Fraîchement réélu à la tête de la République du Ghana, le Président John Dramani MAHAMA a hérité de son prédécesseur, le brûlant dossier de la rupture entre la Communauté Économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et sa branche dissidente et montante de la Confédération des États du Sahel (AES). Toutefois, si son prédécesseur s’était affiché comme un membre de l’aile dure de la CEDEAO contre l’AES, lui a manifesté à l’égard de la seconde, ce depuis sa reprise de fonction présidentielle, des signes de sympathie et d’amitié.
La présence triomphale du Capitaine Ibrahim TRAORÉ à l’investiture d’Accra.
À l’aimable invitation de John Dramani MAHAMA, le Capitaine Ibrahim TRAORÉ, Président du Faso, s’est rendu à Accra le 7 janvier 2025 pour assister à sa cérémonie d’investiture. De tous les chefs d’État et de représentants de chefs d’État présents, il fut le plus acclamé. Signe de la popularité au-delà de ses frontières nationales, du jeune révolutionnaire africain, héritier du tout autre populaire et révolutionnaire burkinabè Thomas SANKARA. Cette visite était déjà un signe annonciateur de la bonne entente entre le nouveau président ghanéen et son homologue burkinabè en particulier et ses homologues de l’AES en général.
La mission de recollage des morceaux.
À ses homologues de la CEDEAO, le Président ghanéen a montré sa disponibilité et sa disposition à oeuvrer au retour des trois États frères de l’AES. En visite à Abidjan le 5 mars dernier, il a reçu officiellement du Président ivoirien Alassane OUATTARA, la mission de médiateur pour une réintégration des trois États. « Nous sommes mieux à quinze qu’à trois » avaient alors affirmé en chœur les deux chefs d’État.
Une mission plus fructueuse pour le Ghana que pour la CEDEAO.
Fort de la mission à lui confiée par le Président OUATTARA, John Dramani MAHAMA a fait le tour des trois États de l’AES du 8 au 10 mars. Ce que l’on retient et qui n’a échappé à aucun observateur, est qu’au menu des discussions et des déclarations, se trouvaient plus les questions de coopération bilatérale notamment économique et sécuritaire entre le Ghana et chacun des trois pays. Il a proposé entre autres :
– L’établissement par une compagnie aérienne ghanéenne d’une ligne directe quotidienne entre Accra et Ouaga.
– L’accès de l’AES aux ports ghanéens de Takoradi et de Tema.
– La nécessité d’une coopération militaire face au défi sécuritaire commun.
Partout, il a moins évoqué la réintégration de l’AES dans la CEDEAO que la nécessité d’une collaboration entre les deux blocs sous-régionaux. Mieux, à Niamey, il a évoqué avec le Général Abdourahamane TIANI, le besoin de collaboration voire de reconnaissance de l’AES par la CEDEAO.
Le pragmatisme de John Dramani MAHAMA
Tout porte donc à croire que le Président ghanéen, mis en mission par ses pairs de la CEDEAO a jugé bon de se mettre lui-même en mission au service de sa patrie. A-t-il tort ? En homme intelligent et pragmatique, n’a-t-il pas réalisé que l’AES était un processus irréversible, acté, dont chaque pays de la CEDEAO moribonde se doit désormais de tirer profit à travers un partenariat gagnant-gagnant ?
Par Jean- pierre Doubahi
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Article bien ecrit…