6 février 2026
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Écho du tribunal/Procès de magistrats et autres : un Procureur général entendu pour « soustraction de document » et corruption

Koupéla, 5 fév. 2026 (AIB)-Un Procureur général, poursuivi pour avoir reçu 5 millions de FCFA avant de soustraire et de détruire un « rapport d’appel » (RP) dans le dossier Nikiema Désiré et autres, a nié jeudi toute malversation, qualifiant le document de simple pièce « administrative » sans valeur contraignante.

« On m’accuse d’avoir soustrait et détruit un rapport d’appel (RP) qui n’est pas un acte de procédure dont l’absence empêche un dossier de suivre son cours », a déclaré le prévenu.
Il soutient, en outre, avoir affecté le dossier sans savoir qu’il contenait ledit document, à plus forte raison l’avoir soustrait.

Pour le ministère public, le RP, en plus de faire la synthèse, critique la décision du juge d’instruction et demande au Procureur général d’aller dans le sens de son infirmation (annulation), en avançant des arguments allant dans ce sens.

« J’ai affecté le dossier à quelqu’un et il appartient à ce dernier de me revenir s’il estime que, techniquement, la présence du document lui permet d’avoir une bonne compréhension du dossier », a répondu le prévenu.

À l’issue des débats, il est constant que le collègue du prévenu, chargé de traiter le dossier, avait signalé l’absence du document.
« Vous ne cherchez pas à savoir pourquoi le procureur demande l’infirmation de la décision », a interrogé le parquet.

Il a répondu que, dans tous les cas, les réquisitions contenues dans le rapport d’appel ne liaient pas le Procureur général.
Pour le conseil du prévenu, dans la pratique, la lourdeur administrative fait que le RP n’est pas obligatoire, sauf si le destinataire du dossier en fait la demande.

« Pourquoi mon client irait-il retirer un document dont la chambre d’instruction n’est pas tenue de suivre les réquisitions ? », s’est interrogé le conseil.

En rappel, le dossier Nikièma Désiré et autres avait, à l’époque, fait l’objet d’une ordonnance de non-lieu rendue par le juge d’instruction. Cette décision avait fait l’objet d’un appel et confirmée.

À en croire le parquet, c’est l’absence du rapport d’appel dans le dossier d’appel qui aurait influencé la décision rendue en appel.
A propos de la corruption supposée, le prévenu soutient n’avoir reçu de l’argent de qui que ce soit pour retirer un document qui aurait pu influencer une décision.

« Et pourtant, il y a des déclarations vous incriminant d’avoir reçu cinq millions de FCFA de la part des mis en cause dans l’affaire Nikièma Désiré et 11 autres », a relevé l’accusation.

« Non, je n’ai rien reçu. Celui qui a fait cette déclaration (un coprévenu et membre du collège de juges ayant infirmé l’ordonnance de non-lieu) s’est excusé de m’avoir mis en cause sous l’effet de la pression », a répondu le prévenu.
Agence d’information du Burkina.

Reveil-info

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