2 février 2026
Home » MARCHE DES MEUBLES A OUAGADOUGOU: Un secteur touché par la crise sécuritaire

Les meubles occupent aujourd’hui une place prépondérante dans notre vie de maison. De notre constat auprès des confectionneurs et vendeurs de meubles au niveau de l’entrée principale de l’université Joseph KI-ZERBO et de leurs avis, le secteur est confronté à plusieurs difficultés. La cherté du matériel, les impôts, la concurrence sont entre autres quelques difficultés auxquelles ils sont confrontés.

Avec une ancienneté de près de cinq ans dans le domaine des meubles, Abdoulaye Compaoré a fait de la confection et de la vente des armoires pour habits, des gardes manger, des lits et des fauteuils son métier. Travaillant avec une équipe, à l’entendre la particularité de ses articles réside dans le fait que la confection se fait avec soin par eux même ici au Burkina avec du matériel venant du Ghana principalement. Pour ce qui en est du coût de ses meubles, le prix des gazinières varie de 50 000 FCFA et plus , les armoires eux aussi varient de 100 000 FCFA et plus, les lits quant à eux sont vendus à partir de 90 000 FCFA. Il souligne que le prix dépend de la qualité et du modèle du meuble.

Abdoulaye Ouédraogo, confectionneur et vendeur de meuble vers l’entrée principale de l’université JKZ.

 Nombreuses de difficultés

Au mois de décembre, l’usine de fabrication du bois au Ghana se ferme pour effectuer son bilan annuel. Ce n’est qu’en janvier qu’il réouvre ses portes. « Du coup avoir la matière première est un peu compliqué. Nous faisons dans ce cas avec le stock que nous avons en attendant que l’usine s’ouvre à nouveau. Il y a d’autres commerçants qui en profitent pour faire des stocks et ces avec eux que nous partons acquérir le matériel », affirme-t-il.  La crise sécuritaire a également un impact considérable sur le marché de Abdoulaye Compaoré car la plupart de ses clients venaient des provinces. « Nos principaux clients étaient dans les provinces. Mais avec la crise sécuritaire il est difficile d’accéder aux provinces. Nous pouvons faire deux à trois semaines sans même qu’on ne demande le prix d’un article. Nous ressentons maintenant la crise sécuritaire » soupire-t-il. En plus de la famille à nourrir, le loyer à payer, Compaoré est soumis aux nombreux impôts. « Même quand il n’y a pas le marché, il faut forcément payer les impôts sinon vos marchandises seront saisies » indique-t-il.

Daouda Cyril, menuisier.

Aussi la concurrence, surtout avec l’arrivée des réseaux sociaux « Certaines personnes viennent prendre des renseignements sur nos articles, faire des photos comme si elles allaient revenir acheter et partent les publier sur les réseaux sociaux, sur leurs différentes pages comme si c’était eux qui confectionnaient. Ils proposent un prix qui ne correspond pas aux articles justes pour attirer la clientèle tout en sachant qu’ils ne peuvent pas vendre à ce prix ». Aussi, on note la flambée des prix des matières premières. Un fois les prix augmentés, il n’y a plus moyen de les diminuer, les prochains changements consistent à les augmenter encore. À leur niveau, ils n’ont pas d’autres choix que d’augmenter également le prix de leurs meubles pour pouvoir s’en sortir. Juste à côté, Daouda Cyril, menuisier, nous confie que le marché est instable, « souvent ça va. Par moment pas trop mais on se débrouille avec.  Aussi la concurrence vue qu’elle est déloyale affecte évidemment nos activités. Chacun fait de son mieux pour avoir son pain du jour ». Il soulève le problème de financement qui selon lui ralenti leurs activités. « Avec ce travail, si tu n’as pas de moyen pour pouvoir mieux avancer c’est un peu compliqué. On est obligé de confectionner, prendre son argent avant de faire un autre » a-t-il fait savoir. Gabriel Ouédraogo, confectionneur de fauteuil, de meubles, d’armoires soutient lui aussi que le marché est tendu et que tout se fait maintenant avec les relations. Selon lui, le matériel ne vient pas chaque fois de la même qualité et créé ainsi des soucis entre eux et les clients. « Souvent la qualité est bonne et parfois moindre. Ça nous pose des problèmes avec les clients » s’est-il exprimé.

Cri de cœur des vendeurs de meubles

Abdoulaye Compaoré est conscient que c’est très compliqué pour le gouvernement en ce moment mais la seule chose qu’il demande à ce dernier, c’est peut-être une meilleure compréhension au niveau des impôts et leur donner quelques petits avantages notamment être flexible par moment au niveau des pénalités qu’ils doivent verser en cas de retard dans le paiement. Daouda Cyril souhaite qu’on les aide avec un financement pouvant les permettre de confectionner assez de meubles sans forcément attendre que la facture précédente soit réglée avant de pouvoir confectionner d’autres.

Conseils à ceux qui veulent emboîter leurs pas

  Pour Abdoulaye Compaoré, le métier est libre et ouvert à tout le monde. Il affirme que c’est pendant leurs heures creuses qu’ils apprenaient le métier, lui et ses amis, qui les a par la suite leur a souri. Le conseil de Daouda Cyril est que tout jeune qui exerce un métier le fasse avec l’amour car toute personne qui fait une chose sans amour est amener pour la plupart à abandonner. Gabriel Ouédraogo exhorte les jeunes à travailler « Travaillez même si vous ne gagnez pas suffisamment car de là vous pouvez avoir des opportunités. À nos débuts en 2005, on recevait seulement 75f à midi. Nous avons travaillé ainsi près de cinq ans. On a parfois dormi dans la faim, mais nous n’avons pas baissé les bras et aujourd’hui nous nous en sortons ».  Il estime que tous ceux qui ont réussi aujourd’hui sont passés par des périodes parfois sombres. Un homme doit comprendre qu’il faut commencer petit afin de devenir grand, a-t-il conclu.

Bernadette W Gansonré (in La Cohésion 2023)

 

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