Le lundi 12 mai 2025, la chambre correctionnelle du tribunal de grande instance de Bobo-Dioulasso s’est penchée sur un dossier opposant Ardjouma (nom d’emprunt), enseignant, à Marie (nom d’emprunt), co-fondatrice d’une école primaire. Elle était poursuivie pour dénonciation calomnieuse et diffamation, après avoir, selon l’enseignant, affirmé aux policiers qu’il détenait du cannabis, et informé ses élèves qu’il était un drogué.
Tout remonte à janvier 2025. Ardjouma affirme que ses ennuis ont commencé après une inspection du travail qui aurait mis en lumière des dysfonctionnements dans l’établissement. Il dit avoir été le seul enseignant à oser les dénoncer. Il soupçonne donc la fondatrice de s’être vengée en l’accusant à tort : « Elle a manigancé pour salir mon image. Elle m’a chassé et a dit à la police que je détenais du cannabis. »
De son côté, Marie rejette les accusations : « Ardjouma n’a pas été licencié. Il a quitté l’école de lui-même après un échange que nous avons eu suite à des remarques sur son comportement. C’est après son départ qu’une substance suspecte a été trouvée dans un livre, dans un carton, dans la salle qu’il partageait avec une autre enseignante. Par prudence, nous avons demandé à la police d’en vérifier la nature. Je n’ai jamais cité son nom. »
Les témoignages du directeur et de l’enseignante confirment qu’une enveloppe contenant une substance a été retrouvée dans la classe de CM2, mais aucun d’eux n’affirme que Marie ait directement accusé Ardjouma.
L’enseignant, constitué partie civile, a réclamé 2 millions F CFA pour préjudice moral et demandé une lettre de félicitations pour le travail accompli. Une requête qui a suscité la surprise du président du tribunal : « Où est-il écrit qu’un enseignant doit obligatoirement recevoir une lettre de félicitations ? » a-t-il lancé. Ardjouma n’a pu apporter de réponse.
Dans son réquisitoire, le procureur a estimé que les infractions n’étaient pas constituées, car aucune preuve ne permettait de dire que la fondatrice avait explicitement désigné l’enseignant comme auteur des faits. Il a donc requis la relaxe.
Avant le verdict, Marie, émue, a exprimé ses craintes : « J’ai accordé beaucoup de faveur à Ardjouma. Vu son acharnement, je crains pour ma sécurité. »
Le tribunal a suivi le parquet en relaxant la co-fondatrice pour infraction non constituée. La constitution de partie civile d’Ardjouma a été jugée irrecevable et non fondée.
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