Quand la Guinée a voté « Non » à la Communauté franco-africaine, et « Oui » à l’indépendance immédiate, le Général de GAULLE a tenu les propos ci-après: » Alors, que la Guinée prenne son indépendance. Mais, qu’elle la PRENNE AVEC TOUTES SES CONSÉQUENCES ». Le Général fit ainsi rapatrier toute l’administration française présente en Guinée, (militaires, enseignants, médecins, ingénieurs,…), brûla les billets de banque, et ramena en métropole tout son matériel militaire, agricole, hospitaliers, et de bureau. Ce qui ne pouvait pas être rapatrier, fut brûler sur place.

Mais, la Guinée pouvait compter sur la jeunesse panafricaine de l’époque. La Guinée pouvait compter sur le leadersphip éclairer d’un Voltaïque. En effet, un Voltaïque mobilisa l’élite africaine des années 1950, pour « aller sauver la Guinée » et montrer à la métropole que l’Afrique pouvait assumer son indépendance. Ci-dessous, le témoignage d’un nigérien de cette époque:
Extrait de SEEDA, journal nigerien, N° 66; Août-Septembre 2021, pp. 8-9. Le témoignage du Sultan Djermakoye. « Après la victoire du Non a u R é f é r e n d u m d u 2 8 septembre et la proclamation de l’indépendance de la Guinée, j’ai participé à Paris à une réunion dirigée par Jean Paul SARTRE et Frantz FANON. Au cours de la réunion, il a été question d’aller aider la Guinée. Voilà comment nous sommes partis en Guinée. Personnellement je devais valider ma 4ième année de pharmacie à l’Université de Paris, mais j’ai suivi le mouvement. Parmi les nigériens il y avait Abdou Moumouni Dioffo, Boubacar BA et moi même. Au total nous étions 92 africains et c’est Joseph KI-ZERBO qui étaient notre chef de file. A notre arrivée nous avions demandé à rencontrer le président Sékou Touré qui nous a reçus avec des larmes d’émotions. Il nous a dit que son problème c’est qu’il n’a pas de quoi nous payer car les français avaient brulé tous les billets de banque. C’est ainsi que KI-ZERBO lui a répondu en disant : Mr le président pour être payé, il faut être recruté. Nous n’avons pas besoin de salaire, bien au contraire c’est à nous de vous payer Mr le président car vous venez de réaliser notre rêve. Tout ce que nous demandons, ce sont des logements. Le président Sékou Touré éclata de rire en nous disant que les colons n’ont pas pu mettre leurs logements dans les bateaux. Voilà comment nous avons hérité des logements des français qui étaient partis. Je reviens sur le cas de Boubacar Ba. C’est nous qui lui avons dit de retourner en France. Moi j’étais pharmacien à l’hôpital de Conakry. Pour 800 lits y’avait un médecin Mr Akar libano-guinéen et un pharmacien (moi même) ».
Archives Burkina
APAB
Reveil-info
