19 mars 2026
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L’UNILATÉRALISME AMÉRICAIN ET LA RECOMPOSITION DANGEREUSE DE L’ORDRE MONDIAL / CE QUI S’IMPOSE À L’AFRIQUE.

L’ordre international issu de l’après-Seconde Guerre mondiale se fissure sous nos yeux. Ce qui se présentait naguère comme un système fondé sur des règles, des équilibres et le respect du droit international ressemble désormais à un champ mouvant où les puissances avancent sans masque, guidées exclusivement par leurs intérêts stratégiques.

Les États-Unis ou quand le Droit international est secondaire aux intérêts.

Les États-Unis, longtemps perçus comme le pilier de l’Occident et le garant d’un certain ordre mondial, donnent aujourd’hui l’image d’un acteur solitaire, imprévisible, parfois brutal. À travers les déclarations et les actions de Donald Trump, il apparaît de plus en plus évident que Washington n’agit ni pour l’Europe, ni pour le Canada, ni pour un quelconque équilibre global, mais avant tout pour l’Amérique et ses intérêts immédiats. L’opération militaire menée au Venezuela en est une illustration éloquente. En s’arrogeant le droit d’intervenir, de capturer un chef d’État et de décider du sort politique d’un pays souverain, les États-Unis ont envoyé un message clair au reste du monde : le droit international devient secondaire dès lors que des intérêts stratégiques, énergétiques, économiques ou géopolitiques sont en jeu.

Les institutions internationales fragilisées par la banalisation de la force.

Hier encore, la Russie, la Chine et les pays membres des BRICS étaient présentés comme les principaux perturbateurs de l’ordre mondial. Aujourd’hui, les faits imposent une relecture honnête de la réalité. Ce ne sont plus seulement ces puissances qui défient l’ordre établi, mais bien les États-Unis eux-mêmes, à travers une politique étrangère unilatérale qui fragilise les institutions internationales et banalise l’usage de la force.

Quelle Afrique face à la recomposition de l’ordre mondial ?

Face à cette recomposition brutale, l’Afrique ne peut ni rester naïve, ni demeurer spectatrice. Trop souvent, notre continent a payé le prix de sa dépendance stratégique, de son manque de coordination et de l’absence d’une vision commune. Or, un monde où les rapports de force s’imposent sans ménagement est un monde dangereux pour les États faibles ou désunis. L’Afrique doit tirer toutes les conséquences de cette nouvelle donne. Cela implique évidemment de renforcer ses politiques de coopération économique, commerciale et diplomatique. Mais cela ne saurait suffire. La question sécuritaire et militaire est désormais centrale. Il devient donc impératif pour l’Afrique de bâtir une véritable solidarité militaire continentale par une mutualisation des moyens de défense, la coopération renforcée en matière de renseignement et une doctrine sécuritaire pensée par et pour les Africains. Sans cette solidarité militaire, l’Afrique restera vulnérable aux ingérences extérieures, aux agendas cachés et aux interventions déguisées sous couvert d’assistance ou de stabilisation.

Par Jean Marc d’Eburnie

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