Il était le garde du corps de Thomas Sankara. Une panne de moto lui a sauvé la vie.

15 octobre 1987, Ouagadougou. Famoro Ouattara, sergent-chef au physique de colosse, dirige la sécurité du président Sankara.
Cet après-midi-là, sa moto tombe en panne au rond-point des Nations unies. Pendant qu’il la fait réparer, il entend les rafales venues du Conseil de l’Entente.
Thomas Sankara vient d’être abattu, avec douze de ses compagnons.
Le colosse se cache une nuit à l’ambassade de Cuba. Il est ensuite arrêté et passe 20 mois en détention. Son père meurt pendant qu’il est enfermé.
Puis il se reconstruit. L’ancien garde du corps du président devient maire de Mangodara, dans le sud-ouest du Burkina.
34 ans plus tard, au procès, l’élu s’effondre en larmes devant le juge. Sa phrase glace la salle :
« Nous avons failli à notre mission. »
Sankara savait qu’il était menacé. Mais il a toujours refusé que sa garde prenne les armes contre Blaise Compaoré, son ami.
Certains hommes survivent à l’histoire. Ils n’en guérissent jamais.
L’oubli est la ruse du diable !
Source : Arol KETCH
