Le Capitaine Henri Zongo est une figure militaire et politique majeure de l’histoire contemporaine du Burkina Faso, particulièrement connue pour son rôle central durant la période révolutionnaire des années 1980.
Avec Thomas Sankara, Blaise Compaoré et Jean-Baptiste Boukary Lingani, il formait le noyau dur des « quatre têtes brûlées » qui ont dirigé le pays.
Voici ce qu’il faut retenir de son parcours et de son rôle au Burkina Faso :
Un pilier de la Révolution de 1983
Henri Zongo a activement participé aux coups d’État de 1982 et de 1983. Ce dernier putsch a renversé le médecin-commandant Jean-Baptiste Ouédraogo pour porter Thomas Sankara au pouvoir et instaurer la Révolution burkinabè.
Dès le 4 août 1983, Henri Zongo intègre le gouvernement révolutionnaire en tant que Ministre de la Promotion économique. À ce titre, il gère les réformes de l’économie nationale. Parallèlement, en tant que ministre des Sports de la Haute-Volta (juste avant que le pays ne soit renommé Burkina Faso), il s’est fait remarquer au niveau international en appelant au boycott africain des Jeux Olympiques de Los Angeles en 1984 afin de protester contre les liens sportifs du Royaume-Uni avec le régime d’apartheid en Afrique du Sud.
Le coup d’État de 1987 contre Thomas Sankara
Le 15 octobre 1987, la révolution se fracture. Henri Zongo, Blaise Compaoré et Jean-Baptiste Lingani mènent un coup d’État sanglant au cours duquel Thomas Sankara est assassiné.
À la suite de cet événement, Compaoré prend la tête de l’État sous la structure d’un triumvirat (un pouvoir partagé à trois) dont Zongo et Lingani sont les piliers. Zongo conserve son poste stratégique de ministre de la Promotion économique.
Divergences et exécution en 1989
Le partage du pouvoir au sein du triumvirat devient rapidement instable. Des rivalités personnelles s’installent et des désaccords profonds apparaissent concernant les réformes économiques et le virage politique plus libéral que Blaise Compaoré souhaite imposer au Burkina Faso.
L’issue de cette rupture survient en septembre 1989. Henri Zongo et Jean-Baptiste Boukary Lingani sont officiellement accusés d’avoir orchestré un complot visant à renverser Blaise Compaoré (en tentant notamment de saboter l’avion présidentiel à son retour de voyage).
Arrêtés à la hâte, Henri Zongo et ses prétendus complices sont jugés de manière expéditive et exécutés par un peloton d’exécution le 19 septembre 1989. Cette élimination brutale a permis à Blaise Compaoré de consolider définitivement son pouvoir absolu sur le Burkina Faso, qu’il dirigera ensuite jusqu’à sa chute lors de l’insurrection populaire de 2014.
AJ
