Les 3 et 4 juin 2025, le procureur du Faso près le Tribunal de grande instance de Bobo-Dioulasso a été informé de cas de fraude dans plusieurs centres de composition de l’examen du BEPC, notamment au Lycée Municipal Sanny Sanon (LMSS), au Lycée Mixte d’Acarville, ainsi qu’au Lycée de Peni et au Lycée de Dô.
À la suite de ces signalements, deux candidats, l’un du LMSS et l’autre du Lycée Mixte d’Acarville, ont été interpellés et placés, le 5 juin 2025, à la Maison d’arrêt et de correction de Bobo-Dioulasso (MACB) en attendant leur jugement.
Les deux élèves auraient utilisé des modes opératoires différents pour tricher. Le premier se faisait aider par une intelligence artificielle, notamment ChatGPT. Il prenait une photo de l’épreuve qu’il envoyait à l’IA, laquelle lui proposait des éléments de réponse. Le second candidat, quant à lui, participait à un groupe WhatsApp dénommé « Secret d’un peuple », composé de 14 membres. L’administrateur du groupe, situé hors de la salle d’examen, recevait les épreuves envoyées par les autres membres, puis proposait les réponses dans le groupe.
Selon le procureur, les enquêtes se poursuivent pour identifier d’autres fraudeurs potentiels dans les autres centres de composition.
Le procureur rappelle que les fraudes aux examens et concours publics sont réprimées par l’article 376 du Code pénal burkinabè. L’alinéa 4 dudit article définit comme fraude toute pratique visant à :
– transmettre, communiquer, diffuser ou vendre des épreuves, leurs corrigés ou leurs solutions ;
– substituer lesdites épreuves, les résultats ou les listes de candidats ;
– modifier par rajout ou retrait des notes ou des noms sur les listes ;
– communiquer un code ou signe pour identifier certains candidats et leur attribuer une note non méritée ;
– corrompre tout acteur du processus (correcteur, surveillant, examinateur, etc.) ;
– exercer un chantage sur les personnes impliquées dans l’organisation ;
– utiliser frauduleusement tout moyen de communication.
L’alinéa 1 du même article prévoit que :
« Est puni d’une peine d’emprisonnement de six mois à trois ans et d’une amende de cinq cent mille (500 000) à trois millions (3 000 000) de francs CFA, quiconque, par tout moyen et sous quelque forme que ce soit, commet une fraude dans ou à l’occasion d’un examen ou d’un concours public ayant pour objet l’entrée dans une administration publique ou l’obtention d’un diplôme officiel. »
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