Home » Côte d’Ivoire- Issiaka Ouattara : on l’appelait Wattao

Issiaka Ouattara, mieux connu sous le pseudonyme de « Wattao », était un officier supérieur et un ancien seigneur de guerre ivoirien. Personnage incontournable et hyper-médiatique de la scène politico-militaire en Côte d’Ivoire, il a marqué l’histoire récente du pays en tant que cadre majeur de la rébellion des Forces nouvelles.
Né en 1967 à Bouna (ou Doropo, dans la région du Bounkani au Nord-Est du pays), Issiaka Ouattara est issu de l’ethnie Koulango. Grand amateur de judo à haut niveau, il s’engage très jeune dans l’armée ivoirienne au début des années 1980. Il grimpe modestement les échelons et devient soldat de 2e classe sous le régime de Félix Houphouët-Boigny. En décembre 1999, il participe au coup d’État militaire qui renverse le président Henri Konan Bédié et porte le général Robert Guéï au pouvoir.
Le chef de guerre des Forces Nouvelles (2002–2011)

C’est lors du déclenchement de la crise politico-militaire en septembre 2002 que sa notoriété explose. Opposé au régime de Laurent Gbagbo, il devient le bras droit militaire de Guillaume Soro au sein du Mouvement patriotique ivoirien (MPCI), puis des Forces nouvelles.
• Le « Com’zone » de Bouaké : Chef charismatique, il est nommé commandant de la zone de Bouaké (fief des rebelles).
• Un style flamboyant : Wattao tranche avec l’image austère du militaire traditionnel. Connu pour ses goûts « bling-bling », ses voitures de luxe, sa corpulence massive (ce qui lui vaudra le surnom malinké de Wato Whisky, le « gros serpent ») et son sourire jovial, il fascine autant qu’il inquiète.
Controverses et accusations de l’ONU

Malgré son image d’homme fédérateur et généreux auprès de ses troupes, le parcours de Wattao est entaché de graves accusations. Des rapports des Nations Unies (ONU) et d’organisations de défense des droits de l’homme l’ont mis en cause pour des crimes de guerre ainsi que pour la mise en place d’un système de trafics lucratifs à grande échelle (cacao, café, diamants, véhicules de luxe et racket routier) lui rapportant des centaines de millions de francs CFA.
L’intégration dans l’armée régulière

À la fin de la crise post-électorale de 2011, qui consacre la victoire d’Alassane Ouattara face à Laurent Gbagbo, Wattao intègre officiellement l’armée nationale régulière (FRCI devenue FACI). Une image fait le tour du monde : celle de Wattao aidant un Laurent Gbagbo fraîchement arrêté à enfiler une chemise propre à l’Hôtel du Golf.
Au sein des forces républicaines, il occupe plusieurs postes stratégiques :
• Commandant en second de la Garde républicaine.
• Chef de corps de la Garde républicaine.
• En mars 2019, il quitte la Garde républicaine pour prendre la tête des unités rattachées à l’état-major général des armées.
En reconnaissance de son rôle historique et de sa loyauté, il est promu au grade de colonel-major le 18 décembre 2019.
Mort

Peu après sa promotion, souffrant d’une forme sévère de diabète diagnostiquée tardivement, il est évacué d’urgence pour raisons médicales vers les États-Unis. Issiaka Ouattara décède le 5 janvier 2020 dans un hôpital de New York à l’âge de 52 ans. Des obsèques officielles lui ont été rendues en Côte d’Ivoire en hommage à sa place prépondérante dans la reconstruction militaire du pays.

 

AJ

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