Le SG Bruce Emmanuel Sawadogo
L’Association des Résidents de la Cité des Grâces de Saaba, cité aussi connue sous l’appellation « Cité Abdoul Service 1 de Saaba » est sans conteste l’une des plus dynamiques de Saaba et de Ouagadougou. Nous avons rencontré son secrétaire général, Windnonguéma Bruce Emmanuel SAWADOGO, pour faire un tour d’horizon de la vie de l’association et de la de la Cité. Il commence par se présenter :
Je me nomme Windnonguéma Bruce Emmanuel SAWADOGO. Je suis le Secrétaire Général de l’Association des Résidents de la Cité des Grâces de Saaba, un site aménagé par la Société Immobilière Aboul Service International dans la Commune de Saaba. Nous sommes organisés en Association avec un bureau exécutif composé de huit (08) membres dont un Président, un Secrétaire Général, un Trésorier et son adjoint, un Secrétaire à l’organisation et à la mobilisation et son adjoint, un Secrétaire en charge des questions féminines et un Secrétaire chargé à la jeunesse. Je profite saluer Monsieur NARE Félix, président de l’association et dont l’indisponibilité actuelle pour répondre à vos questions m’oblige à prendre le relais.
Comment est venue l’idée de la création de votre association ? (Historique …)
Je dirai que c’est une longue histoire même si elle parait récente. Les premiers habitants de la cité des grâces se sont installés il y a une dizaine d’années, c’est-à-dire dans les années 2014-2015 si je ne m’abuse. A cette époque, il n’existait pas une flopée de sociétés immobilières privées au Burkina Faso en dehors des cités AZIMO et de la société Gelpaz Immobilier…Il fallait du courage et de la vision pour oser faire ce que les tout premiers résidents ont entrepris. Au fil du temps, les résidents ont commencé à croitre en nombre. Il se posait la question de la délivrance des services sociaux de base comme l’eau et l’électricité de même que l’aménagement réel du site notamment la question de la voirie. Nos contacts individuels avec le promoteur ne nous ont pas permis de résoudre ces difficultés existentielles. C’est ainsi qu’en mars 2018 nous avons décidé de formaliser en association un comité informel de discussion et de réflexion sur les préoccupations de notre cité.
Présentez nous brièvement la Cité les Grâces de Saaba ? Avez-vous une idée du nombre de résidents ?
L’Association des Résidents de la Cité des Grâces de Saaba en abrégé ARC-GS est situé dans la Commune de Saaba côté Est de l’Université Saint-Thomas D’Aquin (USTA) après le Centre de Formation Professionnelle des enseignants du Primaire (CFPP). La principale voie d’accès est justement celle qui passe devant l’USTA. L’association compte environ sept cents (700) résidents. Nous avons créé un groupe WhatsApp depuis mars 2018 et à la date d’aujourd’hui, 578 personnes sont inscrites et reçoivent régulièrement des informations concernant la cité. L’ARC-GS est organisée en Assemblée Générale, instance dans laquelle tous les résidents de la cité peuvent prendre la parole pour se prononcer sur la vie de la cité et décider des orientations à suivre, d’un bureau exécutif et d’une cellule sociale composée de six personnes de ressources désignées par le président de l’association en raison des valeurs de probité et de respect qu’ils incarnent au sein de la cité. Cette cellule est chargée de développer la solidarité et la fraternité entre les membres de l’association. En outre la cité est subdivisée en cinq (05) zones et chaque zone élit un responsable appelé « Responsable de zone » qui est en fait un relais du bureau exécutif proche des résidents. Je rappelle que l’objectif de notre association est de promouvoir le bien-être et le développement socio-économique de la cité en vue d’une meilleure contribution au plein épanouissement des familles résidentes, et ce à travers, l’amélioration du climat de sécurité et du cadre de vie, la consolidation des relations d’amitié, de fraternité, de solidarité et la promotion d’un développement endogène durable.

Quels ont été les problèmes rencontrés dès de départ ?
La principale difficulté dès le départ était surtout avec le promoteur. Nous étions perçus comme un syndicat ; malheureusement nous semblons toujours avoir cette perception de sa part alors que notre objectif c’est de promouvoir le bien-être et l’épanouissement des familles résidentes de la cité des grâces. Nous tenions au respect du cahier des charges par le promoteur (voirie, eau, électricité) mais le fait de nous mettre en association à entrainer des incompréhensions avec lui. Par ailleurs, plus la cité gagnait en nombre d’habitants, plus les problèmes devenaient nombreux. Il y a toujours des zones justement qui n’ont toujours pas tous les services sociaux comme l’eau et l’électricité. Malgré toutes les démarches entreprises par le bureau, ces difficultés ne sont pas entièrement résolues. En dehors de cela ; dès le départ, nous avons eu un esprit très collaboratif, un engagement téméraire et une solidarité agissante au sein de l’association.
Comment avez-vous pu résoudre ces problèmes ?
Communication et solidarité ont été les maitres mots. Nous avons toujours communiqué avec l’ensemble des résidents et nous n’avons jamais été déçus par leur accompagnement. Dès que nous rencontrions des difficultés les résidents étaient informés et tout de suite on sentait un engagement communautaire.
Quelles sont les activités que mènent votre association pour la bonne marche de la Cité ?
Il y a tellement d’activités que je crains d’en oublier en les citant. On peut retenir entre autres :
- les journées de salubrité et de plantation d’arbres ;
- les journées sportives (sport pour tous) ;
- la fête des tout-petits, une sorte de fête de fin d’année pour les enfants de la cité ;
- une journée festive dénommée « Un week-end plein rempli » au cours de laquelle les résidents animent des stands et des artistes sont invités ;
- l’organisation de la journée de la femme par les femmes de la cité ;
- une journée dédiée à la jeunesse pour assurer progressivement la relève au sein de la cité,
- une opération de permis de conduire avec des facilités octroyées aux résidents ;
- des cotisations et la mobilisation physique des résidents pour améliorer la voirie ;
- des actions pour la gestion des nuisances et des déchets ;
- la matérialisation des terrains pour les communautés religieuses ;
- des plaidoyers pour l’acquisition de l’eau et de l’électricité ;
- des plaidoyers pour l’amélioration de la couverture en réseau de télécommunication et de l’accès à internet ;
- des visites aux autorités locales (administratives, traditionnelles, FDS, centres de santé) ;
- la mise en place de commissions thématiques pour réfléchir sur des questions spécifiques telles que la sécurité.
- la participation aux évènements sociaux des résidents de la cité ;
- la formulation d’un Plan d’Actions 2023-2026 validé en Assemblée Générale.
Comment se passe le voisinage, la cohabitation au sein de la Cité ?
La solidarité des résidents autour des évènements sociaux (baptême, mariage, décès) est le point fort de la cohabitation entre nous. Il nous arrive très souvent d’être à plus de cent (100) voire plus à des évènements sociaux même en dehors de la cité. Nous avons assisté à des évènements sociaux par solidarité à un de nos membres ou nous étions plus nombreux que les résidents de la localité qui nous accueille (rire…). Quand ça se passe au sein de la cité on a parfois du mal à déchiffrer le nombre de résidents. Il faut vrai louer cette solidarité des membres de l’ARC-GS.
Il était entre temps question de l’eau et de l’électricité dans la cité. Ces problèmes ont-ils été résolus ?
Comme je l’ai dit plus haut, une bonne partie de la cité bénéficie déjà de ces services mais il reste encore certaines zones qui sont confrontées à ces difficultés d’approvisionnement. L’eau et l’électricité constituent des services minimums de base. Cette situation crée beaucoup de difficultés pour nous membres du bureau parce qu’elle peut développer un sentiment d’iniquité de la part de certains de nos membres. Pour nous, il n’y a aucune raison qui puisse justifier cela. Le cahier de charge du promoteur doit être respecté coûte que coûte. Nous sommes en discussion permanente avec ceux qui sont concernés. Là aussi il faut louer l’esprit de maturité de ces derniers. Les plaidoyers se poursuivent pour que ces résidents puissent entrer dans leurs droits.
Quels sont les défis qui restent à relever actuellement ?
Les défis restent nombreux. Sans être exhaustif, on peut citer entre autres la question de la sécurité, de l’éclairage public, de la principale voie d’accès à la cité et de la voirie de façon globale, de la délivrance des titres fonciers, du renforcement de liens de solidarité par des activités de rassemblement communautaire, la question des services sociaux de base comme l’eau et l’électricité qui reste problématique dans certaines zones et la question de la gestion et de la mise en valeur des terrains à usage collectif comme les domaines administratifs, les espaces verts et autres.
Qu’en est-il de l’opération de délivrance des titres fonciers lancée par le gouvernement pour ce qui concerne la Cité ?
En ce qui me concerne, je voudrais particulièrement féliciter le gouvernement pour cette opération qui vient à point nommé. Beaucoup de personnes étaient craintives quant à la sécurité de leurs possessions foncières. En facilitant les actes administratifs pour les terrains bâtis et non bâtis acquis auprès des promoteurs immobiliers, le gouvernement fait là une œuvre utile. Avec l’ensemble des premiers responsables des cités du promoteur, une concertation est en cours pour régler des difficultés spécifiques. Il s’agit par exemple des personnes qui ont acquis des logements avec le promoteur et qui n’ont pas fini de solder mais qui voudront profiter de l’opération pour avoir leur PUH et des personnes qui ont acquis indirectement des parcelles avec le promoteur (cas de rachat de parcelles).
D’autre part, il faut aussi souligner selon moi, que même si le gouvernement est à féliciter, il y a lieu de faire un plaidoyer. Le délai d’un mois parait très court pour de nombreux résidents. Dans un contexte de rareté des ressources, je plaide pour une prolongation du délai pour permettre à plus de personnes de bénéficier de cet avantage octroyé par le gouvernement car mobiliser entre 275 000 et 600 000 CFA, voire plus, en un mois, n’est pas donné à tout le monde.
Actuellement quels sont vos rapports avec le promoteur Abdoul Service ?
Ce sont des rapports parfois tendus mais sans rancune pour ce qui nous concerne. Nous demandons au promoteur de ne pas nous voir en ennemis. Grâce à lui beaucoup de gens ont accès à un logement décent. Nous voulons simplement que le contrat que le lie avec l’Etat et avec nous soit respecté pour le plein épanouissement des résidents. Il a même tout à gagner parce que ce sont les résidents eux-mêmes qui font la publicité à sa place. Lorsque les résidents reçoivent de la visite, les visiteurs sont étonnés du niveau d’investissement des acquéreurs de parcelles et de villas. Quand on dit qu’il s’agit d’un site de Abdoul Service, ils ne s’en reviennent pas. Le promoteur était tellement assailli par les demandes de terrains qu’il ne pouvait plus faire face aux sollicitations sur notre site. Par ailleurs, quand vous manquer de terrain pour le sport ou pour le culte vous ne pouvez que vous adresser au promoteur pour vous plaindre. C’est la loi qui prévoit ces espaces en cas de lotissement. Ce n’est pas une question de personne.
Pour conclure, avez-vous un appel à lancer aux résidents de votre Cité ?
Je voudrais d’abord remercier l’ensemble des résidents pour l’esprit de solidarité qui nous a toujours animé depuis la mise en place de l’association. Comme on le dit dans nos traditions « ton voisin est ton premier parent ». Si le hasard ou la providence a fait de quelqu’un ton voisin il faut travailler à en faire un allié. Pour moi, il y a aucune limite à rêver. Nous pouvons faire de cette cité l’une des plus attrayantes de notre pays. Nous pouvons par nos actions changer le visage des villes africaines. N’attendons pas tout de l’Etat. Commençons par éclairer la devanture de nos portes pour prévenir l’insécurité, désherbons et balayons devant nos concessions et le voisinage non habité pour plus de salubrité, réduisons la vitesse en circulation dans la cité et en empruntant la voie d’accès, plantons des arbres et des fleurs pour donner vie à la cité, soyons tolérant, aimant et courtois ; rendons nous visite, sortons nombreux aux activités organisées par le bureau pour manifester notre solidarité. Ces actions cumulées en plus des projets structurants proposés dans le plan d’actions de l’association feront de notre cité l’une des plus belles du pays. Pour terminer, je voudrais au nom du bureau exécutif remercier le journal en ligne REVEIL INFO pour l’attention portée à notre association.
Interview réalisée par Ben Alex

Un grand merci au SG de l’association de la cité de saaba 1 pour ses propos. La cité e est vraiment représentée. La solidarité est de taille et merci aussi a tous les résidents qui veillent a l’accomplissement de ses œuvres au quotidien
bonjour
merci et bonne journée