3 mars 2026
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Récit d’un procès : Jugé pour abus de confiance portant sur l’achat de groupes électrogènes pour le Stade du 4-Août

Le mercredi 18 février 2026, Amidou (nom d’emprunt) a comparu devant la chambre correctionnelle du Tribunal de grande instance de Ouaga I pour abus de confiance au préjudice de la société Maya Energie SARL.

Les faits remontent à novembre 2025. La société Maya Energie, engagée dans un marché relatif à l’alimentation électrique du Stade du 4-Août, entre en contact avec Amidou ,par l’intermédiaire d’une tierce personne, pour l’achat de deux groupes électrogènes : un de 100 KVA et un autre de 1500 KVA.

Selon les explications données à la barre, le groupe de 100 KVA, déjà disponible en boutique, a été payé et livré sans difficulté. En revanche, le groupe de 1500 KVA n’étant pas disponible, Amidou affirme avoir lancé une commande auprès d’un fournisseur en Côte d’Ivoire.

Une avance de 12 millions FCFA lui est versée sur un marché global de 150 millions FCFA. Les semaines passent, puis les mois, sans que le groupe de 1500 KVA ne soit livré. Face au retard, le ministère en charge des Sports menace d’annuler le marché.

Les versions divergent

Interrogé par le tribunal, Kafando explique :
« Lorsque Abdoulaye (nom d’emprunt)de Maya Energie, m’a contacté, j’avais déjà le groupe de 100 KVA en boutique. Il a été payé et livré. Pour le groupe de 1500 KVA, j’ai passé commande en Côte d’Ivoire. J’ai reçu 12 millions FCFA d’avance sur les 150 millions. J’ai ajouté 18 millions correspondant à l’achat du premier groupe et j’ai envoyé le tout à mon fournisseur pour l’acheminement. Lors des essais, il m’a signalé une panne qu’il tentait de réparer. »

Mais la version d’Abdoulaye diffère :
« Il s’agissait d’un marché public. Il n’y avait pas d’avance prévue. Il avait promis une livraison en deux semaines. Je lui ai remis 12 millions FCFA sur un montant total de 150 millions, le reste devant être payé deux semaines après la livraison. Il nous a d’abord dit que le groupe était à la frontière, puis qu’il y avait un problème. Mon collaborateur, le Colonel Yac, a contacté le fournisseur qui a déclaré ne rien savoir de cette commande. Ce n’est qu’après les convocations qu’il a laissé entendre qu’il n’y avait rien. Il n’y a pas de groupe. Rien n’a été commandé. »

Revenant vers le prévenu, le tribunal l’interroge à nouveau. Amidou maintient que le groupe existe, mais qu’il est en panne, précisant que son fournisseur initial était en voyage et que son collaborateur s’était chargé de l’acheminement.
Absence de preuve de paiement

À la question du procureur sur la preuve du paiement effectué au fournisseur, Amidou reconnaît :
« Non, c’était une erreur de ma part. »
L’avocat de la partie civile insiste :
« Maintenez-vous avoir déclaré qu’il n’y avait pas de groupe ? »
« Non, je ne l’ai jamais dit », répond le prévenu.
De son côté, l’avocat de la défense interroge Abdoulaye sur la somme réclamée, estimant que 30 millions FCFA sont demandés au lieu des 12 millions versés. Abdoulaye explique que le ministère des Sports a exigé la récupération du premier groupe, que le marché a été résilié et que l’entreprise risque une radiation de la commande publique.

Les réquisitions et plaidoiries

Dans sa plaidoirie, l’avocat de la partie civile soutient que Amidou est poursuivi pour abus de confiance au préjudice de Maya Energie SARL. Il affirme que son client avait besoin d’un groupe pour un site sensible, le Stade du 4-Août, et que le prévenu s’était engagé à livrer contre une avance de 12 millions FCFA.

Selon lui, l’argent a été détourné. Il souligne l’absence de preuve de commande, l’inexistence d’un bureau formel et qualifie les faits d’escroquerie. La partie civile réclame le paiement de 12 millions FCFA au titre du principal. Elle sollicite également la somme de 1 200 000 FCFA en réparation du préjudice subi, ainsi qu’un montant de 1 000 000 FCFA correspondant aux frais exposés dans le cadre de la procédure.

Le ministère public estime pour sa part que l’infraction est caractérisée. Il relève l’absence de livraison, le non-remboursement des 12 millions FCFA, l’absence de preuve d’achat auprès du fournisseur et l’existence de manœuvres, notamment l’envoi d’images à la victime et la présentation d’une boutique ne lui appartenant pas.
Pour le parquet, les faits peuvent être qualifiés d’abus de confiance ou d’escroquerie, les deux infractions étant, selon lui, constituées. Il requiert 12 mois de prison avec sursis et une amende de 500 000 FCFA, également assortie du sursis.
L’avocat de la défense soutient quant à lui qu’il s’agit d’un litige commercial mal abouti. Il affirme que son client n’a pas démarché la société, qu’il a été recommandé par un tiers et qu’aucun élément ne caractérise une intention frauduleuse. Il demande la clémence du tribunal, estimant qu’il n’y a ni abus de confiance ni escroquerie.

Le tribunal a mis l’affaire en délibéré pour le 4 mars 2026.

Par Zoodomail.com

N.B: Le titre est de JIB

Justice Infos Burkina
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