, est né le 21 juin 1922. Il obtient son BAC en 1949 à Bamako et intègre la prestigieuse université de la Sorbonne à Paris. En 1956, il devient le premier africain agrégé d’Histoire. Fortement influencé par Frantz Fanon, Ki-Zerbo milite également pour l’indépendance des colonies dans la revue Tam-Tam.

Après avoir pris position en faveur des Vietnamiens pendant la guerre d’Indochine, il y publie un article remarqué en 1954, « On demande des nationalistes », un titre ne souffrant d’aucune ambiguïté. Ki-Zerbo est alors fortement marqué par l’homme qui conduit le Ghana à l’indépendance en 1957 : Kwamé N’Krumah. Inspiré par ce dernier, il fonde en 1958 son propre parti politique, le Mouvement pour la Libération nationale de l’Afrique, puis soutient l’indépendance de la Guinée de Sékou Touré.

La Haute-Volta obtient à son tour l’indépendance en août 1960, mais subit le régime peu démocratique du président Maurice Yaméogo. Ki-Zerbo devient alors un acteur de l’opposition à ce régime, qui tombe en 1966.

Inquiété par le régime sankariste en raison de sa défiance à l’égard de la Révolution (1983-1987), il s’exile. De retour d’exil en 1992, il poursuit sa lutte aux couleurs de la Convention nationale des Patriotes progressistes devenu en 1993 le Parti pour la Démocratie et le Progrès.

Auteur des deux premières synthèses –une petite et une grosse- sur l’histoire de l’Afrique, il était évidemment appelé à diriger le premier volume de l’Histoire Générale de l’Afrique consacré aux questions polémiques les plus brûlantes. Ki-Zerbo livre un message d’espérance qui se fonde sur la conviction selon laquelle l’avenir politique du continent africain repose sur sa capacité à s’unir. Ainsi, la dimension panafricaine de l’œuvre de Ki-Zerbo est évidente ; elle se fonde sur la mise en lumière des liens culturels unissant l’Afrique et qui auraient été mis à mal par l’occupation européenne.
Parvenu au soir de sa vie, Ki-Zerbo invitait encore ses prochains à élaborer un « projet d’ensemble », répondant à ces deux questions existentielles : « qui sommes-nous » et « où voulons-nous aller ?

Ki-Zerbo est mort le 4 décembre 2006.

 

Reveil-info

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

error: Content is protected !!