𝐃𝐢𝐚𝐥𝐨𝐠𝐮𝐞 𝐚𝐯𝐞𝐜 𝐥𝐞 𝐏𝐞𝐮𝐩𝐥𝐞
𝐂𝐞 𝐪𝐮𝐞 𝐥𝐞 𝐂𝐚𝐦𝐚𝐫𝐚𝐝𝐞 𝐌𝐢𝐧𝐢𝐬𝐭𝐫𝐞 𝐝𝐞 𝐥’𝐄𝐜𝐨𝐧𝐨𝐦𝐢𝐞 𝐞𝐭 𝐝𝐞𝐬 𝐅𝐢𝐧𝐚𝐧𝐜𝐞𝐬 𝐚 𝐝𝐢𝐭
Chers Camarades,
En économie, les chiffres ne sont jamais de simples mesures. Certains décrivent une situation; d’autres racontent une trajectoire. Et parfois, quelques chiffres suffisent à raconter tout le chemin parcouru par une Nation !
1,8 % de croissance. 14,1 % d’inflation. 11 % de déficit budgétaire.
Voilà quelques-uns des chiffres qui décrivaient notre économie en septembre 2022, lorsque le Président du Faso, le Capitaine Ibrahim TRAORÉ, accédait à la tête de notre pays.
Autrement dit, l’économie avançait lentement, les prix couraient vite et le déficit, lui, avait déjà pris une sérieuse longueur d’avance !
Et comme si cela ne suffisait pas, notre pays devait simultanément faire face à l’impérieuse nécessité de reconquérir son territoire, de soutenir les populations affectées par la crise sécuritaire, de maintenir le fonctionnement de l’État et de préparer l’avenir.
Il fallait donc réussir une équation qui, sur le papier, paraissait presque impossible : dépenser mieux, mobiliser davantage, investir plus, tout en renforçant notre souveraineté.
Nous avons fait un premier choix : ne pas subir.
Nous avons fait un deuxième choix : compter d’abord sur nous-mêmes.
Et nous avons fait un troisième choix : transformer chaque franc mobilisé en un instrument de souveraineté et de développement.
Quatre années plus tard, les chiffres ont changé de camp.
La croissance, qui était de 1,8 % en 2022, est passée à 5,3 % en 2025 et devrait atteindre 6 % en 2026. L’inflation, qui culminait à 14,1 %, a été ramenée à -0,5 % en 2025. Le déficit budgétaire, qui représentait 11 % du PIB, a été réduit à 1,4 %.
Les recettes de l’État sont passées de 2 505,7 milliards de FCFA en 2022 à 3 311 milliards en 2025, soit plus de 800 milliards de FCFA supplémentaires en trois ans.
Ce ne sont pas simplement des statistiques. Ce sont les traces comptables d’un pays qui refuse de renoncer. Car derrière un milliard de recettes supplémentaires, il y a des écoles que l’on peut construire, des centres de santé que l’on peut équiper, des routes que l’on peut réaliser, des investissements que l’on peut financer et, surtout, une souveraineté que l’on peut davantage assumer.
C’est cela, au fond, la mission du Ministère de l’Économie et des Finances. On dit souvent que l’argent est le nerf de la guerre. Dans le Burkina Faso d’aujourd’hui, nous pouvons ajouter qu’il est aussi le carburant de la souveraineté, le ciment du développement et l’instrument de notre dignité nationale.
Notre ministère n’est donc pas seulement le ministère des chiffres, des tableaux, des impôts, des budgets et des procédures même si, je vous rassure, nous travaillons toujours avec beaucoup de tableaux et autant de chiffres !
Il est surtout l’un des ministères où se construit quotidiennement la capacité du Burkina Faso à décider par lui-même, à financer ses priorités et à transformer ses ambitions en réalisations.
Et lorsqu’un pays décide de reprendre son destin économique en main, il se produit quelque chose de puissant : l’impôt devient une contribution à la souveraineté ; l’épargne devient un investissement patriotique ; la dépense publique devient un outil de transformation ; et chaque franc bien géré devient une pierre ajoutée à l’édifice national.
C’est cette histoire que je voudrais partager avec vous aujourd’hui.
Camarades,
La première victoire est celle de la mobilisation de nos propres ressources. Les recettes de l’État sont passées de 2 505,7 milliards de FCFA en 2022 à 3 311 milliards en 2025. A fin septembre 2026, elles atteignaient déjà plus de 3000 milliards de FCFA.
Derrière cette progression, il y a des réformes profondes de nos administrations fiscale, douanière et du Trésor. Il y a l’élargissement de l’assiette fiscale, la digitalisation, la dématérialisation et une lutte plus vigoureuse contre la fraude.
Notre philosophie est simple : avant de demander aux autres ce qu’ils peuvent faire pour notre développement, demandons-nous d’abord ce que nous pouvons mobiliser nous-mêmes.
Car une Nation qui veut être souveraine politiquement doit progressivement construire les moyens de sa souveraineté économique.
Cette crédibilité retrouvée se lit également sur le marché financier régional. Le Burkina Faso est passé de 773 milliards de FCFA mobilisés en 2022 à près de 1 200 milliards en 2025, soit une progression de plus de 53 %. À fin août 2026, nous avions déjà mobilisé plus de 1 133 milliards de FCFA.
Ces chiffres disent une chose essentielle : malgré les difficultés, malgré les discours pessimistes de certaines officines, malgré les pronostics parfois peu encourageants de certains spécialistes du dimanche, les investisseurs continuent de faire confiance à la signature du Burkina Faso.
Et en finance, vous le savez, on peut faire beaucoup de discours, mais lorsque quelqu’un met réellement son argent sur la table, son opinion devient tout de suite beaucoup plus intéressante !
Cette confiance s’est illustrée avec deux opérations particulièrement symboliques. La première phase de la Diaspora Bond a permis de mobiliser 151,5 milliards de FCFA, sur un objectif initial de 125 milliards. Le Sukuk souverain, quant à lui, a mobilisé 77,5 milliards, pour un objectif de 75 milliards.
Nous avions fixé des objectifs ambitieux. Les investisseurs ont répondu : objectif dépassé !
Mais l’une des expressions les plus fortes de notre capacité collective à compter sur nous-mêmes demeure le Fonds de Soutien Patriotique. Entre 2023 et septembre 2026, ce fonds a permis de mobiliser près de 750 milliards de FCFA. 750 milliards !
Derrière ce chiffre, il y a les contributions de millions de Burkinabè. Il y a le travailleur, le commerçant, l’entrepreneur, le fonctionnaire, le producteur, la diaspora, les entreprises.
C’est un peuple qui a décidé de mettre la main à la poche pour que la Nation puisse rester debout.
Et ces ressources servent concrètement la Nation. Les VDP sont pris en charge, équipés de façon adéquate, au-delà des VDP, les forces armées on bénéficié de nombreux équipements dont trois hélicoptères: tout ça sur la contribution patriotique et citoyenne des burkinabè. Mais ce n’est pas tout : l’agence Faso Mêbo a aussi bénéficié de plus de 144 milliards de FCFA issus du Fonds de Soutien Patriotique.
Voilà comment le patriotisme devient une route. Voilà comment une contribution devient une infrastructure. Voilà comment la souveraineté cesse d’être seulement un discours pour devenir du béton, du bitume, des équipements et des investissements.
Mais mobiliser les ressources ne suffit pas. Une économie ne devient pas forte parce que l’État collecte beaucoup de ressources. Non ! Une économie devient forte lorsque ses entreprises produisent, investissent, innovent et créent des emplois.
C’est tout le sens de l’action menée à travers le Fonds burkinabè de développement économique et social, le FBDES Toogo.
En quatre années, cet instrument a accompagné 622 entreprises burkinabè, pour un volume global de financement supérieur à 38 milliards de FCFA.
Derrière les 622 entreprises, ce sont des entrepreneurs. Derrière les entrepreneurs, ce sont des emplois. Et derrière les emplois, ce sont des familles.
Notre ambition est claire : faire de l’entrepreneur burkinabè un acteur central de la transformation économique du Burkina Faso.
Nous devons produire davantage ici. Transformer davantage ici. Créer davantage de valeur ajoutée ici. Et faire en sorte qu’une part croissante de la richesse créée par les Burkinabè reste au Burkina Faso et profite aux Burkinabè.
Camarades,
Les résultats macroéconomiques montrent également la résilience de notre économie. La croissance est passée de 1,8 % en 2022 à 5,3 % en 2025 et devrait atteindre 6 % en 2026. L’inflation a été ramenée de 14,1 % à -0,5 % en 2025.
Le déficit budgétaire a été réduit de 11 % du PIB à 1,4 %. La balance commerciale est redevenue excédentaire. Et notre balance courante a enregistré en 2025 un excédent inédit de 11,6 % du PIB.
En quatre années, nous sommes donc passés d’une économie sous forte tension à une économie qui retrouve progressivement des marges de manœuvre.
Nous ne disons pas que tous les problèmes sont réglés. Nous disons quelque chose de plus important : la trajectoire a changé.
Et lorsqu’un pays change durablement sa trajectoire, il commence déjà à changer son avenir.
Mais notre ambition ne consiste pas seulement à améliorer les indicateurs. Elle consiste aussi à construire les institutions qui permettront au Burkina Faso de maîtriser davantage son destin économique.
C’est dans cette logique qu’a été créée la Banque des Dépôts du Trésor. Avec la BDT, l’État renforce ses capacités de gestion de sa trésorerie, de sécurisation des ressources publiques et de modernisation des services financiers.
Dans le domaine des assurances, nous avons mis en place avec le marché des assurances, la société Faso-Réassurances. Pourquoi ? Parce qu’une partie importante des primes d’assurance collectées dans notre pays repartait à l’extérieur à travers la réassurance, de l’ordre de 20 milliards par an. Notre logique est là encore simple : ce que nous pouvons raisonnablement conserver dans notre économie doit contribuer à financer notre économie.
Nous avons également créé Faso Transit et Logistique, parce qu’il n’y a pas de souveraineté économique durable sans maîtrise progressive de nos chaînes logistiques et de nos flux stratégiques.
Nous avons créé Yennenga Holding Burkina Faso afin de regrouper les participations publiques dans le secteur financier et de faire de nos institutions financières publiques de véritables instruments au service du développement.
Nous avons mis en place le Fonds souverain minier d’investissement Siniyan-Sigui. Le principe qui le fonde est essentiel : l’or que nous extrayons aujourd’hui doit aussi financer le Burkina Faso de demain.
Nos richesses minières sont épuisables. Nous devons donc être capables de transformer une richesse souterraine et temporaire en une richesse productive et durable.
La nationalisation de la Banque commerciale du Burkina, le renforcement des participations publiques dans plusieurs secteurs stratégiques et la création de nouveaux instruments financiers procèdent de cette même philosophie.
L’État burkinabè ne veut plus être seulement spectateur de son économie. Il veut en être un stratège.
Chers Camarades,
Cette transformation s’est également traduite par une véritable révolution numérique. Le Ministère de l’Économie et des Finances a mis en service une douzaine de plateformes et d’applications numériques : Faso Arzeka, e-Titre, e-Cadastre, Syc@d, eTimbre, eDocuments, e-CME, e-BDT, e-LANAYA, SYLEP, SECOP, e-Bulletin et j’en passe.
À ce rythme, bientôt, même nos plateformes auront besoin d’un annuaire pour se retrouver entre elles !
Mais derrière ces plateformes se trouve une transformation profonde. Ces outils permettent de réduire les déplacements, de raccourcir les délais, de limiter les contacts physiques inutiles, d’améliorer la traçabilité et de réduire les possibilités de fraude.
Pendant longtemps, dans certaines administrations, il fallait parfois plusieurs déplacements pour obtenir un document. Notre ambition est que demain ce ne soit plus le citoyen qui court derrière l’administration, mais l’information qui circule au service du citoyen.
C’est cela aussi, la modernisation de l’État.
Mais mobiliser davantage de ressources impose une responsabilité : mieux protéger chaque franc public.
Les équipes de l’Inspection générale des finances et des différentes inspections techniques ont contrôlé plus de 2 000 comptes de dépôts et examiné près de 2 000 marchés publics, en plus des investigations et contrôles menés auprès d’établissements publics, de projets et programmes ainsi que de sociétés d’État et assimilées.
Ces actions ont permis le remboursement de près de 400 millions de FCFA au Trésor public. Dans le même temps, plus de 8 000 opérations de vérification fiscale ont généré 61 milliards de FCFA de recouvrements effectifs. Les saisies réalisées par la Douane et la Coordination nationale de lutte contre la fraude représentent près de 140 milliards de FCFA sur la période.
Notre message est donc sans ambiguïté : l’argent public n’est l’argent de personne. Il est l’argent de tous. Et par conséquent, chaque franc dû à l’État doit revenir à l’État ; chaque franc collecté doit être protégé ; et chaque franc dépensé doit produire le maximum d’utilité pour les populations.
Camarades,
Tous ces résultats n’auraient pas été possibles sans les femmes et les hommes du Ministère de l’Économie et des Finances.
Dans les centres des impôts, les bureaux de douane, les postes comptables, au Trésor, au Budget, dans les services de planification, de statistiques, de contrôle, du foncier et dans l’administration centrale, des milliers d’agents travaillent quotidiennement au service de la Nation.
Certains sont visibles. Beaucoup le sont moins. Mais dans chaque franc mobilisé, dans chaque dépense exécutée, dans chaque marché contrôlé et dans chaque réforme mise en œuvre, il y a le travail d’un agent public.
À toutes ces femmes et à tous ces hommes, le Gouvernement, par ma voix, adresse ses félicitations et sa profonde reconnaissance.
Mais je veux aussi leur dire : le travail n’est pas terminé.
Parce que les performances d’hier ne sont jamais une garantie pour demain. Dans une administration moderne, le record d’aujourd’hui doit devenir le minimum de demain.
RELANCE 2026-2030 : CHANGER D’ÉCHELLE
Nous avons consolidé. Nous avons réformé. Nous avons créé des instruments. Il nous faut maintenant changer d’échelle.
C’est toute l’ambition du Plan RELANCE 2026-2030.
Plus de 36 000 milliards de FCFA seront mobilisés sur la période. Et près des deux tiers du financement devront provenir des ressources propres de l’État.
Ce chiffre dit à lui seul notre philosophie. Nous voulons construire un développement dont le moteur principal se trouve chez nous.
Plus de 12 000 milliards de FCFA d’investissements structurants seront consacrés notamment aux infrastructures, à l’énergie, à l’industrialisation, à l’agriculture, au numérique et au développement du capital humain.
Notre ambition est d’atteindre une croissance économique moyenne de 7,2 % par an, d’accroître nos exportations de plus de 10 % par an, de renforcer l’industrie manufacturière, d’accélérer la souveraineté alimentaire et énergétique et de réduire significativement la pauvreté.
Mais derrière les 36 000 milliards, il faut voir autre chose : des barrages, des routes, de l’électricité, des industries, des exploitations agricoles modernes, des écoles, des hôpitaux, des emplois, des entrepreneurs. Bref, il faut voir le Burkina Faso que nous voulons construire.
Le Plan RELANCE repose sur quatre piliers majeurs : la consolidation de la sécurité et de la cohésion sociale ; la refondation de l’État et de la gouvernance ; le développement du capital humain ; et la transformation durable de l’économie à travers des infrastructures modernes et des investissements productifs.
Chers Camarades,
L’État peut élaborer les meilleures politiques. Le ministère peut mobiliser les ressources. Les administrations peuvent conduire les réformes. Mais aucun gouvernement ne peut développer seul une Nation.
Le développement du Burkina Faso sera l’œuvre des Burkinabè. Il a besoin de nos producteurs, de nos entrepreneurs, de nos investisseurs, de nos travailleurs, de nos fonctionnaires, de notre jeunesse, de nos chercheurs, de notre diaspora. Il a besoin de chacun de nous.
Parce que la souveraineté économique ne se proclame pas. Elle se finance. Elle ne se décrète pas. Elle se produit. Elle ne s’importe pas. Elle se construit.
Et elle se construit avec notre travail, notre discipline, notre créativité, notre intégrité et notre patriotisme.
Camarades,
En quatre années, le Burkina Faso a démontré quelque chose d’essentiel : un pays qui décide de croire en ses propres forces peut déplacer les lignes. Nous avons fait de grandes réalisations en quatre ans, certes !
Mais gardons-nous de toute autosatisfaction. Nous n’avons pas encore atteint notre destination. Nous avons simplement démontré que nous sommes capables d’avancer.
Et maintenant que nous savons que nous pouvons avancer, nous devons accélérer. Notre ambition ne doit pas être seulement de mieux gérer la pauvreté. Notre ambition doit être de créer la prospérité.
Notre ambition ne doit pas être seulement de financer les dépenses courantes. Elle doit être de financer la transformation du pays. Notre ambition ne doit pas être de rester éternellement dépendants des ressources extérieures. Elle doit être de construire progressivement les moyens de notre autonomie.
Car, au bout du compte, la véritable souveraineté commence lorsque nous sommes capables de financer nous-mêmes une part croissante de nos propres ambitions.
Voilà le combat économique de notre génération.
Chaque impôt payé compte. Chaque franc public économisé compte. Chaque entreprise burkinabè qui grandit compte. Chaque produit que nous transformons localement compte. Chaque emploi créé compte. Chaque innovation compte. Chaque Burkinabè compte.
L’avenir de notre pays ne se décrète pas. Il se construit. Jour après jour. Effort après effort. Sacrifice après sacrifice.
Le temps n’est donc plus à l’attentisme. Le temps est à l’action. Le temps est à la production. Le temps est à l’investissement. Le temps est à l’innovation. Le temps est au patriotisme économique.
Sous le leadership du Camarade Président du Faso, le Capitaine Ibrahim TRAORÉ, poursuivons ensemble cette marche vers un Burkina Faso souverain, productif, prospère et respecté.
Et lorsque les générations futures regarderont cette période de notre histoire, faisons en sorte qu’elles puissent dire : « Ils avaient peu de certitudes, mais beaucoup de courage. Ils avaient de grands défis, mais une ambition encore plus grande. Et surtout, ils ont refusé d’attendre que d’autres construisent leur pays à leur place. »
Chers Camarades, l’histoire nous appelle. Répondons présents !
Vive le Burkina Faso !
La Patrie ou la mort, nous vaincrons.
Je vous remercie.