18 mars 2026
Home » Lutte contre la corruption au Burkina : douaniers et magistrats épinglés : retour sur les révélations du KORAG

Lutte contre la corruption : le KORAG dévoile un vaste réseau impliquant des douaniers et des magistrats

Le KORAG a rendu public, le 12 novembre 2025, son communiqué n°03, dans lequel il met à nu de graves faits de corruption impliquant des agents des douanes et des magistrats. Le document dénonce une chaîne de dysfonctionnements ayant conduit à la manipulation d’un dossier judiciaire pourtant soutenu par des preuves irréfutables.

Des douaniers pris en flagrant délit de corruption

Selon le KORAG, tout est parti d’une enquête de l’Autorité supérieure de contrôle d’État et de lutte contre la corruption (ASCE-LC) sur des pratiques illégales au sein des douanes du Burkina Faso. Des agents auraient exigé des sommes d’argent à des transporteurs routiers pour laisser passer leurs camions, alors que ceux-ci avaient déjà été régulièrement dédouanés au bureau de Ouaga Inter.

Les faits remontent à mai 2021. À la suite des investigations, d’importantes sommes d’argent ont été découvertes dans les bureaux et domiciles des mis en cause. Deux douaniers, un inspecteur et un contrôleur sont d’abord épinglés, avant que onze autres agents ne soient interpellés pour des infractions similaires de corruption et de blanchiment de capitaux.

Douze témoins (transitaires, déclarants en douane, transporteurs et commerçants) ont confirmé avoir versé des pots-de-vin allant de 100 000 à 150 000 F CFA, sans quittance, aux agents concernés. Des images et vidéos montrant ces derniers en flagrant délit de corruption viennent appuyer les accusations.

Une affaire qui met en cause la justice

Malgré les preuves accablantes, le dossier transmis au pôle économique et financier (ECOFI) connaît une tournure inattendue. En juillet 2024, le juge d’instruction prononce un non-lieu au profit des douaniers mis en cause, décision confirmée par la Chambre d’instruction de la Cour d’appel le 27 août 2025.

Pour le KORAG, cette double décision « fait abstraction de la matérialité de l’infraction » et constitue un signal négatif pour la lutte contre la corruption. Pire encore, les mis en cause auraient réussi à obtenir, auprès de certains juges, l’identité des dénonciateurs, pourtant protégée par la loi. L’un des douaniers aurait même poursuivi son dénonciateur devant un juge qu’il aurait corrompu pour obtenir sa condamnation.

Un réseau de corruption au sein de la Cour d’appel

Les suites de cette affaire révèlent l’existence d’un vaste réseau de corruption au sein de la Cour d’appel de Ouagadougou. Selon le communiqué, dix magistrats (présidents de chambre, procureurs, substituts, juges d’instruction, juges au siège) et un avocat sont désormais mis en cause.
Les enquêtes menées en octobre 2025 ont permis de découvrir que d’importantes sommes d’argent ont circulé pour influencer les décisions judiciaires, faussant ainsi l’instruction et le jugement du dossier initial.

Le KORAG hausse le ton

Face à ces révélations, le KORAG se veut ferme : aucune tolérance ne sera accordée aux auteurs et complices de ces pratiques. « Nous accentuerons la lutte contre la corruption et l’impunité des acteurs judiciaires en exigeant le respect strict des règles d’éthique et de déontologie », souligne le communiqué.

L’organe promet des sanctions disciplinaires et des poursuites judiciaires contre les magistrats et autres acteurs impliqués. Il dénonce également les campagnes de désinformation menées, selon lui, par certains médias occidentaux, notamment français, qui chercheraient à « détourner l’attention de l’opinion ».

Vers une moralisation du système judiciaire

Le KORAG rappelle que la justice occupe une place centrale dans la refondation de l’État et dans la protection des droits et libertés. Pour cela, il invite les Burkinabè à rester vigilants et à soutenir la lutte contre la corruption, quel qu’en soit le niveau.

« Engagés dans la Révolution progressiste et populaire conduite par le camarade président Ibrahim Traoré, nous devons bâtir une société burkinabè digne, intègre, juste, prospère et souveraine », conclut le communiqué.

Justice Infos Burkina

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