Burkina : Naaba Kango (1757-1787)
Naaba Kango, (mort en 1787) est connu comme le plus grand des souverains du Yatenga, l’un des premiers royaumes modernes du Burkina Faso actuel.
Il est né à Tougo Raguilma et est le fils de Naaba Nabasré. Sa mère, une fille retrouver dans la forêt et qui avait une sorte de folie fut remise à Naaba Nabasré qui la soigna jusqu’à ce qu’elle recouvre la santé puis l’a prise pour épouse. Elle tomba enceinte et sa grossesse dura trois (3) ans. Elle donna naissance à Naaba Kango qui eut pour nom de baptême Sibiri. Mais les femmes de la cour, vu le mystère de la durée de la grossesse lui donna le nom KINKIRGA.
Il fut envoyé à Naradb-Ganga à Kalsaka (environ 90km au sud-est de Ouahigouya) auprès du Naaba pour recevoir l’éducation princière. Lors d’une bagarre, son adversaire le blessa à la tête. Lorsqu’il a vu son sang, il blessa 30 enfants et les habitants demanda au roi de le ramener chez son père. Le roi se leva et prit l’enfant sur son cheval.
Arrivée chez Naaba Nabasré, il somma de dire au roi de Naradb-Ganga de tout faire pour que l’enfant ne voit ni lui son père ni sa mère et de l’amener à Sekba. Le roi continua avec KINKIRGA à Sekba, un village de Kossouka. Kango fit sept (7) ans à Sekba. Après les sept (7) ans, il décida un beau jour de Vendredi de rentrer. Il s’installa à Bisguin près de l’actuel Ouahigouya. Il eu pour ami Naaba Panandtougri de Lilgomdé et prépara avec lui la prise du pouvoir. Un jour de Vendredi, il fit une incursion chez le roi du Yatenga et prit la cour royale. Le roi s’enfuit et il devint roi du Yatenga pendant trois (3) ans.
À la troisième année, les Nakombsé se révoltèrent et prirent le pouvoir. Ils installerent Naaba Wobgo. KINKIRGA s’exila à Lougri où il fut hébergé par le Bouga (juge suprême chez les Mossi) dans le plus grand secret. Le Bouga l’héberga dans un « KANGO (arbre mystique) » pendant plusieurs jours. Il continua avec des voyageurs venu à dos d’âne jusqu’à Kanbo chez les Marancés où il décida d’y rester. Il demanda aux Marancés de l’aider car sa maison a été prise mais il n’est pas d’accord et il projete de reprendre sa maison. Le roi des Marancés lui dit de leur laisser le temps de se préparer et attendre le Vendredi.
Le jour du Vendredi, il égorga un coq 🐓 rouge qu’il découpa avec son plumage. Il fit coucher KINKIRGA, l’égorga et le découpa aussi. Il mit les deux dans un panier et couvra. Au septième jour, le coq sortit en premier et cria trois fois. S’ensuivit KINKIRGA habillé en papier avec une lance et un gourdin jonché de coris (porté à l’épaule par Naaba Kiiba 💪🏿🙏🏿, actuel roi du Yatenga). On l’acclama et lui dit de rentrer mais il dit que c’est pas suffisant.
Il continua à Ségou (dans l’actuel Mali) chez les Bambara où il fit treize (13) ans auprès du roi Bambara qui lui donna plus de pouvoir (il pouvait prendre l’apparence de beaucoup d’animaux sauvages et domestiques).
Il revint avec les troupes de Bambara maniant des fusils à silex, les premières armes à feu jamais enregistrées au Yatenga. Cet avantage technologique permit à KINKIRGA de gagner la guerre. Il prit le nom de Naaba Kango.
Il fonde la nouvelle capitale à Ouahigouya (Wahiguya) en 1780, et fit adopter des réformes pour renforcer l’autorité royale centrale aux dépens des nakomse.
Le roi des Bambara lui confia des bergers (habitants de Bangrin), des Forgerons (habitants de Kambondogo), un imam (dont les descendants sont les Traoré qui habitent Bobosin) et un cavalier (habitants de Rassogoma Bingo).
[…]
Avant sa mort, il dit de lui faire appel si toute fois le Yatenga est menacé.
» Mais nous sommes plus préoccupé à croire à des contes arabes plutôt qu’à nos propres contes ! »
Source : Tradition orale
Reveil-info toujours…
