Les couples présidentiels Compaoré et Obama, prennent la pose photo à la maison Blanche.
C’était à l’occasion du Sommet USA -Afrique tenu du 5 au 6 aout 2014.
Personne ne s’imaginait que le Président Blaise Compaoré exerçait les trois derniers mois au pouvoir.
En juillet 2009, le Président Barack Obama avait effectué une visite en Afrique au Ghana, où il avait lancé un appel pour des institutions fortes, au lieu des hommes fort au mandat interminables. « L’Afrique n’a pas besoin d’hommes forts, mais d’institutions fortes. » avait t-il déclaré au pays de Kwamé Nkrumah.
Au cours donc de ce sommet d’août 2014, les journalistes ont titillé le Président bburkinabè sur cette question, et Blaise Compaoré de répondre:
« Il n’y a pas d’institutions fortes, s’il n’y a pas d’hommes forts pour poser les jalons de ces institutions, dans la durée. » Un peu comme une réponse du berger à la bergère.
Comment cette sortie frontale, au antipode de la position américaine , a été captée au département d’État américain ?
Or en ce dernier 3e trimestre de 2014, la contestation montait au Burkina Faso contre les prolongations au pouvoir du Président.
Toujours est t-il que les mois qui ont suivi , l’ambassadeur des USA , Tulinabo Mushingi,
jouera un rôle bienveillant et actif auprès de la société civile burkinabè, fer de lance du combat ayant abouti à la chute de Blaise Compaoré le 31 octobre de la même année.
S’il est indéniable que la contestation populaire était une affaire interne, les puissances étrangères ont sans doute influencé dans la chute du régime Compaoré. Il avait perdu leur appui. La perte du soutien occidental a pu constituer un facteur de vulnérabilité supplémentaire, voire réduire les possibilités de résistance diplomatique du régime.
Un jour quand les archives seront declassifiées sur ces événements, les historiens pourront mieux les analyser.
Karim de Labola
