Abdoul Diallo : Le journaliste-athlète à l’analyse pointue
Il est parti à la retraite depuis 18 ans, en 2008. Mais Abdoul Diallo n’a jamais quitté la tribune.
Parce que le sport, c’est son sang. Parce que le Burkina, c’est son micro.
Avant d’être la voix, il a été le « muscle ». Ancien international de volley-ball avec les Étalons du filet, Abdoul Diallo connaît le terrain. Il l’a senti, il l’a transpiré. C’est cette double casquette qui fait sa force : l’œil du technicien et le cœur du passionné.
Arrivé à la RTB dans les années 86-87, il est devenu plus qu’un journaliste. Il est devenu un repère.
Le maître des grandes heures
Qui n’a pas grandi avec le magazine des Sports qu’il présentait en duo avec feu Abel Nadié, puis avec feu Josep Dabiret avant d’évoluer en solo?
Voix posée, élégante, tranchante quand il fallait, décortiquant le Fasofoot, les Étalons, les CAN, et surtout ce bronze historique des Étalons cadets en 2001 à Trinité-et-Tobago .
Qui n’a pas retenu son souffle avec lui à la Maison du Peuple, lorsqu’il racontait round après round les combats de Dramane Nabaloum « Boum Boum » , de Kélétigui Ouattara, de Yoyo, du Python ou du Bombardier du Faso ?
Il ne commentait pas la boxe. Il la faisait vivre. Il expliquait le souffle, l’esquive, la tactique. les uppercuts, les K.O. Avec le respect de l’ancien sportif et la précision du grand reporter.
Sur le volley-ball, il faisait autorité. Sur le football, il éduquait. Sur la boxe, il magnifiait.
A cela s’ajoutent les compétitions de cyclisme et de judo quil couvrait avec le même professionnalisme.
Le Doyen à la classe inimitable
Toujours tiré à quatre épingles. Costume impeccable, cravate ajustée, prestance naturelle. Abdoul Diallo respectait son public et son métier jusque dans son apparence.
Et derrière cette élégance, une joie de vivre. Une taquinerie bienveillante. Un humour fin qui désarmait les plateaux.
Et surtout, un respect profond pour l’autre : que ce soit un ministre, un entraîneur sous pression, ou un jeune boxeur qui montait pour la première fois sur le ring.
C’est ça Abdoul Diallo, le grand Abdoul Diallo, du haut de sa taille de volleyeur (1,90m).
Sa rigueur technique, sa passion narrative, et son humanité faisaient honneur et forçaient le respect
Toujours présent, toujours témoin.
Même retraité depuis 2008( depuis 18 ans) , il est là. Fidèle au poste dans la tribune presse. Après 21 ans de service. Témoin du Fasofoot. Témoin des Étalons. Parce qu’un doyen ne tourne pas le dos à son histoire.
Le 22 février 2025, la Rue des Étoiles sur l’avenue Kwamé Nkrumah de Ouagadougou lui a rendu ce qu’il nous a donné pendant des décennies : une plaque. Une distinction bien méritée pour une icône qui a marqué des générations. Son nom trône donc à la rue des Étoiles !
Merci, Abdoul, pour les nuits de CAN 1998 à domicile.
Merci pour les analyses qui nous ont appris à comprendre le jeu.
Merci pour avoir fait briller le nom du Burkina à travers tes mots.
Abdoul Diallo est parti de l’antenne. Mais sa voix court encore dans nos stades.
Doyen, consultant, athlète, homme de cœur : le Burkina du sport vous doit beaucoup.
Bonne retraite, Doyen. La tribune de presse vous appartient.

