31 janvier 2026
Home » Un homme construit sa propre tombe moderne pour éviter un enterrement indigne

Dans le district de Kikuube, en Ouganda, l’histoire de Vianny Kanani suscite à la fois fascination et controverse. Cet homme de 80 ans, respecté dans son village de Rwemparaki, a entrepris un projet pour le moins exceptionnel : construire lui-même sa tombe, entièrement modernisée, afin de s’assurer un dernier repos qu’il juge « digne et confortable ».

Kanani affirme avoir été marqué par la manière dont certaines personnes sont enterrées dans sa communauté. Plusieurs obsèques qu’il a qualifiées de « honteuses et douloureuses » l’auraient poussé à agir.« Une fois, il pleuvait énormément, et le corps a été enterré dans l’eau », raconte-t-il. « Je ne peux pas vivre une bonne vie sur terre et finir dans la boue et l’obscurité pendant que d’autres profitent de ma richesse. » Déterminé à ne pas subir un « mauvais enterrement », il a démarré il y a deux ans la construction d’une sépulture hors du commun. Équipée de murs carrelés, d’éclairages solaires intérieurs et extérieurs, et surmontée d’une petite maison construite au-dessus de la chambre funéraire, la tombe ne laisse personne indifférent.

Jusqu’à présent, le projet lui a coûté environ 8 millions de shillings ougandais, et il estime qu’il lui faudra encore 4 millions pour le terminer. Dans le village, la structure attire tellement de curieux qu’elle est désormais considérée comme une « attraction touristique ».
« Les gens viennent la voir, car c’est très inhabituel », confie une habitante, Jane Birungi. « Il est tellement respecté qu’on le surnomme même le “maire” du village. »

Kanani ne souhaite laisser aucune charge financière à sa famille ou aux voisins. Il a donc ouvert un compte d’épargne spécialement destiné à ses funérailles.
« J’ai déjà économisé 2 millions de shillings, et je continue de déposer chaque mois », explique-t-il. Tout est planifié : son fils sait où se trouvent son testament et sa carte bancaire, et sera chargé d’exécuter ses volontés. Sa famille n’a pas accueilli l’idée avec enthousiasme. Ses deux épouses, Joyce Bampire et Goret Wembabazi, l’ont d’abord jugée « folle » avant d’accepter sa détermination.
Son fils Emmanuel Katete révèle que les divergences religieuses au sein de la famille ont aussi joué un rôle : beaucoup de leurs proches ont rejoint des confessions n’acceptant pas les tombes cimentées, tandis que Kanani, catholique fervent, voulait un tombeau moderne.

L’octogénaire insiste : il ne veut pas de larmes le jour de sa mort. « J’ai assez vécu. Quand je mourrai, que les gens abattent des vaches, jouent de la musique pendant deux jours et célèbrent mon repos. Je regarderai depuis ma tombe », dit-il en souriant. À Kikuube, le projet divise : certains y voient un caprice, d’autres une admirable préparation. Mais pour Vianny Kanani, le sens est clair : il veut simplement partir en paix, dans la dignité, sans imposer de charges ni subir un enterrement qui ne correspondrait pas à ses valeurs.

Source : afrikmag

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

error: Content is protected !!