Vincent Askia SIGUÉ
L’ange gardien du Capitaine Thomas Sankara dont Blaise Compaoré vouait une haine sans limite.
Tout à commencé le 04 Août 1983
Vincent Askia SIGUE, l’ombre humaine de Thomas SANKARA et bête noire de Blaise Compaoré…
Tout les témoignages des anciens convergent : Blaise Compaoré vouait une haine sans merci a l’Askia Vincent SIGUE.
Certains affirment qu’il détestait SIGUE parce que ce dernier n’était pas militaire à la base. SIGUE avait pourtant passé quelques années dans la légion étrangère française.
Il était Burkinabè par sa filiation paternelle et avait rejoint la révolution, attiré par le leadership et la personnalité exceptionnelle du président SANKARA, longtemps avant le 04 Août 1983.
Il avait tellement impressionné Sankara par sa passion et sa détermination à le rejoindre que Sankara l’avait pris comme son protégé…
Certains témoignages affirment que si Thomas SANKARA a pu atteindre le 15 Octobre 1987 en vie, c’est en partie grâce a la vigilance de Askia Vincent SIGUE, car avant cette date Sankara avait déjà échappé a quelques tentatives de guet apan, tendus par la sécurité de Compaoré.
La haine de Blaise Compaoré pour Vincent SIGUE aurait commencé silencieusement mais férocement dans la nuit du 04 Août 1983.
A la tête du groupement militaire en marche sur Ouagadougou depuis Po, Blaise Compaoré avait laissé entendre a Askia Vincent SIGUE, son coéquipier de manœuvre du jour, là phrase suivante :
«Quand nous allons prendre Ouagadougou, Thomas sera premier ministre et moi je serai le président».
Cette affirmation avait mis Vincent SIGUE en colère au point de le faire recadrer immédiatement Blaise Compaoré, sans ménagement.
Car de toute évidence, Vincent comme l’ensemble des engagés (civils et militaires) qui étaient en marche sur OUAGA, le faisaient par dévouement à SANKARA et non pour Blaise qui n’était Perçu que comme le «petit de confiance» et l’exécutant de la volonté de Thomas SANKARA.
Il était donc surprenant que Blaise Compaoré ose envisager d’ être le président devant Thomas SANKARA.
Cette nuit-là Blaise compris selon plusieurs témoignages, que s’il osait «réclamer le pouvoir», certains révolutionnaires (dont Vincent SIGUE) pourraient lui «régler son compte» de petit envieux prétentieux et ingrat.
C’est de là que venait la haine viscérale et inavouable pour Vincent SIGUE.
Tout porte ainsi à croire que la trahison probable de la révolution par Blaise était déjà prévisible dès le départ.
Ayant compris ou plutôt accepté d’admettre, assez tardivement d’ailleurs, la marche traîtresse de Blaise vers le pouvoir, le président avait finalement accepté la mise en place d’une force spéciale en charge de la sécurité présidentielle, par le ministre de l’administration territoriale.
Cette force dénommée FIMATS (Force d’intervention du ministère de de l’administration territoriale et de la sécurité) devait remplacer les éléments du CNEC commandé par Blaise et chargés jusqu’alors de la sécurité présidentielle.
Elle devait être placée sous le commandement direct de Askia Vincent SIGUE.
On raconte que l’idée de création de cette force avait mis Blaise Compaoré dans une colère noire.
L’idée de placer la force sous le commandement de Vincent SIGUE l’avait encore doublement mis en colère.
Il tenta à plusieurs reprises de convaincre SANKARA de renoncer à l’idée de la mise en place de la FIMATS…En vain.
La mise en place de la FIMATS est même décrite comme l’une des raisons ayant poussé Blaise et ses alliés a précipiter le 15 Octobre 1987.
Si cette force avait été opérationnelle a temps, l’idée d’un coup d’État contre Sankara serait devenue pratiquement impossible.
Le 15 Octobre au soir lorsque les armes crépitent au conseil, la plupart des membres du CNR et du gouvernement se préparaient pour le sport de masse.
Thomas SANKARA devait d’ailleurs les rejoindre après cette réunion totalement improvisée au conseil a 16h…il ne les rejoindra jamais.
On raconte que Vincent SIGUE s’en ai voulu énormément de n’avoir pas été là pour protéger SANKARA ce jour-là.
Quelques jours après le 15 Octobre, il décidait de quitter discrètement Ouagadougou en direction du Ghana en passant par Po.
Une véritable chasse à l’homme était lancée contre sa personne et la consigne était : «recherché mort ou vif».
C’est non loin de la frontière ghanéenne qu’il aurait été trahi et livré par un préfet nommé par la révolution qu’il considérait comme «homme de confiance»
On raconte que son corps a été ramené à Ouagadougou, exposé comme un trophée, filmé et diffusé dans les médias nationaux de façon triomphale, pour gonfler le morales des partisans (militaires) de Blaise Compaoré qui auparavant était paniqués par l’évocation de son seul nom.
Ainsi prit fin le parcours exceptionnel de l’homme qui se définissait comme l’ombre de Thomas SANKARA.
Toute son existence, il l’avait dévoué à la cause de la révolution.
Il avait promis à SANKARA de prendre toute balle qui lui serait destinée .
Mais au moment fatidique il était absent.
Pouvait-on l’en vouloir quand on sait que cette réunion du conseil était improvisée, au mépris de tout dispositif de sécurité.
SANKARA n’aurait jamais dû se retrouver au conseil ce jour-là.
«Plus jamais ça» serait-on tenté de dire, avec le recul et face à l’immensité de l’indicible.
PS: Ce texte est le fruit de lectures, de conférences et des témoignages recueillis auprès de certains anciens avec qui nous avons eu le privilège de discuter et d’apprendre.
Si une seule information ici relatée est erronée ou susceptible de correction et que vous avez la bonne information, vous êtes le bienvenu car, dit-on, «chaque jour l’oreille va a l’école».
Teehl Loé Konate SG de Deux Heures Pour Nous, Deux Heures Pour Kamita.
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