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ÉCOLE QUI FORME DES CITOYENS, DES INVENTEURS ET DES BÂTISSEURS

Jonas Hien

L’éducation ne doit pas seulement donner des diplômes. Elle doit donner à chaque enfant le savoir, les compétences et la confiance, nécessaires pour construire son avenir et participer au développement de son pays.

Le 17 octobre 2026, à Kaya, le Président du Faso, à travers le Premier Ministre, a posé un nouvel acte dans sa volonté de transformer le système éducatif. Il a lancé le Pacte NEKRE pour la refondation de l’école burkinabè. Ce Pacte entend mobiliser l’État, les enseignants, les élèves, les parents d’élèves et l’ensemble des forces vives autour d’une ambition commune : bâtir une école plus inclusive, plus exigeante, plus proche des réalités nationales et davantage tournée vers l’avenir.

Le capitaine Ibrahim TRAORE

Cette initiative mérite une attention particulière. Elle remet sur la table une question fondamentale : quelle école voulons-nous pour nos enfants, et quel Burkina Faso voulons-nous construire grâce à cette école ? L’avenir d’un pays ne se prépare pas uniquement dans les bureaux de l’administration, dans les entreprises, dans les champs, dans les usines. Il se prépare aussi, et surtout, dans les salles de classe, dans les ateliers de formation, dans les laboratoires et dans les centres d’apprentissage. L’éducation, c’est le fondement de l’avenir d’une nation.

Elle est bien plus que l’apprentissage de la lecture, de l’écriture et du calcul. Elle est le processus par lequel une personne acquiert des connaissances, développe ses capacités, apprend à réfléchir, construit sa personnalité et comprend ses droits, ses devoirs et sa place dans la société. Une bonne éducation apprend à l’enfant à connaître, à comprendre, à raisonner, à questionner, à créer, à travailler avec les autres et à trouver des solutions aux problèmes de son environnement.

Des apprenants avec leurs attestations de formation

Elle lui transmet également des valeurs essentielles comme l’honnêteté, la solidarité, la discipline, le respect du bien commun, le patriotisme et le sens de la responsabilité. Pour un État, l’éducation est un investissement stratégique. Un pays qui forme bien ses enfants prépare les compétences dont il aura besoin demain pour administrer ses institutions, développer son agriculture, construire ses infrastructures, améliorer son système de santé, moderniser son industrie et gérer ses ressources naturelles. À l’inverse, lorsqu’une partie importante de la population reste privée d’une éducation de qualité, les possibilités de développement se réduisent. Le manque de compétences peut freiner la productivité, limiter l’innovation et rendre le pays plus dépendant de connaissances et de technologies produites ailleurs. L’éducation contribue aussi à la cohésion sociale. Elle permet aux citoyens de mieux comprendre les enjeux collectifs, de participer à la vie publique et de prendre des décisions plus éclairées.

Voilà pourquoi l’éducation ne doit pas être considérée comme une simple dépense dans le budget de l’État. Elle constitue un investissement pour construire les capacités humaines, économiques, sociales et intellectuelles de la nation. Le Pacte NEKRE est ainsi une vision qui place l’enfant au cœur du développement durable. L’une des ambitions essentielles du Pacte NEKRE est de ne laisser aucun enfant ni aucun jeune en marge de l’éducation. Cette orientation est fondamentale. Dans un pays confronté à des difficultés économiques, à des inégalités territoriales et à des défis sécuritaires, certains enfants risquent de perdre leur chance d’apprendre. D’autres vivent loin des établissements scolaires, abandonnent leurs études ou ne disposent pas des conditions nécessaires pour réussir. Il faut donc saluer cette vision qui veut ouvrir davantage les portes de l’éducation, améliorer les conditions d’apprentissage et permettre aux jeunes de trouver des voies de formation adaptées à leurs capacités et à leurs aspirations.

Le Premier ministre Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo

Tous les enfants ne suivront pas nécessairement le même parcours. Certains deviendront médecins, enseignants, ingénieurs, chercheurs ou administrateurs. D’autres seront agriculteurs, artisans, techniciens, mécaniciens, électriciens, entrepreneurs ou spécialistes des métiers du numérique. Tous doivent cependant avoir la possibilité d’acquérir une formation de qualité et de développer leurs talents. L’école ne doit pas devenir un lieu qui sélectionne uniquement les enfants capables de suivre un parcours académique classique. Elle doit aussi reconnaître les aptitudes pratiques, encourager les talents et proposer plusieurs voies de réussite. Il n’est plus question d’écrire en Bic rouge sur une feuille de devoir d’un élève, ‘’Nul et zéro sur 20’’. C’est dévalorisant. Il faut lui montrer qu’il est capable de beaucoup de choses. C’est dans cette perspective que le développement de l’enseignement technique et de la formation professionnelle revêt une importance particulière. Un jeune qui maîtrise un métier, qui sait utiliser des outils, qui comprend les règles de gestion et qui peut répondre à un besoin réel de la société dispose d’atouts importants pour construire son avenir. Le Pacte NEKRE ouvre ainsi une réflexion nécessaire sur la place de chaque enfant dans la construction nationale. Il faut former des jeunes capables de créer des emplois, et pas seulement d’en chercher. Le Burkina Faso a besoin de jeunes instruits, mais aussi de jeunes compétents, inventifs et capables de transformer leurs connaissances en solutions concrètes pour sa communauté et pour la nation.

Il n’est plus question de savoir réciter une leçon sans en comprendre le fond d’ailleurs, ou d’obtenir un diplôme. Un universitaire africain a dit que ‘’plus le diplôme est élevé plus le mensonge est élevé’’ pour dire que l’école coloniale nous a appris aussi des mensonges. Il faut donc savoir utiliser ses connaissances pour résoudre des problèmes. Prenons l’exemple de l’agriculture. Un jeune bien formé peut apprendre à améliorer les techniques de production, à mieux conserver les récoltes, à transformer les produits agricoles et à organiser leur commercialisation. Il peut ainsi contribuer à la sécurité alimentaire tout en créant une activité économique. Dans le domaine de l’énergie, des jeunes bien formés peuvent installer et entretenir des équipements solaires, développer des services de maintenance et participer à l’électrification des localités. Dans l’industrie et les mines, ils peuvent acquérir des compétences en mécanique, en électronique, en informatique, en maintenance industrielle, en environnement minier et en transformation des matières premières. Dans le domaine du numérique, ils peuvent concevoir des applications, développer des services, automatiser certaines tâches et proposer des solutions aux entreprises, aux administrations et aux populations.

Ces exemples montrent que l’éducation peut contribuer à répondre au problème de l’emploi, à condition que les formations correspondent aussi aux besoins économiques et sociaux du pays. Il faut toutefois rester réaliste : une meilleure formation ne crée pas automatiquement des emplois. Elle donne aux jeunes davantage de capacités pour accéder aux emplois existants, créer leurs propres activités et développer de nouvelles possibilités économiques. Pour obtenir des résultats durables, elle doit s’accompagner d’un environnement favorable aux entreprises, d’un accès au financement, d’infrastructures adaptées, de débouchés commerciaux et d’une politique économique qui soutient la production nationale. Le défi consiste donc à rapprocher davantage l’école du monde du travail, sans réduire l’éducation à la seule recherche d’un emploi. Le pays a également besoin de citoyens capables de penser librement, de faire de la recherche, de comprendre les transformations du monde et de participer aux décisions collectives. Mais pour y arriver il faut valoriser les enseignants, c’est-à-dire reconnaître celles et ceux qui construisent l’avenir. L’une des orientations importantes du Pacte NEKRE concerne justement la place de l’enseignant dans la société.

Cette orientation mérite d’être applaudie. On ne peut pas construire une école de qualité sans accorder une attention particulière à celles et à ceux qui enseignent chaque jour les enfants. L’enseignant ne transmet pas seulement des connaissances. Il aide l’enfant à comprendre le monde, à développer son intelligence, à prendre confiance en lui et à découvrir ses capacités. Il contribue à former les futurs responsables publics, les futurs entrepreneurs, les futures scientifiques, les futurs dirigeants et les citoyens du pays. Derrière un ingénieur, un médecin, un chercheur ou un chef d’entreprise, il y a généralement des enseignants qui ont participé à sa formation. Le Président du Faso est passé par des enseignants.

Valoriser les enseignants, c’est donc reconnaître leur contribution au développement national. Cette valorisation doit se traduire par des conditions de travail dignes, une rémunération appropriée, une formation continue de qualité, des possibilités de progression professionnelle et le respect de leur fonction. Elle suppose également des écoles disposant de salles de classe adaptées, de matériel pédagogique suffisant et d’un environnement favorable à l’enseignement. On ne peut pas demander des résultats excellents à un enseignant qui travaille dans des conditions extrêmement difficiles sans chercher à améliorer ces conditions. Mais la valorisation doit aussi aller de pair avec la reconnaissance du mérite et la responsabilité professionnelle. L’enseignant doit être considéré comme un acteur essentiel de la réussite nationale, mais il doit également prendre conscience de l’importance de la mission qui lui est confiée.

Enseignants, le pays compte sur vous !

La nouvelle dynamique engagée par le Pacte NEKRE interpelle directement les enseignants. La société reconnaît leur rôle et attend beaucoup d’eux. Cette reconnaissance doit être accompagnée d’un engagement professionnel à la hauteur des responsabilités confiées. Il est donc important que chaque enseignant fasse preuve d’assiduité, de ponctualité, de compétence, d’impartialité et d’intégrité. Il doit préparer ses cours, suivre les progrès de ses élèves, encourager ceux qui rencontrent des difficultés et refuser les pratiques qui compromettent la qualité de l’éducation. L’enseignant doit également être un exemple de comportement. Il ne peut pas demander aux élèves d’être honnêtes s’il accepte la tricherie, ni leur demander de respecter les règles s’il les méprise lui-même.

Il doit transmettre le goût de l’effort, de la recherche et du travail bien fait. Il doit apprendre aux élèves à poser de bonnes questions, à vérifier les informations, à réfléchir par eux-mêmes et à proposer des solutions. Cette exigence ne signifie pas que tous les problèmes de l’école reposent sur les enseignants. L’État, les familles, les collectivités, les communautés et les partenaires doivent aussi assumer leurs parts de responsabilités. Mais chaque enseignant doit comprendre que la réussite du Pacte NEKRE dépendra, en grande partie, de ce qui se passera réellement dans les salles de classe. La meilleure récompense pour un enseignant reste aussi de voir ses élèves progresser, devenir autonomes et contribuer positivement à la société. Il faut rompre avec les limites du modèle colonial et construire une école enracinée dans nos réalités.

La refondation de l’école doit également poser une question de fond : notre système éducatif prépare-t-il suffisamment les enfants à comprendre et à transformer leur propre environnement ? Pendant la période coloniale, l’école a servi à former des personnels nécessaires au fonctionnement de l’administration coloniale. Il serait inexact de dire que tout ce qui existe dans l’école actuelle est colonial et inutile. Non. Les connaissances scientifiques, les mathématiques, les langues internationales et les savoirs universels sont indispensables. L’enjeu n’est pas de les rejeter, mais de les mettre au service des besoins et des ambitions de notre société.

Rompre avec le paradigme colonial signifie surtout cesser de considérer les réalités africaines comme secondaires dans la production et la transmission du savoir. L’école burkinabè doit permettre aux enfants de connaître leur histoire, de comprendre les réalités de leurs communautés, d’étudier les potentialités de leur pays et de découvrir les connaissances développées par leurs propres sociétés. Nos agriculteurs, nos artisans, nos forgerons, nos éleveurs, nos tradipraticiens, nos constructeurs et autres détenteurs de savoirs ont développé, au fil du temps, des techniques et des connaissances qui méritent d’être étudiées, documentées évaluées avec rigueur, valorisées. L’école doit établir un dialogue entre les connaissances endogènes et les sciences modernes. Elle doit apprendre aux enfants à connaître leur héritage tout en développant leur esprit critique.
Il faut donc former des citoyens enracinés dans leur société, mais capables de comprendre le monde et d’y prendre leur place. Il est aussi indispensable de faire des langues nationales des langues de connaissance. La question des langues nationales mérite une attention particulière. Un enfant qui entre à l’école peut avoir déjà développé une grande capacité d’observation, de raisonnement et d’apprentissage dans sa langue maternelle. Pourtant, lorsqu’il doit apprendre exclusivement dans une langue qu’il maîtrise peu, il peut rencontrer des difficultés supplémentaires pour comprendre les notions enseignées.

La valorisation des langues nationales peut aider à rapprocher l’école de l’enfant et de son environnement. Elle peut faciliter les premiers apprentissages, renforcer la participation des familles et donner davantage de place aux connaissances locales. Mais il faut aller au-delà de la simple traduction de quelques mots. Nos langues doivent pouvoir servir à expliquer des notions scientifiques, à produire des manuels, à développer des contenus numériques et à transmettre des connaissances techniques. Cela nécessite un travail rigoureux : élaboration de terminologies adaptées, formation des enseignants, production de matériels pédagogiques, choix réfléchis des langues d’enseignement et évaluation des résultats. Il faut aussi préserver l’apprentissage du français et des autres langues utiles à la communication nationale et internationale. La valorisation des langues nationales ne veut pas dire fermer les portes du monde aux enfants burkinabè. Elle doit plutôt leur permettre d’apprendre dans de meilleures conditions et de développer des compétences linguistiques complémentaires. L’objectif est clair : aucune langue ne doit être considérée comme incapable de porter le savoir simplement parce qu’elle est parlée par nos communautés.
Une école qui respecte les langues de ses apprenants contribue à renforcer leur confiance, leur identité et leur capacité à apprendre. Le Pacte NEKRE met aussi l’accent sur des infrastructures dignes pour des apprentissages de qualité. La refondation de l’école ne peut pas se limiter aux programmes. Elle doit également se traduire par des changements visibles dans les conditions d’apprentissage. Une salle de classe surchargée, l’absence de tables-bancs, le manque de manuels, l’insuffisance d’eau potable ou l’absence de latrines adaptées peuvent compromettre la scolarité des enfants. Les établissements doivent offrir des conditions minimales de sécurité, d’hygiène, de confort et d’accessibilité. Les enfants handicapés doivent pouvoir accéder à l’éducation dans des conditions appropriées. Les filles doivent pouvoir poursuivre leur scolarité sans être pénalisées par des obstacles particuliers. La situation sécuritaire rend également nécessaire une attention renforcée à la continuité de l’éducation pour les enfants déplacés et ceux dont la scolarité a été interrompue. Lorsqu’une école ferme, ce n’est pas seulement un bâtiment qui cesse de fonctionner : c’est une partie de l’avenir des enfants qui risque d’être compromise.

Il faut donc développer des solutions adaptées aux réalités locales, protéger les espaces éducatifs et permettre aux enfants qui ont quitté l’école de retrouver un parcours d’apprentissage. C’est pourquoi la qualité des infrastructures doit être accompagnée de la qualité des enseignements. Construire des salles de classe est indispensable, mais leur valeur dépend aussi de ce que les élèves y apprennent. L’école burkinabè doit ainsi préparer la souveraineté économique et intellectuelle. Le Pacte NEKRE met en outre l’accent sur la science, le numérique et la recherche. Cette orientation est importante pour un pays qui veut développer ses capacités de production et réduire certaines dépendances. Un État ne peut pas maîtriser durablement son développement s’il ne dispose pas de femmes et d’hommes capables de comprendre les technologies, de conduire des recherches, de concevoir des équipements et d’adapter les innovations aux besoins locaux. Dans le secteur minier, par exemple, la formation de spécialistes burkinabè en géologie, en procédés industriels, en gestion environnementale, en transformation des minerais et en recherche appliquée va contribuer à renforcer les compétences nationales. Dans l’agriculture, la recherche peut permettre de mieux gérer l’eau, d’améliorer les semences et de réduire les pertes après les récoltes. Dans le domaine de la santé, elle peut soutenir le développement de solutions adaptées aux besoins des populations. Dans l’industrie, elle peut aider les entreprises à améliorer leurs procédés et leur productivité.

Cela exige des établissements bien équipés, des enseignants-chercheurs soutenus, des partenariats entre les centres de formation et les entreprises, ainsi que des financements consacrés à la recherche. La souveraineté ne consiste pas à se couper des autres pays. Elle consiste à développer suffisamment de compétences pour faire ses propres choix, négocier en connaissance de cause et coopérer avec les autres sans dépendance. Une école qui encourage la recherche, la créativité et l’esprit d’entreprise contribue donc directement à la capacité du Burkina Faso à décider de son avenir. Cette vision vient prolonger l’Appel de Gaoua sur la qualité de l’éducation, lancé le 17 octobre 1986 par le Président Capitaine Thomas Sankara. C’est aussi la date du 17 octobre 2026 que le Président Capitaine Ibrahim Traoré a choisi pour le lancement du Pacte NEKRE, à Kaya. Il finit par convaincre qu’il est le continuateur légitime de la Révolution démocratique et populaire du 4 août 1983. Plus de 27 ans de démocratie ont presque tout détruit dans ce pays : privatisations, dépouillant l’Etat de tout ; destruction du système éducatif, destruction de l’Armée, instauration d’un esprit d’affairistes dans l’administration publique, de vol, de corruption. La vraie école était ‘’il faut faire on va faire’’. Conséquence, la morale a agonisée, l’esprit de facilité a habité les jeunes. On veut être milliardaire à 25 ans et on court dans les lieux de culte pour demander longue vie. Non, ça ne va pas ensemble !

Il fallait le retour à l’ordre normal. Et voilà arriver le Pacte NEKRE, c’est-à-dire le réveil, l’éveil, pour montrer que tout c’est possible. Il suffit d’en prendre conscience, de se réveiller et de s’engager. La vraie question n’est pas de savoir si cette vision arrive tardivement. Elle est de savoir comment faire en sorte qu’elle produise enfin les changements attendus par la nation. C’est en cela que le Burkina Faso peut inspirer une nouvelle école africaine. Le Pacte NEKRE porte des orientations qui font déjà écho à des préoccupations dans de nombreux pays africains : accès universel à l’éducation, amélioration de la qualité. Si le Burkina Faso parvient à traduire ces ambitions en résultats concrets, son expérience pourrait intéresser d’autres pays du continent.

Pour que le Pacte NEKRE devienne une référence, il faudra alors mesurer l’évolution de l’accès à l’école, la réduction des abandons scolaires, la progression des apprentissages, l’insertion professionnelle des jeunes, la qualité des infrastructures et les conditions de travail des enseignants.
Il faudra également garantir une gestion transparente des ressources, associer les familles et les communautés aux décisions qui les concernent et corriger les difficultés constatées. Le Conseil de l’école a déjà été pensé à cet effet. Le suivi des engagements sera aussi déterminant. Chaque objectif devra être accompagné d’activités précises, de responsabilités clairement définies, de moyens adaptés et d’indicateurs permettant de vérifier les progrès réalisés. C’est à cette condition que l’ambition de construire une école nouvelle pourra devenir une réalité durable et, éventuellement, inspirer d’autres nations africaines. Le Pacte national engage donc tout le monde. La refondation de l’école ne peut pas être l’affaire du seul ministère en charge de l’éducation, de la formation technique et professionnelle. L’État doit assurer un financement adapté, des infrastructures de qualité, une gestion transparente et des politiques cohérentes. Les enseignants doivent dispenser un enseignement rigoureux. Les parents doivent suivre la scolarité de leurs enfants et les encourager à apprendre. Les élèves doivent faire preuve d’assiduité, de curiosité, de discipline et d’honnêteté. Les collectivités territoriales, les organisations de la société civile, les autorités coutumières, traditionnelles et religieuses, les entreprises et les partenaires de l’éducation ont également un rôle à jouer. Les entreprises peuvent contribuer à la formation professionnelle, proposer des stages et aider à rapprocher les établissements des besoins du monde du travail. Les organisations de la société civile peuvent participer à la sensibilisation, au suivi citoyen et à la défense du droit à l’éducation. La société doit aussi protéger les enfants contre les pratiques qui les éloignent de l’école, notamment leur présence sur les sites d’exploitation artisanale de l’or, le travail précoce qui compromet leur apprentissage. Aucun enfant ne devrait être contraint d’abandonner sa formation faute de protection, d’accompagnement ou d’encadrement.

La responsabilité collective suppose alors que les engagements soient respectés et que les résultats soient rendus publics. Les citoyens doivent pouvoir constater les progrès, comprendre les difficultés et participer à la recherche de solutions. Le Président du Faso a encore fixé le cap : doter le Burkina Faso de l’école à la hauteur de ses ambitions. Le lancement du Pacte NEKRE ouvre ainsi une réflexion majeure sur l’avenir de l’école burkinabè. L’ambition de ne laisser aucun enfant en marge, de renforcer la formation technique et professionnelle, d’améliorer les infrastructures, de valoriser les enseignants, de promouvoir les langues nationales et de mettre la recherche au service du développement est à applaudir fortement. Il faut désormais veiller à ce que les engagements deviennent des réalités dans les écoles, dans les centres de formation et dans les universités, jusqu’à dans les localités les plus éloignées.

Le défi est immense, mais l’enjeu est à la mesure de l’avenir que le Burkina Faso veut construire. Il faut donc souhaiter que le Pacte NEKRE dépasse le stade des déclarations pour devenir un véritable engagement de résultats, soutenu par des ressources suffisantes, une gouvernance rigoureuse et la participation de tous. La véritable réussite de l’école ne se mesurera pas seulement au nombre d’élèves inscrits ou de diplômes délivrés. Elle se mesurera aussi à la capacité des femmes et des hommes qu’elle forme à penser, à travailler, à créer, à vivre ensemble et à contribuer au bien commun.

Le Burkina Faso a besoin de l’école qui donne à chaque enfant les moyens de réussir sa vie et à chaque jeune les capacités de participer à la construction nationale. L’école qui transmet le savoir, mais qui apprend aussi à inventer. L’école qui respecte ses racines, mais qui prépare ses enfants à affronter le monde. C’est à cette condition que le Pacte NEKRE pourra contribuer à faire de l’éducation non seulement un droit pour chaque enfant, mais aussi l’un des fondements les plus solides du développement et de l’avenir du Burkina Faso. On ne peut mieux rêver ! Gouverner, c’est prévoir et le Capitaine Ibrahim Traoré prévoit tout pour que le pays aille de l’avant. A chacun de jouer sa part. Moi, j’ai joué ma part en apportant cet éclairage aux gens de Banfora, Sindou, Orodara et toute cette zone de brousse afin qu’ils comprennent de quoi il s’agit et qu’ils s’engagent à fond. Au moins, avec le Pacte NEKRE, ils ressembleront demain à des personnes. Sauvages !

Jonas Hien

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