RDC/Belgique: Condamnation de Julienne Mpemba à 14 ans dans une affaire de trafic d’enfants

La Cour d’appel de Liège a rendu, le 10 février 2026, un verdict lourd dans l’affaire qui a secoué les milieux judiciaires belges et congolais : Julienne Mpemba, juriste belge d’origine congolaise, a été condamnée à 14 ans de prison ferme et à une amende de 8 000 € pour son rôle dans un vaste trafic d’enfants entre la République démocratique du Congo (RDC) et la Belgique.
À 48 ans, Mpemba, originaire de Namur, était poursuivie pour une série d’infractions graves, notamment prise d’otages, enlèvement de mineurs, trafic d’êtres humains, escroquerie, corruption, faux et usage de faux. La cour a ordonné son placement en détention immédiate à l’énoncé du jugement.
Des procès qui s’étendent sur plusieurs années
L’affaire remonte à plusieurs années. Le tribunal correctionnel de Namur avait déjà condamné Julienne Mpemba le 10 octobre 2024 à 10 ans de prison ferme pour des délits similaires, après un long procès au cours duquel la justice belge avait établi qu’elle avait fait adopter en Belgique des enfants congolais qui n’étaient pas orphelins mais enlevés à leurs familles biologiques.
Contestant cette décision, Mpemba avait interjeté appel. La procédure d’appel a culminé en février 2026 devant la Cour d’appel de Liège, qui a non seulement confirmé sa culpabilité mais aussi alourdi sa peine, jugeant les faits particulièrement graves et les manœuvres dilatoires de la défense inacceptables.
Un système d’adoption frauduleux dévoilé
Selon les éléments rassemblés par les juridictions belges, Mpemba avait créé et géré un orphelinat à Kinshasa, présenté comme fournissant des enfants “orphelins” pour adoption. En réalité, plusieurs de ces enfants avaient été enlevés ou placés dans des conditions irrégulières, et leurs parents biologiques étaient toujours vivants et les cherchaient.
Les familles adoptives en Belgique, qui avaient accueilli ces enfants entre 2015 et 2016, ont appris au fil de l’enquête que leurs enfants n’étaient pas légalement adoptables et que des documents avaient été falsifiés pour donner l’apparence d’une procédure conforme.
Réactions et perspectives judiciaires
Le verdict de 2026 a suscité de vives réactions tant en Belgique qu’en RDC. Des associations de protection de l’enfance et des proches des enfants concernés ont salué la décision de justice, estimant qu’elle établit un précédent important dans la lutte contre les réseaux de trafic d’enfants sous couvert d’adoptions internationales.
De son côté, Julienne Mpemba avait annoncé son intention de former un pourvoi en cassation devant la Cour suprême belge, cherchant à contester tant la qualification juridique des faits que l’appréciation des preuves produites contre elle.
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