Patrick G. Ilboudo le père de notre hymne national.
Né le 18 février 1951 à Bilbalgo à Ouagadougou, Patrick Gomdaogo Ilboudo a été un écrivain qui, a su, par ses nombreux écrits monter au firmament de la littérature burkinabé . Ce qui lui a valu l’obtention de nombreux prix au plan national et international. Après avoir fréquenté l’école primaire publique de Baoghin puis le collège privé Laurent Gilhat (actuel Lycée Saint-Joseph), Patrick G. Ilboudo dut interrompre ses études secondaires après le BEPC pour travailler afin de payer les classes suivantes qu’il acheva au Collège privé Volta (actuel Groupe scolaire le Plateau) par l’obtention de son baccalauréat en 1975. Il s’inscrit ainsi à l’Université de Ouagadougou au département de Lettres modernes d’où il obtient sa licence en 1978, puis une maîtrise en 1979 avant de rejoindre « l’Institut français de presse » (IFP) de Paris qu’il fréquente pendant l’année universitaire 1979-1980.
En 1983, Patrick G. Ilboudo soutient sa thèse de doctorat du 3e cycle en Sciences de l’information et de la communication à l’Université Panthéon-Asas avec pour thème « La politique française vue par les journaux africains à partir de Ehuzu, Fraternité matin, L’Observateur Paalga et Jeune Afrique ».
Après avoir connu une vie scolaire et universitaire très mouvementée, il a dû interrompre pour travailler en tant que manutentionnaire et percepteur.
Malgré tout, il ne s’est jamais retrouvé au bout de ses forces. Après sa thèse de doctorat, Patrick G. Ilboudo a été sollicité par l’hebdomadaire international » Jeune Afrique » mais il a préféré rentrer au Burkina Faso pour faire valoir ses connaissances. Après beaucoup de péripéties, il a été ainsi nommé en 1983 comme assistant à l’Institut africain d’études cinématographiques (INAFEC) à l’Université de Ouagadougou. Il enseigna à l’INAFEC jusqu’en juillet 1985 date à laquelle il est nommé à la représentation de l’UNICEF à Ouagadougou comme chargé à l’information.
Très tôt sensibilisé aux problèmes de la société à travers sa propre expérience, Patrick G. Ilboudo a voulu se mettre au service de l’homme. C’est ainsi qu’en 1983, il créa le Mouvement voltaïque contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples (MOVRAP).
En 1984, le MOVRAP devient MOBRAP lorsque la Haute-Volta devenait Burkina Faso. Le MOBRAP a été le premier mouvement associatif à caractère humanitaire international au Burkina.
En tant qu’homme de lettres, Patrick Ilboudo est venu naturellement dans l’écriture. En effet, outre sa formation universitaire, les problèmes de la société burkinabé lui ont servi de sources d’inspiration. Ces problèmes tournaient autour de l’injustice, de la corruption de la pourriture. Patrick Ilboudo fut de ceux là pour qui il faudrait faire un « toilettage » de la société. Ce terme sera repris dans son roman « Les carnets secrets d’une fille de joie » publié en 1988.
En 1990, Patrick Ilboudo a initié la création au Burkina Faso, de la Mutuelle pour l’union et la solidarité des écrivains en abrégé (MUSE) et ce, avec d’autres écrivains notamment Norbert Zongo, Ignace A. Hien… Avec comme président-fondateur Patrick Ilboudo, la MUSE avait pour objectif principal de régler l’épineux problème d’édition des œuvres.
Auteur de l’hymne national du Burkina Faso, Patrick G. Ilboudo à tiré sa révérence le 28 février 1994 à l’âge de 43 ans.
Il fallait être un grand homme pour pouvoir s’accorder avec SANKARA sur un texte de cette extrême importance !
Il est aussi l’auteur de « carnet secret d’une fille de joie », « Le héros têtu ».
Les buissons cachent la perdrix mais ne peuvent pas insonorisés ces cris, la mort englouti l’homme mais n’engloutit pas son nom et sa réputation. L’homme doit apprendre à ériger des ouvrages qui tutoie avec éloquence le poids des âges. Et Patrick Gomdaogo Ilboudo en un une belle illustration.
Martial Rigobert Tiendrebeogo
Reveil-info
