Nouna : deux morts après une série d’agressions au secteur 4, un homme maîtrisé par un dozo
Une soirée d’une rare violence a endeuillé le secteur 4 de Nouna, dans la soirée du dimanche 13 septembre 2026. Selon plusieurs témoignages recueillis sur place, un homme identifié comme Soré Sayouba, marchand de bétail, aurait tué son épouse ainsi qu’un de ses amis, avant d’incendier des engins et de semer la panique dans le quartier.


Âgé de plus de 40 ans, polygame et père de six enfants, le mis en cause aurait d’abord agressé sa troisième épouse, Absétou Soré, étudiante et future élève infirmière. Il l’aurait poursuivie jusqu’à son domicile avant de lui porter des coups mortels à l’aide d’une arme blanche.
Un ami attiré sur les lieux puis tué
Toujours selon les témoignages recueillis, Daouda Zallé aurait été attiré sur les lieux par le mis en cause. Il aurait ensuite été agressé et poignardé à plusieurs reprises. Son corps aurait par la suite été jeté dans le feu après l’incendie de plusieurs engins.
Un autre ami, prénommé Souley, aurait également été appelé par Soré Sayouba. À son arrivée, il aurait découvert ce dernier armé d’une machette et d’une daba.
« Il m’a dit qu’il avait tué sa femme. Il tenait une machette et une daba avant de se jeter sur moi. Je me suis sauvé dans un champ de maïs », a-t-il témoigné, encore sous le choc. « C’est une grande chance pour moi », a-t-il ajouté.
Un dozo intervient et maîtrise le mis en cause
Alors que la situation devenait de plus en plus préoccupante, un dozo présenté comme Kassoum Dama, originaire du village de Sanso, serait intervenu.
Il aurait réussi à maîtriser puis à ligoter le mis en cause, mettant ainsi fin à la série d’agressions.
Selon son témoignage, Soré Sayouba lui aurait même demandé de l’achever après avoir été maîtrisé.
« Lorsque j’ai pu le ligoter, il m’a dit de le terminer pour de bon », a-t-il rapporté.
Toujours selon ce témoignage, le mis en cause aurait tenu des propos incohérents et évoqué un projet visant à tuer quatre personnes avant de mettre fin à ses propres jours.
Une tentative de suicide après les faits
Après les agressions, Soré Sayouba aurait tenté de se suicider en se blessant avec sa machette et sa pioche. Il aurait notamment été touché à la gorge et à la tête.
Des proches rapportent qu’il aurait récemment répudié sa troisième épouse et incendié certains de ses effets personnels. Ils affirment toutefois n’avoir remarqué, avant le drame, aucun signe manifeste de trouble mental. Selon eux, l’homme continuait à fréquenter ses amis et à échanger normalement avec son entourage.
Un autre témoignage évoque un possible traumatisme ancien. Un jeune homme rencontré au cimetière municipal affirme que Soré Sayouba aurait, par le passé, échappé à une attaque terroriste lors du marché hebdomadaire de Bomborokuy, où il s’était rendu pour acheter du bétail.
Selon ce témoignage, cet événement aurait profondément marqué l’intéressé, qui aurait notamment eu des difficultés à retrouver son domicile à Nouna après l’attaque. Toutefois, ce récit n’a pas été confirmé par une source médicale ou officielle et ne permet pas, à lui seul, d’établir un quelconque lien entre cet événement et les actes commis dimanche.
Nouna sous le choc
Au lendemain du drame, lundi 14 septembre, l’émotion était vive à la morgue, au cimetière municipal et au sein des familles des victimes.
Les deux victimes ont été inhumées dans la matinée au cimetière municipal de Nouna.
Le mis en cause, quant à lui, a été interpellé puis remis aux forces de sécurité. Aux dernières nouvelles, il aurait reçu des soins intensifs au CMA de Nouna. Son pronostic vital ne serait pas engagé.
Ce drame soulève de nombreuses interrogations sur les circonstances ayant conduit à cette soudaine explosion de violence. Une enquête permettra d’établir avec précision le déroulement des faits, les responsabilités ainsi que les éventuels facteurs ayant pu contribuer à ce passage à l’acte.
Madi Sidparaadye Kébré
Burkinaweb.net / Yeta Infos

