L’ex-rebelle Hervé-Armand Pélikan Touré dit Vetcho retrouvé mort ce 13 octobre 2026.
Activement recherchés par la Cour pénale internationale – CPI pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité, le corps sans vie de l’ex-rebelle Hervé dit Vetcho a été retrouvé dans sa résidence à Copenhague, au Danemark. Il est le N°9 des ex-rebelles activement recherchés par la Cour pénale internationale – CPI pour crime de guerre et crime contre l’humanité.
Liste des ex-rebelles et leurs crimes commis :
1. KONÉ ZAKARIA
Crimes imputés :
Massacres à Yopougon (2011) : Koné Zakaria a dirigé des unités des Forces Républicaines de Côte d’Ivoire (FRCI) à Yopougon. Human Rights Watch (HRW) a documenté des exécutions sommaires de civils, ciblant les pro-Gbagbo, avec des témoignages de tueries dans les quartiers comme Koweït et Sicogi. Des dizaines de civils ont été tués, souvent après vérification de leur identité ethnique ou politique.
Meurtre de Désiré Tagro : La Cour pénale internationale (CPI) a souhaité entendre Koné Zakaria sur son rôle dans la mort de Désiré Tagro, ministre de l’Intérieur de Gbagbo, tué lors de l’arrestation de Gbagbo le 11 avril 2011. Tagro aurait été exécuté sommairement par les FRCI, sous le commandement de Koné Zakaria et d’autres chefs rebelles.
Violences systématiques : Amnesty International (2011) a rapporté des viols et des pillages commis par les forces de Koné Zakaria à Yopougon, visant à terroriser les populations pro-Gbagbo.
Statut en 2025 : Inculpé en 2015 pour crimes contre l’humanité, Koné Zakaria n’a jamais été jugé. Il est toujours en poste comme commandant en second du Basa à Akouédo.
2. CHÉRIF OUSMANE (« PAPA GUÉPARD »)
Rôle : Commandant des Forces nouvelles, Chérif Ousmane dirigeait l’unité « Les Guépards » à Bouaké. Il a joué un rôle clé dans les opérations de l’ouest du pays en 2011. En 2017, il a été nommé commandant du 1er Bataillon de Commandos et de Parachutistes, puis promu général en 2021.
Crimes imputés :
Massacres à Duékoué (mars 2011) : Les forces sous son commandement ont massacré des centaines de civils à Duékoué, principalement des Guérés, perçus comme pro-Gbagbo. HRW a documenté des exécutions sommaires, des viols (plus de 20 cas), et des incendies de villages (au moins 10). Un rapport de l’ONU (2011) estime que 817 personnes ont été tuées à Duékoué, dont une majorité par les FRCI.
Violences sexuelles : Amnesty International (2011) a rapporté des cas de viols systématiques par les forces de Chérif Ousmane, souvent devant les familles des victimes, comme arme de guerre.
Exécutions ciblées : À Duékoué, les FRCI ont exécuté des hommes sur la base de leur appartenance ethnique ou politique, après vérification de leurs cartes d’identité.
Statut en 2025 : Inculpé en 2015 pour crimes contre l’humanité, Chérif Ousmane n’a jamais été jugé. Il est général et commande le 1er Bataillon de Commandos et de Parachutistes.
3. LOSSÉNI FOFANA (« COBRA »)
Rôle : Commandant des Forces nouvelles, Losséni Fofana a dirigé des unités dans l’ouest du pays, notamment à Duékoué et Bloléquin. Promu colonel-major en 2021, il est chef d’état-major adjoint des forces terrestres en 2025.
Crimes imputés :
Massacres à Bloléquin (mars 2011) : Les forces sous son commandement ont tué des dizaines de civils, ciblant les Guérés. HRW a documenté des exécutions sommaires, des viols, et des pillages. Des femmes ont été violées devant leurs familles avant d’être exécutées.
Massacres à Duékoué : Comme Chérif Ousmane, Fofana est impliqué dans les tueries de Duékoué, où des centaines de civils ont été massacrés.
Incendies de villages : Ses unités ont brûlé au moins 10 villages dans la région de Bloléquin, visant à terroriser les populations pro-Gbagbo.
Statut en 2025 : Inculpé en 2015 pour crimes contre l’humanité, Losséni Fofana n’a jamais été jugé. Il est chef d’état-major adjoint des forces terrestres.
4. MOROU OUATTARA
Rôle : Commandant des Forces nouvelles, Morou Ouattara (cousin de Wattao) a dirigé des unités dans l’ouest et le sud-ouest du pays. En 2017, il a été nommé commandant du bataillon de Sécurisation de l’Est, et promu lieutenant-colonel en 2014.
Crimes imputés :
Massacres à Duékoué : Ses forces ont participé aux tueries de Duékoué, ciblant les Guérés. HRW a documenté des exécutions sommaires et des viols.
Exactions à Guiglo : Dans la région de Guiglo, Morou Ouattara est accusé d’avoir supervisé des exécutions sommaires de civils pro-Gbagbo, souvent après des interrogatoires brutaux.
Pillage économique : En 2012, il a été impliqué dans le détournement de primes des forces spéciales, un scandale qui a conduit à une convocation par le tribunal militaire d’Abidjan en 2016, mais sans suite.
Statut en 2025 : Inculpé en 2015 pour crimes contre l’humanité, Morou Ouattara n’a jamais été jugé. Il est commandant du bataillon de Sécurisation de l’Est.
5. OUSMANE COULIBALY (« BEN LADEN »)
Rôle : Commandant des Forces nouvelles, Ousmane Coulibaly, surnommé « Ben Laden » pour ses sympathies présumées pour le fondamentalisme islamique, a contrôlé l’ouest du pays (Taï, Bloléquin, Duékoué) entre 2002 et 2011. Nommé préfet de région à San-Pédro en 2012, il a été promu commandant en 2012.
Crimes imputés :
Massacres à Duékoué : Ses unités ont participé aux tueries de Duékoué, avec des exécutions sommaires et des viols systématiques.
Exactions à Bloléquin et Taï : Entre 2002 et 2011, Coulibaly a supervisé des mercenaires recrutés par Dram-âne. Ces mercenaires ont massacré des civils, ciblant les populations locales.
Violences sexuelles : Amnesty International (2011) a documenté des viols commis par ses forces, souvent accompagnés de tortures.
Statut en 2025 : Inculpé en 2015 pour crimes contre l’humanité, Ousmane Coulibaly n’a jamais été jugé. Il est préfet de région à San-Pédro.
6. FOFIÉ KOUAKOU MARTIN
Rôle : Commandant des Forces nouvelles à Korhogo, Fofié Kouakou a été un fidèle lieutenant de Koné Zakaria. Promu colonel-major en 2021. Il est décédé le 09 Août 2026 dans des circonstances encore inconnues.
Crimes imputés :
Meurtres par étouffement à Korhogo : Fofié Kouakou, avec Tuo Fozié et Messamba Koné, a planifié la mort par étouffement de dizaines de partisans d’Ibrahim Coulibaly dans des conteneurs à Korhogo, à la suite de dissensions internes au sein des Forces nouvelles. Ces exécutions, qualifiées de « crimes contre l’humanité » par le Conseil de sécurité de l’ONU, visaient à éliminer les dissidents.
Massacres à Bouaké : Fofié Kouakou est impliqué dans les massacres de dizaines de gendarmes et de leurs enfants à Bouaké en 2002, lors de l’éclatement de la rébellion.
Assassinats ciblés : Il est accusé d’avoir orchestré les assassinats de Boga Doudou, Dalli Oblé, et des danseuses d’Adjanou, des figures pro-Gbagbo.
Statut en 2025 : Inculpé pour crimes contre l’humanité, Fofié Kouakou n’a jamais été jugé. Il est protégé par Dram-âne Ouattara et reste en poste.
7. TUO FOZIÉ
Rôle : Directeur des services de police et de gendarmerie des Forces nouvelles, Tuo Fozié a opéré à Bouaké et Korhogo. Nommé préfet de la région du Zanzan en 2012, il est toujours en fonction.
Crimes imputés :
Meurtres par étouffement à Korhogo : Avec Fofié Kouakou et Messamba Koné, Tuo Fozié a organisé la mort par étouffement de dizaines de partisans d’Ibrahim Coulibaly dans des conteneurs.
Massacres à Bouaké : Il est impliqué dans les tueries de gendarmes et de leurs enfants à Bouaké en 2002.
Assassinats ciblés : Comme Fofié Kouakou, il est accusé d’avoir participé aux assassinats de Boga Doudou, Dalli Oblé, et des danseuses d’Adjanou.
Statut en 2025 : Inculpé pour crimes contre l’humanité, Tuo Fozié n’a jamais été jugé. Il est préfet du Zanzan.
8. MESSAMBA KONÉ
Rôle : Directeur des forces paramilitaires des Forces nouvelles, Messamba Koné a opéré à Bouaké et Korhogo. Nommé préfet de la région du Moyen-Cavally en 2012. Il a été retrouvé mort, une enquête sans suite avait été ouverte.
Crimes imputés :
Meurtres par étouffement à Korhogo : Avec Fofié Kouakou et Tuo Fozié, il a planifié la mort par étouffement de dizaines de partisans d’Ibrahim Coulibaly.
Massacres à Bouaké : Impliqué dans les tueries de gendarmes et de leurs enfants à Bouaké en 2002.
Assassinats ciblés : Accusé des assassinats de Boga Doudou, Dalli Oblé, et des danseuses d’Adjanou.
Statut en 2025 : Inculpé pour crimes contre l’humanité, Messamba Koné n’a jamais été jugé. Il est préfet du Moyen-Cavally.
9. HERVÉ TOURÉ (« VETCHO »)
Rôle : Commandant des Forces nouvelles, Hervé Touré, dit « Vetcho », dirigeait le « bataillon mystique » à Katiola. Promu général en 2021, il a été le n°2 des services de renseignements ivoiriens jusqu’en 2025 avant d’être nommé ambassadeur de la Côte d’Ivoire au Danemark jusqu’à ce jour 13 octobre, date de son décès.
Crimes imputés :
Exactions à Katiola : Ses forces ont commis des exécutions sommaires et des pillages dans la zone de Katiola, ciblant les pro-Gbagbo.
Violences à Abidjan : En 2011, Vetcho a participé à l’assaut sur Abidjan, où ses unités ont été impliquées dans des tueries à Yopougon.
Pillage économique : En 2012, il a détourné des fonds issus des productions de cacao et de noix de cajou, une pratique courante parmi les comzones.
Statut en 2025 : Inculpé en 2015 pour crimes contre l’humanité, Hervé Touré n’a jamais été jugé. Il est général et numéro deux des services de renseignement.
10. GAOUSSOU KONÉ
Rôle : Commandant des Forces nouvelles, Gaoussou Koné a opéré à Abidjan et dans l’ouest. Promu commandant en second du bataillon des commandos parachutistes en 2014, il est toujours en poste.
Crimes imputés :
Tueries à Yopougon : Ses unités ont participé aux exécutions sommaires à Yopougon en 2011, ciblant les pro-Gbagbo.
Pillage économique : Comme d’autres comzones, il a détourné des fonds issus des productions de cacao et de coton.
Statut en 2025 : Inculpé pour crimes contre l’humanité, Gaoussou Koné n’a jamais été jugé. Il est commandant en second du bataillon des commandos parachutistes.
Le président Laurent Gbagbo avait dit :« Vous me combattez pour quelqu’un que vous ne connaissez pas mais les plus heureux d’entre vous seront les exilés.»
Par Amadou Maiga
