29 janvier 2026
Home » Vœux de nouvel an :Korro se rappelle à ses filles et fils de Ouagadougou

Sans tambour excessif mais avec le cœur bien accroché au village, les ressortissants de Korro, localité de la commune rurale de Bagaré dans la province du Passoré, vivant à Ouagadougou et ses environs, ont donné le tocsin, dimanche 25 janvier 2026 en se retrouvant pour la traditionnelle cérémonie de présentation de vœux de nouvel An.

Une rencontre placée sous le sceau du souvenir, de la fraternité et d’un attachement assumé au terroir.

Réunis au sein de l’Association Trait d’Union avec Korro de mes Origines (TUKO), les fils et filles de Korro ont, le temps d’un après-midi à Pissy, ravivé les valeurs ancestrales de solidarité, de partage et d’entraide qui fondent l’identité du village.

 

Une rencontre simple dans la forme, mais lourde de sens. Le rendez-vous dominical du 25 janvier 2026 a été marqué par les sons de tchèma à la gloire de Korro et des moments de partage. Il constitue une occasion de retrouvailles qui va rester inoubliable.

Pour le Trésorier général de l’association, Karim Pagbelguem,  l’essentiel est d’avoir gagné le pari du rassemblement : « Il s’agit d’une cérémonie de présentation de vœux. Sincèrement, nous sommes contents, car les gens sont sortis nombreux. Nous disons merci à Dieu et nous prions pour qu’il nous garde sous sa protection, qu’il nous donne l’année prochaine en bonne santé et dans la joie. Nous prions surtout pour la paix au Burkina Faso », a-t-il confié, visiblement ému.

Korro, faut-il le rappeler, est le village d’origine des Pagbeleguem, mais aussi des Ouédraogo. Situé dans la commune de Bagaré et le canton de Darigma, cette localité compte cinq quartiers qui sont liés par le sang et la parenté : Koulkouisin, Sambraogo, Tangzougu et Toodin, tous de patronyme Pagbeleguem, tandis que Koughin porte celui des Ouédraogo.

Les habitants de Korro entretiennent par ailleurs des relations de parenté à plaisanterie avec Souri, Latodin, Siellé dans le Nayala, Boussou dans le Zondoma et Nanoro dans le Boukiemdé, autant de liens sociaux qui renforcent la cohésion communautaire.

Depuis sa création, TUKO n’a jamais rompu le cordon ombilical avec le village. Bien au contraire. Les ressortissants de Korro à Ouagadougou ont toujours maintenu une relation filiale avec leur terroir, contribuant aux initiatives locales de développement, mais aussi aux efforts de solidarité et de résilience face à l’insécurité, aussi bien au niveau du village que sur les plans communal, départemental et provincial.

TUKO rallume la flamme des origines chez toute personne originaire de Korro dont elle n’attend que son adhésion à l’Association. Prenant la parole, le président du Bureau exécutif de TUKO, Jolivet Emmaüs Sidibé Pagbeleguem, a replacé la cérémonie dans une perspective plus large : « Après cinq ans d’interruption, nous nous réjouissons d’avoir pu renouer avec les cérémonies de présentation de vœux. Ce sont des moments exceptionnels pour nous rappeler nos origines communes et nous interpeller sur la nécessité de promouvoir la solidarité et la cohésion familiale. Il est difficile de se frayer un chemin dans la société quand on ignore d’où l’on vient, quand on ne connaît pas les valeurs sur lesquelles repose son identité », a-t-il martelé.

Créée le 28 juin 2015 à Ouagadougou, l’Association des ressortissants de Korro à Ouagadougou et environnants s’est inscrite dans la légalité, avec récépissé et publication au Journal officiel. Elle se veut un cadre fédérateur pour ses membres issus d’horizons et de catégories socioprofessionnelles diverses, un espace pour se remémorer une histoire commune souvent mise à rude épreuve par l’éloignement.

TUKO a notamment initié les retrouvailles « Buud Yam », organisées à deux reprises à Korro avant d’être suspendues en raison du contexte sécuritaire. Ces retrouvailles ont permis à des centaines de ressortissants de découvrir ou de renouer avec leur terre d’origine, parfois pour la première fois.

Du côté des femmes, la fierté était palpable. Mme Sanfo Fati/Pagbelguem, membre du collectif féminin de l’association, n’a pas caché son émotion : « Ce soir, je suis fière des ressortissants de Korro. Je remercie chacun pour avoir effectué le déplacement. Que Dieu donne à tous une longue vie. Je salue ceux du village et je leur demande de tenir bon. Par la grâce de Dieu, le monde ira mieux et connaîtra la paix », a-t-elle déclaré sous un air d’optimisme.

Après les éditions de 2019 et 2021, la présentation de vœux de 2026 a tenu toutes ses promesses. Plus de 300 personnes-hommes, femmes, jeunes et enfants-ont communié dans une ambiance bon enfant, empreinte de fraternité et de souvenirs partagés. Aux membres habituels de TUKO se sont joints des oncles, des tantes, des neveux, des nièces, ainsi que des parents d’autres villages invités.

La devise de l’association, « bayiri kon lobg ni kougr ye », résonne dans les esprits : nul ne saurait renier ses origines. Des ressortissants d’autres localités de la commune de Bagaré ont également honoré la rencontre de leur présence. Christophe Zouda, ressortissant de Kala et représentant les villages invités, a salué l’initiative : « Le fait de se retrouver entre ressortissants est une bonne chose, une initiative qui émane de la volonté de Dieu. Nous prions l’Éternel pour que la paix revienne au Burkina Faso afin que les prochaines rencontres puissent se tenir normalement à Korro », a-t-il souhaité.

À travers cette cérémonie, TUKO a rappelé que, malgré la distance et les épreuves, le lien avec la terre des ancêtres demeure vivant. Et que Korro, loin d’être un simple souvenir, reste une boussole.

‎ Une correspondance particulière de Rinda Youlou

Reveil-info

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

error: Content is protected !!