8 février 2026
Home » Les enfants de Kadhafi : entre Tragédie,exil et mirage politique

𝐋𝐞𝐬 𝐞𝐧𝐟𝐚𝐧𝐭𝐬 𝐝𝐞 𝐊𝐚𝐝𝐡𝐚𝐟𝐢 : 𝐄𝐍𝐓𝐑𝐄 𝐓𝐑𝐀𝐆É𝐃𝐈𝐄, 𝐄𝐗𝐈𝐋 𝐄𝐓 𝐌𝐈𝐑𝐀𝐆𝐄 𝐏𝐎𝐋𝐈𝐓𝐈𝐐𝐔𝐄

Quinze ans après l’assassinat de Mouammar Kadhafi, l’ancien « Guide de la Révolution » libyen tombé le 20 octobre 2011 à l’âge de 68 ans lors de la chute de son régime, ses huit enfants reconnus continuent d’incarner un destin familial fracturé. Sur cette fratrie marquée par le pouvoir absolu puis la tourmente, seuls quatre subsistent : Mohammed, Saadi, Hannibal et Aïcha Kadhafi. Les quatre autres – Al Saadi, Moatassem, Al Arab et Khamis – ont péri dans la violence de la guerre civile qui a emporté leur père.

Mohammed Kadhafi, l’aîné né en 1970, fut longtemps perçu comme le dauphin potentiel. Président du Comité olympique libyen, il incarna une voie plus modérée au sein de la famille. Après la chute du régime, il fut capturé à Tripoli en 2011, puis libéré en 2018 suite à une grâce controversée. Aujourd’hui exilé aux Émirats arabes unis, il mène une vie discrète, loin des feux de la rampe politique, se concentrant sur des affaires familiales et des appels sporadiques à la réconciliation libyenne.

Saadi, né en 1973, le footballeur de la famille, suivit un parcours plus tumultueux. Joueur professionnel en Europe (Perpignan, en Italie), il fut impliqué dans des scandales, dont l’affaire de la mort suspecte de l’entraîneur franco-tchadien Marco Chigot en 2005. Condamné à mort par contumace en Libye en 2015 pour crimes de guerre, il fut extradé du Niger en 2014, puis libéré en 2021 après un accord. Exilé aujourd’hui au Niger voisin, il tente de se muer en figure politique, flirtant avec des alliances tribales pour raviver l’héritage paternel – un pari hasardeux dans une Libye divisée.

Hannibal Kadhafi, né en 1975, incarne le scandale. Fils turbulent, connu pour ses frasques violentes (séquestration d’employés en Suisse en 2008), il fut arrêté en Syrie en 2012 après un exil forcé. Extradé en Libye, il purgea une peine pour pillage avant d’être libéré en 2021. Actuellement en exil en Syrie ou au Liban selon les sources, il reste en marge, miné par des rumeurs de problèmes de santé et d’addictions.

Aïcha Kadhafi, née en 1977, la seule fille du Guide, fut avocate et conseillère diplomatique. Symbole de la « femme forte » du régime, elle défendit farouchement son père à l’ONU. Après la chute, elle trouva refuge en Algérie en 2011, où elle accoucha de sa quatrième fille. Exilée à Oman depuis 2012 avec ses enfants, elle mène une vie recluse, publiant occasionnellement des déclarations enflammées contre les « traîtres » libyens, sans réelle emprise politique.

Les ombres tragiques planent sur les disparus. Al Saadi (1973-2013 ?) mourut en prison libyenne dans des circonstances troubles. Moatessem, sécurité nationale du régime, fut lynché avec son père à Syrte. Al Arab périt en 1986 lors du bombardement américain sur Tripoli. Khamis, chef des brigades spéciales, fut tué en combat en 2011.

Ce destin familial, calfeutré entre tragédie, exil et velléités politiques, reflète la Libye post-Kadhafi : un pays morcelé entre factions, milices et ingérences étrangères. Tandis que les survivants peinent à perpétuer un héritage sulfureux, la jeunesse libyenne rêve d’un avenir sans fantômes du passé. Les enfants du Guide relèveront-ils un jour de la légende verte, ou s’effaceront-ils dans l’oubli ?

Adama Diarrakai

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