Faut-il choisir entre vision techniciste ou humaniste du développement? C’est en ces termes que le philosophe Jacques Nanema interroge les sociétés contemporaines.
A mon sens, il y a sans doute une opposition purement conceptuelle. La technicité et l’humanisme sont complémentaires. Est-il possible d’avoir une vision techniciste sans humanisme?
Joseph Ki Zerbo qui a théorisé le développement endogène se situe dans laquelle des visions? Je répondrai, en disant un peu des deux. Celui qui a créé le scanner dans le domaine de la santé se situe-t-il à quel niveau? Les savants africains, détenteurs de savoirs endogènes qui traitent des maladies incurables et dont on parle très peu, sont-ils dans la technicité ou l’humanisme? Ces derniers qui ne prennent souvent aucun kopek quand ils vous ont aidé à recouvrer la santé sont sans doute plus proches de cette vision humaniste du développement.
La question fondamentale pour parler comme le philosophe c’est dire ce que l’on entend par le mot développement. L’erreur pour les sociétés contemporaines c’est d’être contraintes à ne pas avoir la possibilité de se définir le contenu du mot développement. L’occident ayant imposé sa propre vision. Nous (je veux dire Africains) devons-nous arrêter, et définir le développement à partir de nos cultures et notre trajectoire historique, celle qui ne s’écrit pas pour compter de la colonisation. L’Afrique précoloniale est une source d’inspiration dans de nombreux domaines pour nous et pour le monde! Évidemment, il ne s’agit pas de tout rejeter, car toutes les sociétés, pour se développer ont fait des emprunts.
PS: Bien vouloir vous rendre sur la page du Prof Jacques Nanema . Lire aussi la réaction de mon frère Harouna Kabore Officiel
