Home » Libre opinion – Affaire déclaration de Newton Ahmed Barry sur RFI à propos du président Tiani du Niger

NIGER : De défenseur des libertés à auteur de la « rafale à 1h du matin » contre Tiani, qui est Ahmed Newton Barry ?

Le journaliste burkinabè Ahmed Newton Barry, aujourd’hui en exil en France, a déclaré dans une chronique diffusée sur RFI que, lorsque les urnes sont interdites au Niger, « le seul vote qui reste, c’est une rafale à 1h du matin ». Cette formule intervient dans une charge contre le régime de Abdourahamane Tiani et son rapprochement avec la Russie. Elle interpelle d’autant plus que Barry est lui-même un ancien président de la Commission Électorale Nationale Indépendante (CENI) burkinabè, cofondateur du journal d’investigation “L’Évènement” et défenseur revendiqué de la liberté d’expression et de la démocratie.

Son parcours permet de comprendre une partie de sa position actuelle. Barry s’est longtemps engagé sur les questions électorales, de gouvernance et de libertés publiques. Depuis son départ du Burkina Faso, où il affirme avoir été contraint à l’exil, il est devenu une voix particulièrement critique des régimes militaires du Sahel. Il analyse régulièrement sur RFI les évolutions du Burkina Faso, du Mali et du Niger, avec une grille de lecture centrée sur la fermeture de l’espace politique et les conséquences du rapprochement avec Moscou.

Dans sa chronique du 5 septembre, il décrit notamment l’intervention de l’Africa Corps russe au Niger comme une nouvelle dépendance sécuritaire et oppose cette évolution à l’ancienne coopération avec la France. Cela peut expliquer la virulence de son analyse, sans pour autant démontrer une quelconque coordination avec Paris. Son statut de journaliste en exil, son passé de défenseur des libertés et son ancrage médiatique actuel dans un média français constituent surtout des éléments de contexte à prendre en compte.

La question demeure toutefois : jusqu’où peut aller une critique du pouvoir sans banaliser la violence politique ? Défendre les urnes ne devrait jamais conduire à transformer la « rafale » en substitut du vote. Dans un Sahel déjà fracturé par les coups d’État et les rivalités d’influence, les mots peuvent devenir des armes. Et lorsqu’ils le deviennent, même une cause démocratique risque de perdre sa boussole.

 

 

Afrika First

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