Nigeria : 9 musulmans arrêtés pour avoir mangé en public le premier jour du Ramadan

Dans le nord du Nigeria, neuf personnes ont été arrêtées pour avoir mangé en public durant la première journée du Ramadan, suscitant un vif débat sur l’application de la loi islamique dans la région.
Les interpellations ont eu lieu dans l’État de Kano, où la police religieuse, connue sous le nom de Hisbah, est chargée de veiller au respect des règles morales et religieuses par les musulmans.
Une arrestation dès le premier jour de jeûne
Selon les autorités locales, sept hommes et deux femmes ont été appréhendés après avoir été vus en train de manger ou de boire en public pendant les heures de jeûne. Le Ramadan impose aux musulmans adultes et en bonne santé de s’abstenir de consommer nourriture et boisson de l’aube au coucher du soleil.
La Hisbah a indiqué que ces personnes auraient enfreint les règles religieuses en vigueur dans l’État et qu’elles seraient « sensibilisées » aux obligations liées au jeûne, notamment la prière et l’observance des préceptes islamiques.
La charia appliquée dans le nord du pays
Depuis le début des années 2000, plusieurs États du nord du Nigeria, dont Kano, appliquent la charia en parallèle du droit civil nigérian. Cette législation religieuse concerne principalement les musulmans et encadre différents aspects de la vie sociale et morale.
Les non-musulmans ne sont généralement pas concernés par ces dispositions. Toutefois, l’application stricte de ces règles pendant le Ramadan fait régulièrement l’objet de controverses, notamment sur la question des libertés individuelles et du respect des droits fondamentaux.
Un débat récurrent
Les arrestations liées au non-respect du jeûne ne sont pas inédites dans la région. Chaque année, des opérations similaires sont menées par la police religieuse durant le mois sacré.
Des organisations de défense des droits humains rappellent que le Nigeria est un État fédéral laïc au niveau constitutionnel, même si certains États du nord ont choisi d’introduire la charia dans leur système judiciaire.
L’affaire relance ainsi le débat sur l’équilibre entre liberté religieuse, respect des traditions locales et garanties constitutionnelles dans le pays le plus peuplé d’Afrique.
Justice Infos Burkina
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