26 mars 2026
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Il y a 40 ans, l’assassin-at de Valentin Kinda bouleversait la Côte d’Ivoire

ABIDJAN — Ce fut un lundi de Pâques tragique. Le 8 avril 1985, à 20h45, le fondateur des Établissements Valentin, figure emblématique de la restauration ivoirienne, tombait sous les balles d’un inconnu, en plein cœur de Marcory. Quarante ans après, le mystère demeure.

Un empire bâti à la force des bras
Né en 1938 au Burkina Faso, Valentin Kinda quitte son pays natal à l’âge de 17 ans pour rejoindre Abidjan, alors en pleine expansion. Employé comme plongeur au domicile du directeur de la « Brasserie de France », il gravit les échelons durant quinze années de labeur — blanchisseur, puis aide-cuisinier — avant de fonder, en 1970, une petite entreprise de restauration. Quinze ans plus tard, les Établissements Valentin sont devenus un véritable empire. Sous sa direction, le groupe gérait plusieurs enseignes : l’hôtel-bar-restaurant Hibiscus à Marcory, le restaurant Chez Valentin sur l’avenue 16, et le snack La Bonne Cuisine à Treichville. À cela s’ajoutaient des services de restauration dans de grandes structures comme la SIR, SHELL, la BAD, POSTEL 2001, ainsi que dans plusieurs établissements techniques à Bassam et Yamoussoukro. Au total, près d’un demi-million de repas étaient servis chaque année.

Un meurtre en pleine lumière
Le soir du drame, un homme entre dans le bar de l’hôtel Hibiscus. Il demande expressément à parler à Valentin Kinda ou à son bras droit, Macaire Ouédraogo. Après un bref échange, Kinda accepte de le rencontrer. Quelques minutes plus tard, alors qu’il raccompagne l’inconnu vers la sortie, celui-ci sort un pistolet calibre .38 et ouvre le feu à bout portant. Trois balles atteignent Kinda au cœur. Il s’effondre. Le tueur s’échappe aussitôt à bord d’une Toyota Cressida, conduite par des complices.

Une piste politique brûlante
Les autorités excluent rapidement l’hypothèse d’un simple braquage. Selon la presse locale, les circonstances laissent penser à un assassinat commandité. La tension monte lorsque le nom de Macaire Ouédraogo refait surface. Ancien candidat à la présidence de la Haute-Volta (l’actuel Burkina Faso) en 1978 et opposant notoire au régime en place, Ouédraogo aurait pu être la véritable cible. Pour les enquêteurs ivoiriens, la piste d’une implication étrangère — et en particulier burkinabè — devient une hypothèse sérieuse.

Furieux, le gouvernement burkinabè exige des preuves et somme la Côte d’Ivoire de cesser les accusations jugées « gratuites ». En retour, Abidjan rétorque n’avoir « de leçons à recevoir de personne ». Quelques jours plus tard, Ouagadougou rappelle son ambassadeur. La tension diplomatique est à son comble.

L’héritage d’un pionnier. Quatre décennies se sont écoulées, et l’enquête n’a jamais abouti. Mais dans la mémoire collective ivoirienne, Valentin Kinda demeure le symbole d’une réussite arrachée à la sueur et au courage. Il a prouvé qu’un immigré pouvait bâtir un empire culinaire, avec pour seule arme son ardeur au travail

Houphouetology
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Pour en savoir plus…. https://www.thomassankara.net/rapport-de-la-commission-de-reconciliation-nationale-fevrier-2000/

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