Blé Goudé Charles Officiel :
« Je demande pardon au Président GBAGBO… Je souffre de ma séparation avec le Président Laurent GBAGBO. »
« J’aime le Président GBAGBO, je n’ai rien contre lui.
Pour rencontrer le Président GBAGBO, je suis allé voir le Pasteur DION — il est encore en vie. Je lui ai dit : “Est-ce que vous pouvez approcher mon père ? Je veux parler avec lui.”
J’ai écrit une lettre que j’ai remise au Professeur HUBERT OULAÏ, mais cela n’a pas marché.
Je me suis ensuite rapproché de tous les chefs coutumiers départementaux de Gagnoa, avec à leur tête BOGA. À ma demande, ils sont allés rencontrer le Président GBAGBO. À leur retour, ils m’ont dit : “Il a affirmé que tu ne lui as rien fait, et il s’organise pour te recevoir.”
Je leur ai répondu : “Ce n’est pas vrai, ça ne va pas se passer, parce que le programme d’une dame est en train de se dérouler.”
J’ai fait tout ce que je pouvais pour rencontrer le Président GBAGBO. Donc, les jeunes gens instrumentalisés sur les réseaux sociaux, qui disent : “Non, il n’a jamais demandé à rencontrer le Président GBAGBO”, ne savent tout simplement pas de quoi ils parlent.
Je ne suis pas leur ennemi. Il y a un complot contre la gauche ivoirienne. L’opposition est aujourd’hui à terre, et nous ne pouvons rien faire.
Quand les principaux acteurs de la gauche ne peuvent même plus s’adresser la parole… Nous qui nous réunissions, qui concevions ensemble, qui avons un parcours commun marqué par la douleur de l’histoire de la Côte d’Ivoire…
Aujourd’hui, qu’est-ce qui nous oppose fondamentalement ?
L’autre a peur de m’approcher, parce que s’il m’approche, il n’aura plus accès au Président GBAGBO. Un corridor a été installé, avec un guichet unique : si tu ne passes pas par là, tu ne peux pas avancer.
Demandez-leur tous : on se parle souvent en cachette. Voilà l’atmosphère qui a été créée.
En conclusion, je relance encore cet appel : je demande pardon au Président GBAGBO si je l’ai choqué, car je ne sais pas ce que j’ai fait. Mais je pense que je peux encore beaucoup lui apporter. Mettons-nous au-dessus de tout cela. Il demeure mon père.
Cela fait trois ans que je suis en Côte d’Ivoire, et on m’accuse de tous les maux d’Israël. Je n’ai jamais voulu parler, mais la rumeur court, elle court…
Le silence est d’or, c’est vrai. Mais le silence peut aussi être perçu comme de la trahison ou de la complicité ; il peut vous condamner. C’est pourquoi je veux éclairer la lanterne des Ivoiriens.
Durant toutes ces années, j’ai souffert, oui. Il y a des souffrances silencieuses qui détruisent plus que des bombes. Je souffre de ma séparation avec le Président Laurent GBAGBO, parce que j’ai beaucoup souffert avec lui.
Je ne dis pas que j’ai souffert pour lui : j’ai souffert pour mes idées, pour mon idéal. Les Ivoiriens en sont témoins. »
Source : Agence de presse régionale

