Le Président de la Transition du Mali, le Général Assimi Goïta, se rendra ce samedi 21 juin en Russie pour une visite officielle de six jours, à l’invitation du Président Vladimir Poutine. Ce déplacement bilatéral représente un moment déterminant pour le renforcement des liens entre les deux nations, dans un contexte mondial de plus en plus multipolaire.
Une relation de confiance solidifiée
Cette visite fait suite aux engagements pris lors du Sommet Russie-Afrique à Saint-Pétersbourg en juillet 2023, où les deux leaders ont commencé à bâtir un partenariat stratégique. Depuis 2021, le dialogue de haut niveau s’est intensifié. On se souvient notamment de la venue du ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, à Bamako en février 2023, celle du Vice-ministre de la Défense de Russie en mars 2024, et celle du Vice-Premier ministre Alexandre Novak en novembre 2024. Ces rencontres ont conforté une « relation de confiance mutuelle » et permis de renouveler leurs engagements communs.
Objectifs principaux : politique, sécurité et économie
Le communiqué de presse officiel souligne trois objectifs principaux pour cette visite :
Politique/Diplomatique : Renforcer le partenariat stratégique grâce à des sommets bilatéraux réguliers et la reprise des consultations diplomatiques.
Sécurité : Poursuivre et intensifier la coopération militaire déjà en croissance. Les livraisons de matériel (dont des équipements aériens), la formation du personnel et l’entrée en vigueur de l’Accord de coopération militaire en janvier 2025 sont des résultats importants. La visite vise à « valider les modalités » du soutien russe pour l’amélioration des capacités de sécurité du Mali face aux enjeux régionaux.
Économie/Commerce : Faire de la Russie un « partenaire de choix » économique pour le Mali. Il s’agit d’accroître fortement le volume des échanges, actuellement stimulés par les expéditions russes de blé (50 000 tonnes), d’engrais (30 000 tonnes), d’hydrocarbures (17 000 tonnes) et d’huile de tournesol (dont un récent don de 2 millions de dollars). Des accords dans les domaines de l’énergie (y compris nucléaire à usage pacifique), des transports, des minerais, de l’agriculture et des technologies innovantes sont attendus.
Réalisations et perspectives concrètes
Plusieurs structures ont été mises en place pour soutenir cette collaboration : -La Commission intergouvernementale sur la coopération commerciale, économique, scientifique et technique Mali-Russie, pour renforcer le cadre économique et rapprocher les entreprises des deux pays.
-Le Groupe de travail sur la Coopération économique, commerciale et d’investissement, dont la première session en avril 2025 à Bamako a approuvé des projets comme des partenariats industriels (KAMAZ, UAZ), des projets miniers conjoints et la modernisation numérique de l’administration du Mali.
-La Russie a offert 290 bourses pour l’année académique 2025-2026 (Licence, Master, Doctorat).
Une portée stratégique
Cette visite est d’une « très grande importance » pour le Mali, qui vise une « autonomie stratégique », et pour la Russie, qui cherche à renforcer ses partenariats avec le Sud global. Elle devrait déboucher sur la signature d’accords par les ministres concernés et mettre le Mali « au centre de l’actualité internationale ». Elle arrive également pendant la première présidence du Mali au sein de la Confédération AES, peu après la visite en Russie du président burkinabè Ibrahim Traoré en mai 2025. Elle symbolise la diversification des alliances initiée par Bamako et son intégration dans un monde multipolaire.
T.Sindy/Malijet.com
Source : Malijet
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