31 janvier 2026
Home » Au palais de Justice: elle reussit à escroquer 2 870 000 FCFA à un policier

Le Tribunal de grande instance de Banfora a jugé, au cours de son audience correctionnelle du 22 juillet 2025, une femme mariée poursuivie pour escroquerie portant sur la somme de 2 870 000 francs CFA, au préjudice d’un agent de la police nationale.

Deux ans de prison, dont un an ferme. C’est la peine infligée à Aïcha (nom d’emprunt), commerçante mariée et mère de trois enfants, reconnue coupable d’avoir escroqué Malik (nom d’emprunt), policier en service. En plus de la peine d’emprisonnement, le tribunal l’a condamnée à une amende de 1,5 million de francs CFA et au remboursement intégral du préjudice pour dommages et intérêts.

Une affaire née d’une relation amoureuse

Tout commence en mars 2025, lorsque Malik fait la connaissance d’Aïcha. Quelques jours après le début de leur idylle, la dame l’informe qu’elle est enceinte. À partir de ce moment, les demandes d’argent vont s’enchaîner.

Aïcha lui confie qu’elle souffre d’hypertension, ce qui rendrait difficile le déroulement de sa grossesse. De plus, Malik, déjà marié et père de famille, ne souhaite pas que son épouse découvre cette situation. C’est alors Aïcha qui propose un avortement. Le policier, qui dit n’avoir aucune expérience en la matière, se laisse guider.

Elle lui fait croire qu’elle connaît quelqu’un à Bobo-Dioulasso pouvant l’aider. Il lui remet 200 000 francs CFA pour la procédure. Mais au retour, Aïcha prétexte des complications post-avortement et réclame 600 000 francs CFA pour « laver son ventre », une somme que Malik s’empresse de trouver.

L’histoire ne s’arrête pas là. La commerçante affirme ensuite avoir oublié son dossier médical à Bobo-Dioulasso, où sa sœur l’aurait trouvé. Cette dernière, dit-elle, menace de la dénoncer à la justice pour interruption volontaire de grossesse, un acte puni par la loi. Le piège se referme encore un peu plus.

Aïcha sort alors le grand jeu : elle prétend connaître un juge à Banfora capable de régler la situation. Elle décline même son nom, envoie un message de salutation au magistrat, fait une capture d’écran avant que ce dernier ne le lise, et supprime le message. Elle envoie ensuite la capture d’écran à Malik comme preuve de l’échange. Le policier, soucieux d’éviter un scandale, lui remet 1 million de francs CFA.

Un dernier coup raté… puis l’arrestation

Pour clore le stratagème, Aïcha tente une dernière escroquerie : 100 000 francs CFA et un coq pour un prétendu rituel de réparation de faute au village. Cette fois, Malik doute et décide d’en parler à sa hiérarchie. L’hypothèse d’une arnaque est rapidement évoquée, et une enquête est ouverte.

Interpellée, Aïcha commence par nier, prétendant avoir été réellement enceinte. Mais rapidement, elle passe aux aveux au commissariat. Présentée au procureur, puis devant la barre, elle reconnaît les faits sans détour.

De son côté, Malik, visiblement honteux, s’interroge : « Monsieur le président, il faut être dedans pour comprendre ce qui s’est passé », lâche-t-il au juge, qui peine à croire qu’un policier se soit laissé berner de la sorte.

Le verdict

Dans ses réquisitions, le parquet a demandé que la prévenue soit reconnue coupable et condamnée à 24 mois de prison dont 12 mois fermes, assortis d’une amende de 1 million de francs CFA.

Le tribunal a suivi en partie ces réquisitions, retenant la culpabilité d’Aïcha. Il l’a condamnée à 24 mois de prison dont 12 mois fermes, à une amende de 1,5 million de francs CFA, ainsi qu’au versement de 2 870 000 francs CFA à Malik au titre des dommages et intérêts.

Source : Wangola Médias

Justice Infos Burkina
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