Procès des magistrats et autres : le tribunal accorde au parquet jusqu’à demain à 9 heures pour produire trois pièces

Koupéla, 6 fév. 2026 (AIB)-À la demande du parquet, le tribunal a ordonné, vendredi, la suspension des débats jusqu’au samedi 7 février 2026 à 9 heures. Ce délai vise à permettre au ministère public de produire la situation financière de l’un des prévenus ainsi que les pièces sollicitées, notamment des téléphones portables appartenant à certains prévenus et un courrier arrivé émanant du parquet général près la Cour d’appel de Ouagadougou, afin d’éclaircir plusieurs points contestés.
Dans le procès des magistrats et autres, poursuivis entre autres pour corruption, le tribunal a renvoyé l’audience à demain à 9 heures afin que le parquet mette à sa disposition les téléphones portables de prévenus pouvant comporter des échanges susceptibles d’avoir une incidence sur la constitution des infractions, ainsi que le courrier arrivé du parquet général près la Cour d’appel de Ouagadougou, pour vérifier l’arrivée d’une pièce qui fait débat, en l’espèce le rapport d’appel.
À ces deux pièces s’ajoute l’état financier d’un prévenu, requis par le ministère public lui-même afin, dit-il, de vérifier si le mis en cause, qui a prétendu avoir emprunté de l’argent à un collègue douanier, était réellement dans le besoin.
Selon le Procureur du Faso, Ahandi Ouoba, seule la recherche de la vérité motive la demande de suspension des débats.
« C’est vrai que c’est du flagrant délit, on veut aller vite, mais il faut, dans la célérité, rechercher la vérité, ce qui est le plus important. C’est pourquoi nous avons jugé bon de solliciter du tribunal qu’il nous accorde un délai afin de produire ces pièces », a indiqué le Procureur du Faso.
L’un des avocats de la défense, Me Paul Kéré, dit ne pas comprendre cette attitude du parquet dans une procédure de flagrance où la saisine de la juridiction de jugement signifie, selon lui, que le dossier est prêt à être jugé.
Il estime que cette suspension vise à retarder davantage les débats pour des pièces qui n’apporteront rien « ni en fait ni en droit ».
Me Kéré s’est toutefois réjoui du caractère raisonnable du délai imparti au ministère public pour la présentation des pièces.
Le parquet dit comprendre la réaction des avocats de la défense, mais assure que sa demande est fondée sur l’article 321-84 du Code de procédure pénale, qui autorise le tribunal ou le Procureur du Faso à demander un complément d’information.
Le procureur, qui affirme avoir souhaité un délai de suspension plus long que celui accordé, a assuré qu’il mettra tout en œuvre pour produire ces pièces dans le délai imparti.
L’Agent judiciaire de l’État, Karfa Gnanou, estime qu’il n’y a pas de raison de s’opposer à la requête du parquet si la production de ces pièces contribue à la manifestation de la vérité.
Mieux, il a salué la décision du tribunal qui, en acceptant la requête, a « coupé la poire en deux », certaines demandes ayant été formulées par le tribunal lui-même.
Dans tous les cas, les débats reprendront demain, 7 février 2026, à la chambre correctionnelle du Tribunal de grande instance de Koupéla.
Agence d’information du Burkina
Reveil-info
