REGARD DU PRATICIEN : Propreté et sécurité de nos échangeurs : Pourquoi un simple désherbage sauve nos ponts
Chacun de nous a déjà remarqué ces herbes et ces buissons qui poussent le long des murs en pente de nos échangeurs à Ouagadougou.
Si cela ressemble à un simple détail de paysage ou à de la végétation naturelle, il s’agit en réalité d’un danger silencieux pour nos infrastructures.
Il faut saluer l’initiative remarquable déjà prise par l’État, qui a mobilisé les détenus (dans le cadre du travail d’intérêt général) pour nettoyer l’échangeur du Nord. C’est une excellente décision qui montre qu’avec de l’organisation et nos propres forces, nous pouvons entretenir notre pays sans dépenser des fortunes.
Pour que cet effort porte ses fruits sur le long terme, voici ce qu’il faut comprendre sur le plan pratique.
1. Ce qui se passe sous les herbes : 3 risques majeurs
Les blocs de béton empilés le long des murs (les alvéoles) sont là pour retenir la terre et laisser l’eau de pluie s’écouler librement sans abîmer le pont. Quand les mauvaises herbes y poussent, voilà ce qui arrive :
Les racines cassent le béton : En grandissant, les racines des arbustes deviennent de plus en plus grosses et puissantes. Elles poussent les blocs de béton, les décalent et finissent par déstabiliser tout le mur.
L’eau reste bloquée : La terre accumulée et les racines bouchent les trous d’évacuation. L’eau de pluie ne peut plus sortir, s’accumule derrière le mur et exerce une pression énorme qui risque de faire s’effondrer la structure.
Le danger des feux en saison sèche : Avec l’arrivée de l’harmattan, toutes ces herbes deviennent sèches comme du paille. Une simple cigarette jetée par un passant peut déclencher un incendie violent sous le pont, noircir le béton et fragiliser sa résistance.
2. La solution simple : Planifier et anticiper
Le travail commencé par l’État avec les détenus est la preuve que la solution est entre nos mains. Il suffit maintenant de transformer ce geste en une habitude régulière :
Nettoyer deux fois par an : Organiser deux grandes campagnes de désherbage par an (une juste à la fin des pluies et une au milieu de la saison sèche). On peut associer la main-d’œuvre pénitentiaire, les brigades de la mairie et les initiatives citoyennes comme Faso Mêbo ou FASO SANYA.
Empêcher la repousse : Après avoir enlevé les mauvaises herbes racine par racine, il faut appliquer un traitement adapté ou planter de petits gazons rampants à très faibles racines qui ne détruisent pas le béton.
Le Mot du Praticien
Construire un échangeur coûte des milliards à la Nation. L’entretenir au quotidien ne demande que de la discipline, un balai, des dabas et de la volonté. L’initiative de l’État à l’échangeur du Nord prouve que nous avons les moyens humains de protéger nos routes.
Gardons nos ouvrages propres et solides pour les générations futures.
Souveraineté.
Basile OUEDRAOGO
Praticien en Infrastructures & Aménagements
Triquetra Terrassement
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