2 février 2026
Home » Le Niger débaptise des rues et des monuments aux noms français

Adieu l’avenue de Gaulle et la place de la Francophonie. Le régime militaire au pouvoir au Niger a débaptisé, ce mardi 15 octobre, plusieurs endroits historiques de la capitale Niamey portant jusqu’ici des noms évoquant la France, ancienne puissance coloniale à laquelle ils ont tourné le dos.

Djibo Bakary au lieu de Charles de Gaulle

Au pas de charge, sur fond de musique militaire, plusieurs cadres de la junte ont arpenté les artères de la ville pour inaugurer les nouveaux noms. « La plupart de nos avenues, boulevards, rues (…) portent des noms qui rappellent tout simplement les souffrances et les brimades subies par notre peuple par l’épreuve de la colonisation », a dénoncé le colonel-major Abdramane Amadou, le ministre de la Jeunesse et porte parole du régime. « Cette avenue qui portait le nom du général Charles de Gaulle est désormais baptisée Avenue Djibo Bakary« , a-t-il lancé, lors d’une cérémonie. Figure politique nigérienne, Djibo Bakary (1922-1998), a été un partisan de l’indépendance obtenue en 1960. Quelques centaines de mètres plus loin, le monument dédié aux morts des deux guerres mondiales devient « Bubandey Batama » (« A nos morts » en langue djerma) et rend désormais « hommage à toutes les victimes civiles et militaires de la colonisation à nos jours ».Quelques centaines de mètres plus loin, le monument dédié aux morts des deux guerres mondiales devient « Bubandey Batama » (« A nos morts » en langue djerma) et rend désormais « hommage à toutes les victimes civiles et militaires de la colonisation à nos jours ».

« C’est une justice qui est rendue »

Oumarou Adourahamane, président de la branche Niger de l’ONG Urgence panafricaniste, se réjouissait mardi de cette initiative : « ça n’a pas de sens que nos rues continuent de porter les noms d’anciens colons (…) et donc c’est une justice qui est en train d’être rendue en rebaptisant ces rues, en mettant des noms des héros de notre pays ». Cette ONG est dirigée au niveau international par le militant béninois Kemi Seba, connu pour ses prises de position virulentes envers la France. Ce dernier, récemment déchu de sa nationalité française , et qui dispose d’un passeport diplomatique nigérien en tant que conseiller spécial du chef du régime Abdourahamane Tiani, a été arrêté, ce lundi 15 octobre, à Paris. Le motif de son interpellation n’a pas encore été révélé.

En juin 2023, peu avant le coup d’Etat qui a renversé le président élu Mohamed Bazoum, le Niger avait adopté un nouvel hymne national intitulé « Pour l’honneur de la patrie », en référence notamment aux luttes anticoloniales.  Il remplaçait « La Nigérienne » dont les paroles avaient été écrites par le compositeur français Maurice Albert Thiriet en 1961, un an après l’indépendance du pays.

TF1 Info

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