Après un séjour de plus de 3 semaines aux USA, il a accepté rencontrer reveil-info.net pour échanger sur ce son voyage et sur d’autres sujets non moins importants, comme la vie de son association, la presse burkinabè, les réseaux sociaux…Mahamadi Ouédraogo, Mdi pour les intimes, commence d’abord par se présenter.
Je suis Mahamadi Ouédraogo, communicateur et maître de cérémonie. Je suis le Président de l’Association Utile, une association créée pour soutenir le don de soi et agir pour l’environnement et l’assainissement dans notre pays. Je suis rêveur d’un monde de paix et de respect des valeurs humaines. Je fais de chaque jour, une opportunité pour prendre la vie du bon côté.
Vous êtes responsable de l’association « Être utile, Agir utile ». Présentez nous brièvement cette association ?
C’est l’idée d’un groupe de jeunes qui a compris que le meilleur d’entre les hommes est celui qui est le plus utile aux autres. L’association vise comme objectif de promouvoir le don de soi, de renforcer le goût de l’engagement communautaire et de préserver notre environnement. Autour de nous, il y a tellement de défis à révéler, qu’il y a forcément quelque chose à faire pour améliorer la vie des autres.
Quelles sont les activités que vous avez déjà menées sur le terrain ?
Nous avons commencé avec le nettoyage du commissariat de Sig Noghin, de la gendarmerie de Tampouy, du palais de Justice, des caniveaux sur l’avenue Bassawarga, d’un don à l’école maternelle de Ouagadougou, une plantation d’arbres à Bassinko, le long des rails à Tampouy, les caniveaux face au service d’hygiène de Ouagadougou, le cimetière de Tanghin, le pont de Boulmiougou, le commissariat de Pô entre autres. Pour chaque activité nous organisons un repas communautaire afin de contribuer à renforcer nos liens d’amitié et soutenir l’esprit de famille. L’essentiel pour nous c’est la participation et l’esprit d’être utile et d’agir utile pour les autres.

Comment les gens jugent vos actions sur le terrain ?
Nous avons des retours positifs. Les messages d’encouragement viennent de partout et cela est une source de motivation. J’ai participé à plusieurs initiatives communautaires et certains organisateurs ne cessent de me dire que notre association est une source de motivation. Je croise également des entreprises qui nous promettent un accompagnement si jamais cela est possible à leur niveau. Chaque fois que nous organisons une activité ou même après, plusieurs commentaires nous donnent de la force et de l’énergie pour continuer. Avec l’existence de l’initiative présidentielle pour le développement communautaire, on espère avoir plus de dynamisme se le terrain de l’assainissement de nos villes.
Vous étiez récemment aux USA. Ce voyage se situe dans quel cadre ?
Tchieeé, donc vous êtes au courant de ça ? Rire. J’ai été aux USA dans le cadre du IVLP (International Visitor Leadership Programme). Un programme du Département d’Etat américain qui consiste à offrir des séjours tout frais payé à des personnes qui impactent positivement leur communauté. Chaque année c’est près de 5000 personnes qui sont sélectionnées dans le monde pour ce type de visite. C’est un programme pour lequel on ne postule pas, ce sont les ambassades des USA dans les pays qui identifient les bénéficiaires et mettent tout ce qu’il faut pour la participation. Dans mon groupe, nous sommes une douzaine de bénéficiaires venus de 10 pays. Nous avons fait un séjour de 3 semaines. On a visité Washington DC, Buffalo, Milwaukee, Colorado Springs et Denver. C’était un voyage dans l’histoire et la culture des USA sous le thème de la lutte contre l’extrémisme violent.
Avez-vous tiré des enseignements de ce voyage ?

J’ai déjà beaucoup d’enseignements et c’est clair que je ne pourrai pas tout dire ici faute de temps mais aussi ça sera très long. Je pourrai en parler des jours et même des mois durant. D’abord sur le plan environnemental, toutes les villes visitées sont propres avec de la verdure partout. Les gens sont tolérants en circulation et partout la culture de la citoyenneté peut bien être observée. Ensuite j’ai rencontré des personnes extraordinaires très motivées et très engagées au service de paix et du développement de leur communauté. J’ai été accueilli dans des familles volontaires et cela a été vécu avec beaucoup d’émotions et de gratitude. Durant ce voyage, on avait suffisamment d’arguments pour reconnaître que les USA sont vraiment une grande Nation. Mes yeux ont vu et ce n’est pas pour faire le malin. Quand on veut, on peut.
Vous êtes aussi un homme des réseaux sociaux. Comment jugez vous l’utilisation de ces réseaux au Burkina ?
Les réseaux sociaux font parties des moyens et des canaux d’expression de notre époque. Ils ont leurs avantages mais aussi leurs inconvénients. Ce qui est évident c’est que chacun sait ce qu’il est venu chercher sur les réseaux sociaux et chacun fait les choses selon ses choix. Moi je respecte le choix et l’engagement de tout un chacun. Personnellement j’ai décidé d’en faire un tremplin pour distiller de la positivité, de la camaraderie et aussi explorer la possibilité de me faire des opportunités. C’est un choix gagnant de mon point de vue car je compte à ce jour plus de 33 000 followers sur Facebook. Suis aussi présent sur X, LinkedIn et TikTok. J’ai eu la possibilité de participer au Rebranding Africa Forum en Belgique et même que je suis devenu l’Ambassadeur de l’événement et les réseaux sociaux m’ont été d’une grande utilité. Tout est dans notre main et c’est à nous d’en savoir tirer les bons profits.
Avez-vous un conseil pour ceux et celles qui les utilisent ?
Conseils c’est un peu trop dire puisque que moi aussi je continue d’apprendre et chaque profil sur les réseaux sociaux est une expérience. Les réseaux sociaux sont comme notre CV ou notre carte de visite. De la façon dont tu te présentes aux gens, c’est comme ça que les gens te prennent aussi. Donc c’est à chacun de savoir déterminer la place qu’il souhaite occuper dans la vie des autres. En fonction de ce choix, le reste il faut juste l’assumer et avancer dans la vie.
Vous êtes journaliste, quelle est votre appréciation de la presse Burkinabè ?
La presse Burkinabè a beaucoup évolué tant dans le nombre que dans la qualité. Il y a encore plein de défis à relever mais il faut reconnaître que nous avons des repères et plusieurs de nos doyens ont fait un travail très remarquable. C’est à nous de savoir valoriser leur sacrifice et agir au quotidien pour donner plus de force et d’énergie à nos médias. La ressource humaine se rajeunit très rapidement, l’environnement économique des médias n’est pas facile et il convient de saluer tous ceux qui arrivent à tenir bon. Pour le reste, je dirai que nous sommes tous en apprentissage et en fonction des réalités en face, s’adapte et on se réinvente. On peut travailler à faire de chaque épreuve, une perspective pour faire évoluer autrement.
Avez-vous quelque chose à dire par rapport à la presse en ligne au Burkina ?
La presse en ligne n’échappe pas à toutes les dynamiques du moment. Aujourd’hui presque tout le monde est devenu producteur en plus d’être un consommateur de l’information. La course vers les chiffres, nombre d’abonnés et de followers ne doit pas faire perdre de vue un élément essentiel : “il faut bara pour daba”, rester professionnel jusqu’au bout peu importe les circonstances. C’est en recherchant la perfection et la qualité dans tout ce qu’on fait qu’on parvient à s’imposer aisément. Je souhaite beaucoup de courage aux médias en ligne et je les invite à ne pas avoir peur des difficultés. Il y a toujours une petite fenêtre de possibilités à côté. À chacun de savoir en faire une priorité. Après les difficultés viennent les facilités si continue de toujours d’avancer.
Avez-vous un appel à lancer par rapport à l’assainissement dans la ville de Ouagadougou ?
Je rêve d’une Ouaga plus verte, plus propre où il fait bon vivre. Il y a des efforts qui sont faits. L’autorité fait des efforts mais il y a encore beaucoup de boulot. Plusieurs initiatives présidentielles sont en cours et on espère qu’on parviendra à avoir des résultats édifiants dans une parfaite synergie population et service public. C’est vrai que c’est un rêve mais tout commence aussi par le rêve. Avec plusieurs autres acteurs, on essaie de faire notre part pour que nos rêves deviennent réalité. On garde espoir qu’un jour tout le monde s’y mettra pour faire de Ouagadougou la ville la plus propre et la plus verte du continent africain. J’espère qu’une communauté de rêveurs prendra le devant pour avancer plus vite parce que les dépotoirs à ciel ouvert ne nous font pas honneur en tant Burkinabè. Vivement que notre génération soit à la hauteur des défis actuels de notre pays. Mes remerciements à votre équipe et ma profonde gratitude à toutes les personnes qui ne cessent de m’encourager et de me rassurer de leur soutien à venir. Que Dieu bénisse notre cher pays. Que la paix et la sécurité nous reviennent le plus tôt possible.
Interview réalisée par Ben Alex BEOGO
